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Nothing left | Gaëlle


Alek Sagataïev
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Nothing left | Gaëlle, le Ven 7 Juil - 1:41

Nothing left
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Ça fait deux jours maintenant. Deux jours qu’Austin ploie sous les cendres d’un incendie dévastateur. Dans le sud de la ville, t’as l’impression qu’où que tes yeux se portent ils ne peuvent s’empêcher de tomber sur ces résidus noirâtres, et cette odeur infernale te fait tourner la tête. Deux petits jours ont passé, l’un au gymnase, l’autre à essayer de trouver des solutions. Plus de chez toi, plus d’immeuble, plus de porte portant le numéro métallique 10, plus de disputes chez les voisins du dessus ni les coups bizarres chez celui d’à côté. Plus d’endroit où dormir, plus d’vêtement, plus d’fric – ou si peu –, plus d’came, plus rien. Rien du tout.
Voilà ce à quoi t’es réduit.

T’as pas encore été visiter ton agent d’probation. Très certainement que si tu n’te pointes pas chez lui avec un plan pour la suite tu es mal. Tu n’sais pas vraiment ce qu’il te dira – son petit laïus du début de ta conditionnelle remonte à loin à présent – mais en tout cas, il y a fort à parier qu’ils ne te laisseront pas vaquer tout seul dans la ville sans logement. Et il est hors de question que tu retournes par la case prison. Voilà pourquoi cette après-midi tu as parcouru le centre en long et en large malgré les fortes chaleurs, trop inquiet pour rester sur place. Une possibilité t’est venue en tête mais tu l’as presque aussitôt mise de côté en espérant en trouver une meilleure entre temps. Cependant, les heures ont passé et tu n’as rien trouvé d’autre. Au bout d’un moment, il va falloir se résoudre à lui demander de l’aide. C’est la seule solution qui te vient en tête, autre que de retourner  à un motel dont tu ne pourras même pas payer une note de plus de deux semaines. Tu tapes rapidement un texto, envoies le tout, pries très fort. Trois heures d’avance, normalement elle trouvera l’temps de t’voir. Et puis, c’est pas comme si elle avait un agenda d’ministre non plus.

« bb nixes à 6h ? ca urge »



Le BB Nixes. Dans toute sa splendeur et sa décadence, brillant de mille feux dans les rues sinistrées. Là-bas, les gens n’ont que faire d’un quelconque brasier ravageur. Tu n’y es pas entré, pourtant. Tu guettes à la sortie la silhouette distincte d’une fille en espérant qu’elle aura vu ton message, et qu’elle s’ramènera ici ce soir. Sinon, tu feras bien d’trouver un endroit où dormir cette nuit aussi. Au bout de quelques temps, tu l’aperçois finalement. Elle t’a probablement vu, ainsi adossé à un pas de la porte. Tu n’as pas d’joint à la main, une gueule encore moins avenante que d’habitude et des vêtements plus très propres sur le dos. Elle aura sûrement compris qu’il y a quelque chose qui cloche. Ou non ?
Tu l’approches avant qu’elle n’entre dans l’bar. Si ses caisses sont aussi vides que certaines fois, ça sert à rien d’commander puisqu’aucun d’vous deux n’saurait payer… « Salut. Merci d’être venue. J’peux t’causer un moment ? » Tu jettes un coup d’œil autour de toi. Sous-entendu : à l’extérieur.

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Bloc notes : Je suis née à Paris le 5 janvier 1998. A mes cinq, avec ma famille on est parti s'installer en Provence. J'ai toujours eu des rapports conflictuels avec mon père que je considère comme le plus grand connard que ce monde ait porté. Je me fiche de mon abruti de frère et j'en veux à ma mère de fermer tout le temps sa gueule. Mon père voulait que je fasse mes études à Austin, j'ai réussi à négocier pour arts plastiques même s'il refusait au début. Je suis arrivée ici pour la rentrée de septembre. J'ai commencé à faire beaucoup de soirée et petit à petit je suis devenue dépendante à la drogue et à l'alcool. Parfois quand j'ai plus assez de thunes pour me procurer mon petit plaisir, je passe dans le lit de quelques mecs pour avoir ma dose.

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Dim 9 Juil - 19:34

Je suis tranquille en train de dessiner, étendue sur le carrelage froid du sol de ma chambre. Une bière bien fraîche posée à côté de moi, je profite de ne pas être sous le soleil de plomb qui inonde Austin. Ces derniers temps, la chaleur est insupportable et mon quotidien se résume à rester cloîtrer chez moi, à me droguer, fumer et dessiner, et à sortir tard le soir pour aller dans le bars alentours afin de me bourrer la gueule. Je peins avec concentration l'aile du petit colibri que je viens de dessiner quand mon téléphone vibre, me signalant que j'ai reçu un message. Je finis ce que je suis en train de faire avant de poser mon pinceau et d'attraper le téléphone. Je suis surprise en voyant l'expéditeur du message, Alek, mon dealer, répertorié dans mes contacts pour un simple D majuscule. Je suis étonnée, nous n'avons pas l'habitude de communiquer, nous sommes plutôt du genre à échanger trois mots voire quelques phrases quand il me vend ma dose et c'est tout. Avec une touche d'appréhension, j'ouvre le texto. La question que je lis ne me semble pas en être vraiment une. Je n'ai pas vraiment le choix, je vais devoir me rendre au BB Nixes dans trois heures. Ça ne me dérange pas vraiment, ça m'intrigue. D'habitude, c'est moi qui me tourne vers le dealer, pas l'inverse. « Ça urge » qu'il a dit, je ne sais qu'en penser. Je suppose que je n'ai qu'à attendre de voir. Un instant, je me rappelle de la dernière conversation que nous avons eu. « Tu peux compter sur moi » avais-je affirmé. Il est temps de montrer qu'en effet il peut. Si cela se trouve il a de quoi me faire bosser, j'aimerais bien, mais j'ai l'intuition que ce n'est pas du tout de quoi il est question. Avec lenteur, je repose mon téléphone. Le ton impérieux du message n'attend pas de réponse, il sait que je serai là.

