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Oryon ► Retrouvailles singulières


Loïc de Lorray
LIVRÉ À MOI-MÊME. STOP.
COLIS PERDU. STOP.
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Inscrit le : 29/04/2017
Messages : 2113
Avatar : Tarjei Sandvik Moe.
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Date de naissance : 12/03/1998
Mes rps :
DISPONIBLE
Road tripMaxence
AimeeBraeden


Bloc notes :






EN CE MOMENT
» Vacances en Corse brutalement interrompues par un accident en mer, retour à Austin dès la sortie de Loïc de l'hôpital.
» Rechute de son cancer, il espère être quand même capable de suivre les cours de l'année prochaine.
» Il essaie tant bien que mal d'avancer et de ne pas se laisser abattre, avec l'aide de Kelly, ses amis, sa famille.




ET SINON
» Gosse de riche.
» A beaucoup voyagé jusqu'à ses 14 ans.
» Cancer de la jambe droite, amputation.
» Cinq ans en plein dans la maladie.
» Guérison, études d'économie.
» Rechute en août 2018.






Oryon ► Retrouvailles singulières, le Jeu 27 Sep - 3:21

Ca doit bien faire deux heures que j’ai ouvert les yeux sur un environnement immaculé où flotte l’habituelle odeur aseptisée des hôpitaux, et je n’ai pas encore récupéré toute ma lucidité. À travers la brume médicamenteuse, je peux apercevoir mon biceps, le creux de mon coude, mon avant-bras, et le cathéter planté directement dans le derme. Les minutent passent au ralenti. Les pensées ont du mal à s’organiser et former un tout cohérent. Et pourtant, petit à petit, le puzzle prend forme, et je parviens à tenir l’histoire par les deux bouts.
Je me souviens d’une soirée en famille, un chocolat chaud, des parents qui palabrent entre eux pour savoir si oui ou non les traités intercontinentaux devraient toujours avoir leur place au sein de l’Amérique, de nos jours. Je me souviens du téléphone qui sonne, ma mère qui se lève. Mon père qui me demande si ça va, si je ne voudrais pas donner mon avis en tant qu’honnête étudiant en commerce international, et moi qui acquiesce distraitement. La suite est plus confuse. Il me semble m’être endormi, pour mieux me réveiller dans la douleur et la précipitation. De la panique, des appels, des brancards, des cahots, beaucoup de cahots. Une piqûre dans le bras, des lumières aveuglantes, et puis… et puis, finalement, ce lit. Et le blanc des murs. L’odeur aseptisée, les tubes.

Mes parents m’ont parlé en détail du déroulement des événements à mon réveil, sauf que les médecins les ont bien vite prévenus que, groggy comme j’étais, ça n’avait pas grande utilité. Pas besoin d’être un génie cependant pour en deviner la cause ; le cancer qui gangrène davantage mon corps de jour en jour est significatif. L’explication plus précise donnée, cependant, a été engloutie sous le flou de la morphine.
Maintenant, je ne peux faire qu’attendre. Quoi, ça, je n’en suis pas certain. Kelly montrera sûrement sa tête d’un moment à l’autre mais, en attendant, je suis tout seul. Personnel comme famille m’ont laissé en tête à tête avec le fil de mes pensées, et rien ne vient perturber le silence sinon les bip bip réguliers des machines.

Au bout d’un moment, cela dit, le battant de la porte s’ouvre, et je lève automatiquement des yeux dessus. Il me faut plusieurs secondes pour reconnaître le visage, et poser un nom dessus, ainsi que sur la voix qui l’accompagne. Lorsque les souvenirs affluent, ils arrivent en amont de ma mémoire et noient un instant le présent. Des flashbacks de mon adolescence – discussions, blouses blanches, urgences, Lily. Lily. Le nom s’impose. Je fronce les sourcils. « Docteur Whitworth ? » La langue pâteuse, la voix rouillée. « Comment… Qu’est-ce que vous faites ici ? » Est-ce bien utile de te le rappeler, Loïc ?