Le temps défile lentement. Une clope par-ci, une bière par-là, une émission de télé-réalité à mourir d'ennui, un dessin griffonné à la va-vite sur le coin d'un cours, j'occupe mon après-midi comme je le peux, attendant l'heure de quitter mon appart pour rejoindre mon dealer. Sam n'est même pas là, je n'ai personne pour me distraire. Je téléphone à mon frère, qui m'agace au bout de cinq minutes, je finis par couper court.

Je quitte l'appart, cinq minutes avant le rendez-vous donné par Alek. Mon éternel sac à dos pendant lamentablement à mon épaule, je prends la direction du BB Nixes. Je ne suis qu'à quelques mètres du bar, sa musique résonne déjà dans mes oreilles quand je l'aperçois, prostré dans une position nonchalante. Je m'avance à petit pas, prenant le temps de le détailler, si d'habitude il n'a l'air ni sympa, ni drôle, c'est pire aujourd'hui. Je fronce les sourcils quand j'arrive à sa hauteur. Il parle enfin, me remercie d'être venue. Je chasse la remarque d'un geste de la main, c'est normal. Il demande s'il peut me parler, je hausse les épaules étonnée et un brin stressée.

-Bien-sûr, je finis par répondre en ajustant mon sac sur mon épaule. Que se passe-t-il ?

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Dim 9 Juil - 21:05

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Sa main balaie tes remerciements et ses épaules se soulèvent face à ta demande. Bien sûr qu’elle a vu ton message, bien sûr qu’elle n’a pas pris la peine d’y répondre, bien sûr qu’elle est venue. Attirée par l’improbabilité de cette requête. Combien de fois avez-vous réellement eu une discussion, si ce n’est cette nuit-là il y a quelques mois quand vous avez conclu cet accord ?  Un deal foireux sur les bords, où les termes du contrat n’étaient pas clairement définis, aux tenants et aboutissants brumeux. De la came à lui donner, même quand elle serait fauchée. Oui, mais en quelle quantité, de quelle qualité, à quelle fréquence ? Tout rembourser en octobre avec les intérêts. Quelle date précisément et à combien s’élèvent les intérêts ? Être là quand t’en as besoin, mais qu’est-ce que ça veut dire ? Ces choses-là n’ont pas été dites, tues par vos esprits rendus vaseux par la drogue d’un côté et le manque de l’autre. La camée qui se livrait au dealer, le dealer qui se liait à la camée. À présent, c’est l’heure de voir si tout ça a eu une réelle valeur. Elle te demande ce qui se passe et ta main vient s’écraser sur ta nuque, la gratte par gêne. Ton regard, il dévie, glisse sur le trottoir et le tournant pas loin. L’envie de t’y cacher est présente. Se cacher, couvrir ses arrières. Mais y’a rien d’répréhensible dans c’que t’as à lui demander, rien qui t’vaudrait des menottes au poignet. Juste une bonne baffe pour ta stupide imprudence.
T’hésites encore à lui parler, à lui avouer. C’pas facile, quand elle sait même pas l’quart de ta vie. Tu plonges tes mains dans les poches. « Tu t’souviens d’la dernière fois qu’on a causé ? Quand t’as dit qu’tu serais là au cas où ? » Pas la peine d’en rajouter, si elle est venue aujourd’hui c’est qu’elle s’en rappelle. Sinon, t’es à peu près sûr que ça réponse aurait été d’aller te faire baiser. Ton regard cesse de dévier, il s’arrime dans le sien. Tu soupires. Putain. « Bah là, j’aurais besoin d’un coup d’main. Mon appart a flambé dans les derniers incendies. » Là aussi elle comprendra, suffit d’avoir la télé, de sortir en ville pour voir les dégâts gros comme une maison (littéralement) ou d’avoir un minimum de vie sociale. Ou, comme toi, d’avoir la chance d’être soi-même touché par les horreurs. « Enfin, j’aurais besoin d’un endroit où squatter. Le temps d’trouver de quoi m'débrouiller. » Tu t’mords la lèvre inconsciemment, attendant sa réaction, quelle qu’elle soit.

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Lun 10 Juil - 11:09

J'attends patiemment qu'il prenne à nouveau la parole, qu'il me dise pourquoi il m'a fait venir. Parce que ce n'est clairement pas pour faire nos petites transactions habituelles, je ne vois pas l'ombre d'un sachet de came. C'est dommage, je lui en aurait bien repris, il ne me reste plus grand chose. Il fuit mon regard, je trouve cela étrange. Je ne le quitte pas des yeux une seule seconde. Je me cale également contre le mur à côté de lui. Le temps qu'il hésite, j'allume une cigarette, juste de quoi patienter, de quoi éloigner ma frustration. La gêne du dealer est palpable sans que je ne la comprenne, on sait pourtant tous les deux qu'il a l'avantage sur moi, l'acheteur est toujours tributaire du vendeur, même une fois que la transaction est terminée.

Il finit par prendre la parole et j'écoute avec attention. Sans grande surprise, il fait mention de l'accord bancal que nous avions passé la dernière fois. Je me contente d’acquiescer d'un simple signe de tête quand il me demande si je me souviens d'avoir affirmer qu'il pouvait compter sur moi. Il n'a pas besoin de réponse, il sait bien que je m'en rappelle, que je lui dois cela. Ses yeux trouvent enfin les miens et je soutiens son regard avec difficulté. Il n'y a pas à dire, il m'impressionne, il n'y a rien de rassurant dans ses iris. Je le laisse exposer son problème avant de grimacer en passant une main dans mes cheveux. En effet, ça c'est du problème et d'un coup je comprends mieux pourquoi il m'a fait venir.

-Désolée, je lance maladroitement, ne sachant pas quoi dire de plus.

Qu'est on sensé dire à quelqu'un qui vient de tout perdre ? Réconforter les gens c'est pas mon truc, je ne suis pas douée pour ça. J'hésite un instant, tentant de comprendre ce qu'il se passe dans sa tête. Je n'ai pas l'habitude que l'on fasse appel à moi à vrai dire. D'habitude, les gens ne font pas confiance aux camés pour les aider. Et ils ont raison, on peut compter sur moi comme sur une planche pourrie. Et pourtant, je me sens obligée de faire quelque chose. D'abord parce que je dois bien cela à Alek en contre partie de la came qu'il me file gratuitement jusqu'en octobre où je devrais tout rembourser. Et aussi parce que je ne suis pas cruelle au point de laisser quelqu'un à la rue.

-Ouais, je vais t'aider bien-sûr, je finis par lancer. Qu'est-ce que tu attends de moi au juste ? Que je t'aide à trouver un endroit ? Que je te fasse une place chez moi ? je demande afin d'être sûre de ce qu'il veut.

Mon cerveau de camée tourne à plein régime en tentant de trouver une solution à son problème. Mais à mon niveau je ne peux pas faire grand chose, je ne connais personne en mesure d'aider un dealer. Je finis par lui tendre mon paquet de clope et mon briquet afin de détendre un peu l'atmosphère si cela est possible.

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Lun 10 Juil - 23:58

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Gaëlle s’intercale entre le mur et toi, sort une clope. Bien sûr, les bonnes vieilles habitudes reprennent le dessus. En temps normal tu lui en aurais demandé une ou sorti les tiennes, cependant ton degré d’agitation t’empêche de t’préoccuper de ça maintenant. Tu fais l'aveu de ton logement brûlé en fin de compte, et elle lâche un petit désolé maladroit. Il est clair qu’elle ne sait pas où se mettre. Tu hausses les épaules, comme si ça n’avait pas d’importance. Ça n’a pas d’importance. Le réconfort, une des dernières choses que tu rechercheras chez qui que ce soit.
Ce que tu attends d’elle s’échappe enfin de ta bouche et t’attends fébrilement qu’elle te réponde. Ton pied, il bat la cadence, rapidement, trop peut-être. C’réflexe que t’as attrapé gamin vous trahit, toi et ta grande impatience. Mais au moins maintenant ton regard reste fixé au sien et tu peux quasiment voir les rouages qui s’enclenchent dans son esprit, les pensées qui se succèdent dans sa tête. Qu’est-ce qu’elle pense, la Française ?

Elle pense que oui, elle va t’aider bien sûr, c’est même elle qui te le dit. Une brève bouffée de soulagement te cueille et pour un peu tu céderais à la tentation de l’embrasser. Ses questions suivent les tiennes, cela dit, et tu réfléchis. La possibilité d’atterrir chez des gens à elle, que tu ne connais ni d’Eve ni d’Adam, est impensable. La majeure raison est accrochée à ta cheville ; qui sait comment ils réagiraient ? Parce que tu nourris peu d’espoir concernant ton bracelet électronique restant caché. Il y a de fortes chances qu’ils te foutent à la porte, ou qu’ils appellent la police. L’un dans l’autre ça ne t’irait pas. Ne reste plus que Gaëlle, mais comment elle, réagirait face à ta conditionnelle ? Elle ne sait rien de toi, rien d’ta vie. Tout ce que vous avez en commun est la drogue, un nom dans votre répertoire téléphonique et l’accord foireux. T’imagines déjà les questions en rafale qui suivraient sa découverte. À propos d’la taule, des raisons d’ton emprisonnement, de ta fuite, du léger et subsistant accent du nord, d’New-York, d’ta mère, des débuts de tes crimes… Tout un tas de truc que tu t’efforces de taire depuis dix ans.
Tu soupires encore, excédé par ton incapacité à prendre de décision. « C’est clair que j’préfère éviter d’me retrouver chez des inconnus. » Mais atterrir chez elle est une aussi mauvaise idée que tu l’as pensé tout à l’heure. « Mais ouais, si j’pouvais crécher chez toi ce s’rait… » L’idéal ? « … Pas mal. » Que tu détestes la situation.

La Française te tend son paquet de clopes et tu secoues la tête en refus. Pourtant, deux secondes plus tard, « En fait si. » s’échappe de ta bouche et ta main se saisit d’une cigarette. Celle-ci allumée, tu plantes le bâton cancérigène entre tes lèvres. Tu viens t’adosser au mur à côté d’elle, les jambes entre ton sac à dos échoué au sol. Bien maigre, le sac à dos.
Fumer te fait penser à ta came, que t’as perdue dans l’incendie. Une question te trotte dans la tête. Quand est-ce que Gaëlle s’en rendra compte ? Et, plus délicat, est-ce qu’elle opposera des réticences à ce moment-là ?

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Mar 11 Juil - 16:20

Encore une fois, j'attends en tirant régulièrement sur ma clope qu'Alek reprenne la parole. Je ne peux pas dire qu'il soit du genre bavard habituellement, mais aujourd'hui c'est pire. D'habitude, il me sort toujours une remarque plus ou moins plaisante ou une pique bien placée. Mais aujourd'hui, rien de tout cela et c'est encore moins agréable. Mais le sujet du jour est bien trop sérieux, bien trop gênant pour lui. Parce que contrairement à moi, les mec comme lui n'aiment pas compter sur les autres, demander de l'aide, ce n'est pas leur truc. Tiens en pensant à cela, un jour il faudra que je me demande d'où je connais son prénom, lui qui déteste que je l'emploie. Je vois bien qu'Alek préférerait n'importe quoi plutôt que de me demander de l'aide pour trouver un endroit où vivre quelques temps. Je vois qu'il réfléchit, je ne suis pas sûre qu'il sache lui même exactement ce qu'il attend de moi.

Je souffle presque de soulagement quand il reprend la parole. Encore un peu et j'aurais pu croire qu'il faisait une attaque ou un machin comme ça à réfléchir aussi longtemps. Je hoche la tête, j'ai bien compris ce qu'il veut dès qu'il ait dit ne pas vouloir finir chez des inconnus, il préfère venir chez moi. J'attends cependant qu'il le formule en hésitant. Je ne sais pas vraiment quoi dire en réalité, je vais accepter c'est sûr. Je me demande s'il en a conscience. Je passe finalement une main sur mon visage alors qu'il prend une de mes cigarettes qu'il a refusé dans un premier temps. C'est qu'il doit être sacrément perturbé pour oser refuser une clope.

-Faut que tu saches un truc, je finis par balancer.