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le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscursir.
b. vian; l'écume des jours.
POUMON NÉNUPHAR
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Re: Oryon ► Retrouvailles singulières, le Ven 28 Sep - 2:41

Retrouvailles singulières
Oryon & Loïc
Aucun médecin ne désire revoir l'un de ses patients ayant été en rémission dans le cadre d'une nouvelle apparition de la maladie. Moi en premier. Je me tenais désormais - normalement - loin des cas d'Oncologie, puisque depuis la mort de ma famille, cela me peine intérieurement de voir des gens atteints du cancer. Peu importe lequel, et à quel degré. Aujourd'hui, j'avais été appelé, car les urgences débordaient et qu'un cas d'épanchement pleural venait d'arriver en ambulance. Évidemment, j'ai accepté de me joindre à l'équipe pour m'occuper de ce cas. On ne m'en demandait jamais trop, puisque je n'étais là que sur appel seulement. Puisque le traitement pour ce genre de cas peut être long comme court, on m'a gentiment invité à venir. J'avais du temps devant moi, alors pourquoi pas? Lorsque je suis arrivé dans le vestiaire pour me changer en uniforme, je croise l'un de mes collègues. Nous nous saluons d'un mouvement de la tête. Un petit sourire aux lèvres. Il ne me demanda pas comment j'allais. Il n'était pas le seul à éviter cette question. Mes collègues, comme les anciens, savent à quel point je suis encore bouleversé par la mort de ma fille. Un an pour la mort de son propre enfant, c'est une blessure encore trop à vif.

Je termine de me changer en uniforme pour ensuite enfiler la blouse blanche typique des médecins. Cela nous distingue surtout des infirmières. Mon stéthoscope autour du cou, je quitte le vestiaire des hommes afin de me diriger vers le comptoir des urgences dans l'intention de prendre le dossier en question. Dès que mes yeux clairs se sont posés sur le nom du dossier, mon cœur se serra. Je le connaissais bien, ce gamin. Lily et lui s'étaient bien rapprochés comme amis lorsqu'elle était à l'hôpital, tout comme lui. Seulement, Loïc avait eu la chance de surmonter son cancer, tandis que ma fille est décédée du sien. Je ne suis pas le genre rancunier et ce serait totalement idiot de lui en vouloir alors qu'il n'avait rien à avoir dans cette histoire. La mort vient chercher la personne sur sa liste sans se soucier des autres. Je passe une main sur mon visage, visiblement troublé. Quelles en étaient les chances, après tout? Je prends une grande inspiration avant de me retourner et de me diriger dans la pièce spéciale où il est gardé. Je cogne trois coups assez forts pour qu'il puisse m'entendre et j'ouvre ensuite la porte en n'oubliant pas de la refermer derrière moi.

Je le laisse tourner son visage vers moi et reprendre graduellement ses esprits. Je dépose le dossier sur la petite table alors que je fais glisser mon stéthoscope de mon cou entre mes mains. Je m'approche du jeune homme, un petit sourire rassurant aux lèvres. "- J'aurai aimé te revoir dans d'autres circonstances, Loïc, mais la vie..." Dis-je juste assez fort pour qu'il puisse m'entendre. "- On m'a appelé pour un cas spécifique d'épanchement pleural. Les urgences étant plutôt débordées, mais ton cas nécessitant une intervention rapide sans nécessairement être extrêmement urgente, on m'a appelé afin que je puisse m'occuper de toi." Je m'approche du lit et je me penche un peu afin d'actionner le levier pour lever le dossier de son lit, tout doucement, pour lui faciliter la tâche d'être en position assise. "- Tu connais la procédure... Fais-moi quelques inspirations, mais ne te surmène pas." Je fis pénétrer les petits bouchons noirs dans mes oreilles tandis que l'instrument de métal se retrouve contre sa peau, dans son dos, à surveiller sa respiration. Je fis ensuite le devant, puisque le son n'était pas semblable devant, derrière. "- Je suis vraiment désolé que tu doives passer par tout ça à nouveau.." Oui, je suis un homme compatissant et cela me jouait souvent des tours avec certains de mes patients, dont Loïc, car il avait bien connu ma fille. "- Ce sera moi aujourd'hui qui fera le drainage principal. Tu sais, cependant, qu'une chirurgie sera de mise, et sûrement de la chimiothérapie..." Mon dieu dont je détestais ce mot ! Mais ce qu'il savait, Loïc, c'est que je suis et que je serais là pour lui dans toute cette démarche. Je n'allais pas l'abandonner.  


Spoiler:
 
electric bird.

Oryon ► Retrouvailles singulières

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