J'avais moi-même oublié que Sam vient d'arriver. Après des mois à vivre sans coloc, je ne pense pas tout de suite au jeune homme. Pas sûre que l'idée d'une tierce personne présente à l'appart enchante mon dealer. Honnêtement, je ne connais même pas vraiment le rapport de Sam à la drogue. Bordel, c'est trop compliqué pour mon cerveau de camée cette histoire.

-J'ai un coloc qui vient de se ramener chez moi, je finis par exposer un peu anxieuse de la réaction que le dealer pourrait avoir. Je ne pense pas que cela le dérange, mais je pensais que tu devrais le savoir...

Ma main qui ne tient pas ma cigarette se crispe sur mon téléphone priant pour que le moment où je devrais envoyer un texto à Sam pour le prévenir de cette situation soit retardé le plus possible. Pas que cela me gêne plus que ça, mais je n'ai aucune idée de la façon dont mon coloc pourrait réagir.

-Mais enfin je... si tu veux rester chez moi, c'est d'accord. Tout le temps dont tu auras besoin, je finis par formuler clairement.

Mon regard se pose sur son sac et je réprime ma question. Je n'ose pas demander si ce sont les uniques affaires qu'il a réussit à sauver. J'ai la triste impression que oui.

-Je peux te poser une question? je finis par demander. Pourquoi moi ? Pourquoi c'est à moi que tu demandes de l'aide ? Je veux dire il y a bien notre espèce d'accord mais dans le fond, pourquoi tu me ferais confiance ? j'ajoute sans attendre.

Je ne le vois pas prendre cette partie de l'accord au sérieux, ou bien il est plus désespéré que je ne le pense. Et puis, on se connaît à peine, il doit bien y avoir des personnes dans cette ville de qui il est plus proche, à qui il peut demander de l'aide sans être gêné. Non ?

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Jeu 13 Juil - 2:35

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Elle te balance qu’il faut que tu saches un truc et, tout de suite, tu sens que ça va aller mal. Et quand c’est fait, tout ce que tu trouves à dire est « Oh, merde ». L’autre, là, il pouvait pas s’retenir deux mois de plus ? Sérieusement ? Tu lèves les yeux au ciel, te sentant tout d’un coup très stupide d’être parti sur l’idée de base que, bien sûr, elle vivait seule. Qu’elle n’avait pas de coloc, une vie sociale pratiquement nulle et des douves autour d’son appart histoire d’être sûre de ne pas être dérangée. Sur le coup, tu es sur le point de lui dire de laisser tomber et d’repartir. Sauf que la situation reste au final toujours la même. Si le type, quel qu’il soit, finit par vouloir te chasser eh bien tu partiras. « J’pourrai pas pu espérer mieux je suppose. Bah… Ok alors. » Tu soupires, et un long jet de fumée âcre s’extirpe de tes lèvres, envahit l’atmosphère, s’y dilate. À croire que le « Merci » qui te trotte dans la tête s’est dissipé avec.
Quelques secondes passent, avant que le silence relatif ne soit à nouveau percé. « Je peux te poser une question ? » Question rhétorique que voilà, évidemment, qui n’demande pas de réponse. Avec le coup d’œil que tu lui jettes, la méfiance se réveille en toi et tu crains un peu c’qu’elle va te demander. Sûrement un truc auquel t’auras pas envie d’répondre. On parie ? « Pourquoi moi ? Pourquoi c’est à moi que tu demandes de l’aide ? » Très bien spéculé dis donc, Alek. Nouvelle taffe, nouvelle bouffée de tabac. Tu n’prends pas beaucoup de temps pour réfléchir à c’qu’elle a dit. « Excellente question. » À laquelle, l’un comme l’autre, n’avez pas de réponse exacte. Ni bonne. « C’ta beauté irrésistible, très probablement. » Cet humour lourdaud a au moins l’mérite de t’arracher un infime sourire et de t’alléger les épaules – un peu. « Je veux dire, il y a bien notre espèce d’accord mais dans le fond, pourquoi tu me ferais confiance ? » Ca au moins c’est facile, et ta réponse fuse net. Ni coupante ni volontairement blessante, juste… Naturelle. « J’te fais pas confiance. » Ok, même venant de toi ça mérite des explications. Celles-là, tu mets un peu plus de temps à les lui fournir. T’y mets plus de sincérité, aussi. « Enfin… J’fais pas confiance à beaucoup de monde en temps général, de toute manière. Alors… J’sais pas. » Tu souffles exagérément. Les mots, aujourd’hui, ne viennent pas aisément. Allez, fais au moins un effort pour une fois. « Ca fait deux jours que j’essaie de trouver une solution qui n’me mettrait pas dans la merde. Ou pas encore plus, parce que là j’y suis déjà et bien profond. Alors, on peut dire que vu la situation c’était une des meilleures choses à faire. Parce qu’au moins, j’aurais pas eu à t’convaincre ou à t’expliquer… J’suppose. » Si elle comprend quelque chose à c’que t’as dit, félicitations.

Tu as le regard négligemment baissé sur tes chaussures, adossé au BB Nixes. La silhouette du bracelet, indistincte, se profile discrètement à travers le pantalon. Et pourtant, tu n’esquisses pas un geste pour l’replacer. Le dire, ne pas le dire ? « Dis, est-ce que tu penses qu’ton coloc ça l’dérangerait que je m’installe chez vous ? Au-delà de cette affaire de drogue. » Même si la question est formulée vis-à-vis du type, en réalité elle est tout aussi bien pour Gaëlle. Qui doit, au passage, très certainement se demander de quoi tu parles. Tu portes encore une fois la clope à ta bouche et expires lourdement. Autant lui montrer maintenant. Tu frottes légèrement ta jambe droite contre l’autre, de façon à soulever le tissus au-dessus de ta cheville. . Tes yeux s’détournent.
Au moins, le sursaut d’intelligence d’entamer le sujet te vient avant de t’installer chez eux plutôt que pendant.

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Lun 17 Juil - 16:45

Je raconte ce que j'avais oublié jusqu'à présent. Je me sens un peu idiote et ingrate de ne pas avoir pensé à Sam plus tôt. Je ne pense pas que mon dealer me jugera sur ce point, mais je préfère que mon coloc n'apprenne pas que son existence m'ait échappée aussi rapidement et facilement. J'attends une réaction, tout en me mordillant la lèvre, un peu anxieuse. Le juron qu'il lâche me fait grimacer, je n'arrive pas à savoir si c'est mauvais signe, très mauvais signe ou si ce n'est rien. Je n'ai jamais été douée pour deviner les pensées de mes interlocuteurs mais c'est pire, maintenant que mon cerveau grille un peu plus chaque jour. Je souffle de soulagement quand il finit par balancer qu'il se contentera de cette situation. Et c'est uniquement à ce moment là que je réalise qu'en fait il est vraiment dans la merde à un point que l'on peut difficilement imaginer. Je hoche la tête et je sens que nous nous dirigeons tout droit vers un autre marché foireux. Mais celui là ne doit pas l'être, c'est important, je le sais. Tout doit être clair, tout doit être dit avant que le jeune homme ne ramène ses fesses chez moi. C'est pourquoi ma question suivante franchit mes lèvres sans même que je ne prenne le temps d'y réfléchir.

J'attends une réponse tout en tirant une longue bouffée sur ma clope. À vrai dire, maintenant que j'ai accepté de partager mon appart, je ne suis pas sûre d'obtenir une réponse satisfaisante, mais j'attends quand même, parce que parfois j'ai l'espoir que les gens ne soient pas toujours égoïstes et mauvais. Je lève les yeux au ciel face à sa blague. Malgré tout mon exaspération s'accompagne d'un sourire. Je ne sais pas moi même s'il s'agit d'un sourire désabusé, amusé ou encourageant parce que je veux une vrai réponse, je sens juste mes lèvres s'étirer sans savoir de quoi j'ai l'air. Ça m'arrive parfois, car il y a longtemps que j'ai cessé de me demander de quoi j'ai l'air.

Je ferme les yeux quelques secondes face à sa réponse. C'est con mais je me mettrais presque à chialer. Quelle vision pathétique je ferais, adossée au lieu de perdition le plus total du coin de la ville, en train de verser une larme parce qu'un dealer vient clairement de dire qu'il ne me fait pas confiance. Après tout, à quoi je m'attendais ? Je savais qu'il ne me faisait pas confiance, mais l'entendre le dire sans réflexion, juste en réponse du tac au tac à ma question, me blesse plus que ça ne le devrait. Et pourtant, je devrais avoir l'habitude, personne ne vient jamais vers moi par confiance, il est toujours question d'obligation ou d'absence d'autre solution. J'aurais du m'y faire depuis tant de temps, et pourtant ce n'est pas le cas. Je hoche à nouveau la tête, espérant cacher mon trouble. Les gens sont ingrats Gaëlle, je me répète lentement, tu les accueilles et ils te balancent de but en blanc ce que tu as le moins envie d'entendre. J'écoute la suite de son explication et c'est bien ce que je pensais, on ne vient jamais vers moi par envie. Je lui demanderais bien ce que ça aurait fait si j'avais posé des questions, si je lui avait demandé de m'expliquer, mais je n'ose pas parce que je n'ai pas envie d'obtenir une nouvelle réponse blessante. Finalement, je ne dis rien jusqu'à ce qu'Alek reprenne la parole. Je ne sais pas quoi répondre à sa question, je ne suis pas dans la tête de mon coloc.

-Je... non. Enfin j'en sais rien. Depuis quand t'es du genre à te demander si t'emmerdes les autres ? je réponds tout en suivant ses mouvements du regard, intriguée.

Quand la jambe de son pantalon remonte assez haut sur sa cheville pour me laisser entrevoir un bracelet électronique, je laisse échapper malgré moi un hoquet de surprise. Je n'avais jamais vu de tel objet en réalité, mais je ne pas stupide au point de ne pas le reconnaître et d'ignorer son utilité. Dans un soupir, je prend mon visage entre mes mains avant de secouer la tête de gauche à droite. Je ne sais pas quoi penser. Est-ce que je doit avoir peur ? Dois-je être intimidée ? Suis-je supposée avoir une réaction plus qu'une autre ? À vrai dire qu'est-ce que ça change ? Alek avait son bracelet avant de me le montrer, peut-être même depuis que je le connais. Et à ce moment là, je n'avais pas peur. Pas plus que je ne doit pas avoir peur maintenant. Et pourtant cela change tout, parce que maintenant je sais que mon dealer est en liberté conditionnelle.

-T'es un malade... je finis par lancer en relevant la tête. Putain si tu te fais choper avec de la drogue alors que t'as ça à la cheville, tu sais que ça sera pire !

A défaut de savoir quoi dire, je m'inquiète. Jamais je n'aurais un jour pensé que je m’inquiéterais pour un dealer et pourtant me voilà, dans cette ruelle mal éclairée à regarder de tous les côtés.

-Baisse ça, je finis par dire en désignant son pantalon du menton. Je t'assure que je vais avoir besoin d'une bonne dose d'alcool. Je sais pas si tu peux parler de ça à Sam, je le connais pas assez, j'ajoute en me laissant glisser le long du mur, de façon à me retrouver assise par terre.

À peine ma clope est terminée que j'en allume une deuxième. Je prends à nouveau une longue bouffée, tentant d'assimiler l'information. Je suis pas sûre que mon coloc serait joyeux de me voir débarquer avec un mec qui sort de prison et qui continue les conneries à l'appart.

-Je peux demander pourquoi ? je finis par dire.

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Lun 17 Juil - 19:19

Nothing left
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À la façon dont ses paupières se ferment, tu sais que tu l’as blessée. Le soupir de lassitude s’échappe tout seul ; c’n’est pas vraiment la première fois que les mots s’retournent contre toi. C’est que l’anxiété, les problèmes, le manque de sommeil – ou le manque tout court – ne sont pas de bons alliés. Tu tentes une explication, peut-être une tentative contournée et extrêmement maladroite de lui dire « désolé », peut-être juste le besoin qu’elle ne te lâche pas, pas maintenant. Mais malgré c’que tu lui dis, elle ne lâche pas un mot et toute idée de t’excuser t’abandonne.
Encore pire encore, tu commences à lui avouer pour ta conditionnelle. Mais. Qu’est-ce. Que. Tu. Fous. Alek. Bordel. Arrête, arrête tout de suite !
Trop tard. La question est sortie et Gaëlle te répond après quelques secondes, l’air de se demander ce que tu es en train de faire – une connerie, très probablement. Ce qui est le cas lorsque tu lui montres finalement le bracelet. La seconde suivante ton pied retrouve sa place au sol et le tissu recouvre ta cheville ; inutile de montrer ça à un quelconque et hypothétique passant. Le moment où tu détournes les yeux coïncide plus ou moins à celui où la française se prend le visage entre les mains, secoue la tête, se pose très probablement des tas de questions. Elle accuse le coup. Tu piques à nouveau la clope dans ta bouche pour décompresser, mais ce n’est pas suffisant.  « T’es un malade… Putain si tu te fais choper avec de la drogue alors que t’as ça à la cheville, tu sais que ça sera pire ! » T’as un petit rire désabusé et horriblement amer, en même temps qu’une bouffée d’agacement te réchauffe les joues.  « Merci pour l’info honey. » Ta tête bascule contre le mur et tu fermes les yeux quelques instants.  « M’enfin c’est pas vraiment comme si mon job de vendeur payait toutes les factures. » C’ne devrait pas être à elle qu’on devrait expliquer que le besoin t’a fait replonger dans les conneries. Ces mêmes conneries que t’as payées au prix cher, parce que tu savais rien faire d’autre. Parce que malgré toutes les emmerdes qu’la drogue t’a apportées tu vis de ça depuis à peu près treize ans. Des habitudes, bien difficiles à perdre.  « Baisse ça. » Elle te désigne ta cheville, et tu remarques alors que contrairement à ce que tu pensais le bas ne la recouvre pas entièrement. Tu secoues la tête et te baisses cette fois-ci pour replacer le tout d’une main.  « Je t’assure que je vais avoir besoin d’une bonne dose d’alcool. Je sais pas si tu peux parler de ça à Sam, je le connais pas assez. » Une bonne dose d’alcool, bien sûr. Elle se glisse au sol juqu’à côtoyer ton sac, et ça te donne une idée.  « Attends. » Au prix où vous en êtes… Tu t’abaisses toi aussi et ouvres la tirette sèchement. À l’intérieur, une couverture du gymnase sauvée à l’arrache, un T-shirt, une bouteille d’eau vide, des barres protéinées… À peu près tout ce que tu as pu prendre des dons mis à votre disposition. Tu retrouves la parole à mesure de tes recherches.  « Ouais, j’comptais pas non plus le lui exhiber en toute fierté. Mais j’sais pas si ça va pouvoir rester hyper longtemps secret. Ah, voilà. » Tu ressors victorieux une bouteille de whiskey bon marché, raflée à un réfugié avant de quitter la salle. Le vol, une autre habitude qui ne te quitte pas. Sur laquelle tu comptes bien t’appuyer pour les semaines à venir aussi, tant pis pour les risques. Tu ouvres le goulot rapidement et t’enfiles une première rasade, avant de tendre l’objet du délit à la blonde. On n’donnerait pas cher de vous, ainsi à ras du sol, se passant de l’alcool comme deux vieux déchets. Mais une fois encore, vu le bar derrière ça n’a pas beaucoup d’importance. Vous vous fondez plutôt bien dans le décor en fait.  « Je peux te demander pourquoi ? » Et bam, la question à un million. En même temps, il n’y avait pas moyen d’y couper court non plus. Tu grimaces un peu ; ça fait bizarre de parler de ça en pleine rue avec cette fille.  « Pourquoi ? Parce que j’suis trop con. » Ca aurait dû paraître dans un de tes chefs d’accusation, d’ailleurs. Condamné à cinq ans de réclusion pour abus de connerie. Quelle classe.  « Parce que j’ai trop dealé. Jusqu’à en perdre ma vigilance, ma discrétion et ma liberté. » À force de courir après, tu t'es perdu en chemin. Maintenant, c’n’est plus qu’une espérance lointaine qui rime avec octobre.  « Ah, et aussi parce que t’as devant toi le squatteur le moins malin des États-Unis. » Il n’avait fallu de pas grand-chose pour te faire attraper, une défonce de trop, un type qui revenait trop tôt de ses vacances, et des réflexes amoindris. La venue de la police et les menottes à tes poignets ont fait le reste.  « Pis ils m’aimaient déjà pas de base, cela dit. Quand tu perds la trace d’un gamin à New-York et que tu le retrouves sept ans plus tard à San Antonio, tu t’dis que t’as peut-être loupé un épisode. Hors j’suppose qu’ils aiment pas trop ça les flics, se sentir ignorants. » Et voilà, en cinq phrases tu as réussi à lui dépeindre le gâchis de ta vie. Grosso modo. Des révélations improbables, même si tu n’sais pas trop si encore une fois il s’agit des circonstances, ou si c’est le fait de commencer qui ne t’a plus arrêté. D’une part ceux qui s’intéressent à ta vie la connaissent déjà via leurs foutus dossiers, de l’autre tu ne la racontes pas aux autres. Équation des plus simples. Évidemment, ça n’encourage pas des masses les relations humaines.  « Quand tu m’disais que ça pourrait m’attirer des ennuis, j’le sais très bien. Un peu trop. Mais d’toute manière ils pourront rien trouver tout a cramé avec le reste. » Putain, si j’avais su à l’époque ça ferait bien longtemps que j’n’aurais laissé que des ruines fumantes derrière moi. Tu hoches la tête, les yeux un peu dans l’vide, comme pour t’en convaincre.
Avant de te rappeler que cette came dont tu parles est la seule chose que Gaëlle aime chez toi. Tu es sur le point de revenir sur tes propos, puis finalement abandonnes l’idée. Trop fatigué pour ça.  « ‘Fin bref… Merci. » De pas avoir appelé la police. Et de toujours accepter de te prendre chez elle, avec un peu d’chance. T’as un p’tit sourire ironique.  « Promis j’sais me débrouiller pour pas attirer d’ennui aux autres. J’me réserve cet entier privilège. »
 
Tu termines ta cigarette et déjà, l’envie d’en reprendre une autre se fait ressentir – surtout depuis que t’as vu ta nouvelle proprio s’en enfiler deux d’un coup. Tu désignes la bouteille entre vous, l’air de lui dire de se faire plaisir. « T’as pas une autre clope s’te plait ? » Pour faire passer l’goût de toutes ces confidences. Pour t’brûler la gorge comme ça il n’y en aura plus aucune qui n’en sortira. Pour t’noyer dans la fumée. Pour juste laisser aller.

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Bloc notes : Je suis née à Paris le 5 janvier 1998. A mes cinq, avec ma famille on est parti s'installer en Provence. J'ai toujours eu des rapports conflictuels avec mon père que je considère comme le plus grand connard que ce monde ait porté. Je me fiche de mon abruti de frère et j'en veux à ma mère de fermer tout le temps sa gueule. Mon père voulait que je fasse mes études à Austin, j'ai réussi à négocier pour arts plastiques même s'il refusait au début. Je suis arrivée ici pour la rentrée de septembre. J'ai commencé à faire beaucoup de soirée et petit à petit je suis devenue dépendante à la drogue et à l'alcool. Parfois quand j'ai plus assez de thunes pour me procurer mon petit plaisir, je passe dans le lit de quelques mecs pour avoir ma dose.

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DERRIÈRE L'ECRAN
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Re: Nothing left | Gaëlle, le Lun 17 Juil - 22:08

Pour être totalement honnête, je n'arrive pas à digérer la révélation d'Alek. Et pourtant, je suis reconnaissante qu'il m'en parle maintenant. Je préfère apprendre ça là, devant le BB Nixes que chez moi dans quelques jours. Dire que mon père n'a jamais aimé mes fréquentations, il disait toujours que je devais trouver d'autres amis, des gens sans problème, des personnes de bonnes familles. S'il me voyait aujourd'hui, dans cette partie d'Austin en telle compagnie, il vouerait probablement un culte à mes amis du lycée, verrait en eux les meilleures personnes que je puisse fréquenter. Je laisse échapper un sourire sarcastique en imaginant sa tête s'il savait ce que je fais de ma vie à Austin. Le pauvre, sans doute ferait-il un arrêt cardiaque à me voir discuter ainsi avec un dealer en liberté conditionnelle d'un arrangement pour qu'il vienne venir vivre chez moi. Lui, il laisserait n'importe qui dans la rue. Chacun pour soit Gaëlle dirait-il, il faut travailler, mettre les bouchées doubles quand on est dans le besoin, ne pas compter sur les autres et se débrouiller par ses propres moyens. Mais je n'ai jamais écouté mon père et je ne l'écouterais jamais. Je ne suis pas comme lui, j'ai beau être une droguée pathétique et sans le sou, j'ai un cœur et de l'empathie. Alors bien-sûr, je vais aider Alek, je ne vais pas retirer ma proposition parce qu'il vient de m'avouer qu'il n'est pas totalement libre de tout mouvements. Et quelque part, de crainte, je passe à un brin d'admiration, il faut un certain courage je crois pour avouer ce genre de chose à une fille qu'on ne connaît à peine. Alors je dis à mi mots de faire attention, parce que j'ai beau être pathétique, je ne veux pas qu'il me voit comme un idiote qui s'inquiète pour lui. Il ne me lâcherait jamais avec ça, ne cesserait jamais de se moquer et d'être sarcastique à ce sujet. Sarcastique, tout comme l'est sa réponse, à laquelle je lève les yeux au ciel. Tout le monde n'a pas la même chance que moi. Tout le monde n'a pas un père affreusement naïf qui fait des virements chaque mois pour payer sans le savoir la drogue de son enfant.

Alors il me dit d'attendre et il vient s'asseoir à côté de moi. Je le regarde fouiller dans son sac à la recherche de quelque chose qui doit sans doute avoir son importance pour le moment. Quand il reprend la parole, je réprime encore une fois l'envie de lever les yeux au ciel, parfois son sarcasme m'agace vraiment, autant que j'aime ça.

-C'est pas comme si t'allais te balader sans pantalon non plus... je réplique sur le même ton. Démerde toi pour lui cacher ça, si ça se trouve il serait cool avec ça, mais je lui fait pas encore suffisamment confiance pour avoir envie de connaître sa réaction.

Alors qu'il a une exclamation victorieuse, mon regard se reporte sur ses mains qui tiennent fièrement une bouteille de whisky qu'il me tend après avoir bu. Je le remercie d'un regard avant de porter à mon tour la bouteille à mes lèvres et de prendre une grande gorgée que je me délecte de sentir descendre le long de mon œsophage. Et puis je demande pourquoi. Pourquoi il a ce bracelet ? Dans le fond j'espère que ce n'est pas quelque chose de trop grave. Je suis loin d'être toujours dans la légalité mais j'espère bien qu'il ne va pas me confier un meurtre ou je ne sais quoi. Quoiqu'il ne serait pas ici s'il avait commis un meurtre. Dans le fond, je sais que ce n'est ni vraiment l'endroit ni le moment de parler de cela mais j'ai envie et besoin de savoir. Le dealer doit le sentir aussi puisqu'il commence à me répondre. Je souris malgré moi lorsqu'il dit être trop con. J'écoute, patiemment, attentivement. Malheureusement, cela arrive à beaucoup de se faire choper en possession de drogue ou en train de dealer. Pas de chance, c'est arrivé à Alek. Et d'un coup, je comprends pourquoi il refuse qu'on emploie son prénom, cela prend tout son sens désormais, voilà une question à laquelle je trouve enfin une réponse. Visiblement ce n'est pas la seule fois où il s'est fait attraper, mais je ne demande pas plus d'explication sur sa vie à New York ou à San Antonio, pour l'instant du moins.

-Et qu'est ce que tu fous à Austin ? je demande calmement, espérant qu'il ne prenne pas cela pour un jugement ou quoi que ce soit, je suis juste curieuse de savoir comment il a fini ici.

Quand je réalise qu'il est en train de me dire que toute sa came a brûlée dans son l’incendie et qu'il n'a rien pu sauver, je me prends à nouveau la tête dans les mains. Je serre et desserre ma mâchoire plusieurs fois tentant de calmer ma frustration à l'idée de savoir qu'il n'a plus ma dose, que je vais devoir retrouver mes anciens dealers que je n'ai pas vu depuis des mois, et surtout que je vais devoir ressortir de l'argent pour de la drogue. Puis, je vais devoir acheter pour deux j'imagine... Si seulement il m'avait filé un travail il y a quelques mois, j'aurais gardé une partie de sa came et on aurait encore de quoi se défoncer. Mais je ne fais pas de réflexion à ce sujet, ce n'est pas la peine.

-Putain... ok, là on est vraiment dans la merde... je finis par soupirer. Il ne me reste plus grand chose, j'avoue.

Son merci m'arrache tout de même un sourire un sourire et ça me fait plaisir. Parce que pour une fois j'ai l'impression qu'on reconnaît ce que je fais, qu'on reconnaît le peu d'aide que je peux apporter à mon entourage.

-De rien, je réponds en posant une main sur son bras, réalisant que même si on a plus de came, j'ai au moins un toit que je peux partager avec lui qui n'a plus rien.

Et je rigole un peu, sans doute la pression de la soirée qui commence à me faire dérailler et mes nerfs qui ne tiennent plus face aux révélations et aux décisions de ces dernières minutes, quand il dit qu'il ne m'attirera pas d'ennui.

-Je suis plutôt du genre fille à emmerdes, tu le sais bien, je réponds avec un sourire en coin. Mais ouais si je pouvais éviter de me retrouver en taule ou de perdre mon appart, ça serait cool.

Je m'empare de la bouteille de whisky qui trône toujours fièrement entre nous quand il me la désigne, et à nouveau je bois longuement, le regard perdu en face de moi, mes pensées s'entrechoquant dans tous les sens. Je passe mon paquet de clope et mon briquet au jeune homme quand il me demande une nouvelle clope. À défaut de se défoncer, on va boire et fumer comme des perdus. Parce que c'est ce qu'on est, un pauvre type et une pauvre fille perdus et sans cesse baisés par cette vie trop compliquée qui nous dépasse tous les deux.

-Ça ne change rien tu sais, je finis par avouer décidant que je n'agirais pas différemment avec lui qu'avant.

Il se fiche sans doute de ce que je pense, mais j'avais envie de le dire, que ce soit clair. Je n'avais jamais cherché à le connaître, à savoir son histoire, mais maintenant je sais que cela m'intéresse. Je reprends la parole après avoir à nouveau tiré sur ma clope et bu une gorgée de whisky.

-Raconte moi, je finis par demander en posant l'arrière de ma tête contre le mur. Comment t'es tombé là dedans ?

Il y a moyen que je me fasse remballer, mais puisque cela m'a l'air d'être la soirée des confidences, je pose ma question. Je dois en avoir bien une centaine d'autres, mais c'est par celle-là que je commence parce que ce n'est pas la plus personnelle et que quand il s'agit de drogue, on peut raconter plus ou moins ce qu'on veut.

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Mar 18 Juil - 3:25

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Depuis combien de temps ? Depuis combien de temps n’as-tu plus lâché un mot sur ton passé à quelqu’un qui, par miracle, connaîtrait ton vrai prénom ? Ca doit faire une éternité probablement, remonter à une époque antérieure à celle où tu parcourais le pays avec ta bande de fugueurs. Tous sans famille, recherchés ou non, sans but, sans véritable identité, sans avenir non plus. Une bande d’rêveurs égarés, d’camés incapables, d’gamins à l’âme trop vieille. Déjà à c’temps-là tu n’étais déjà plus Aleksandr Sagataïev, juste le mec qui s’occupait de s’introduire dans une maison ou l’autre et d’y voler un maximum. Pas d’patronyme, à l’histoire inintéressante au possible. Ça n’vous dérangeait pas puisque tout le monde était logé à la même enseigne. Alors forcément, quand on te demande de raconter ta vie à présent, ça coince un peu. T’as envie d’mentir, et t’enfuir quand les masques tombent.
Sauf que tu peux plus.
« C’est pas comme si t’allais te balader sans pantalon non plus… » L’image, l’image très littérale, te saute au visage et ça t’fait sourire. « C’pas mon attention, non… Mais c’est assez difficile de cacher ça au quotidien. » En fait, t’en sais pas grand-chose puisque ta dernière colocation remonte à celle, forcée, de la taule. Cependant, tu sais d’expérience qu’il n’est pas aisé de le cacher en permanence. Un moment d’inattention, un pantalon qui remonte, n’importe quoi et c’est foutu. « Démerde-toi pour lui cacher ça, si ça se trouve il sera cool avec ça, mais je lui fais pas encore suffisamment confiance pour avoir envie de connaître sa réaction. » Ouais, avec un peu d’chance il n’prendra pas peur et ne t’amènera pas chez les flics comme un perfide Juda du vingt-et-unième. Tu trouves la bouteille dans ton sac et vous vous la passez mutuellement comme les deux gros alcooliques que vous risquez de devenir. Ses paroles cela dit, te remuent et tu fronces les sourcils. Elle avait dit, coloc qui vient de se ramener chez elle. C’est-à-dire ? Deux semaines, une, quelques jours ? « Le mec, là, il est là depuis combien de temps ? » Apprendre son existence t’a d’abord beaucoup stressé, et même si tu l’as occulté de tes priorités pendant quelques minutes il ne faudrait pas le sous-estimer. S’il te dénonce, s’il décide de se bouger le cul, ça suffira p’têtre pour que les fédéraux en fassent autant. Et ils n’auront pas d’mal à trouver toutes les bizarreries de ton quotidien depuis quatre mois. T’aimerais autant éviter, de préférence.

Elle te pose alors la question inévitable, celle qui te demande plus de vérité que tout ce dont tu as fait preuve durant les dix dernières années. Assez étonnante que soit la chose, tu y réponds sans détour pour une fois. Mets les choses à plat. Lui avoues l’erreur qui t’a mis en taule. Une soirée pour cinq ans ; un ratio assez improbable. La blonde ne pousse pas à propos de ton passé et tu lui en es reconnaissant. De toute manière, que dire ? Qu’il y avait une poignée d’autres fuyards avec toi, qu’ils ne valaient pas mieux, et que t’aurais mieux fait de n’pas les quitter ? Que la prison t’a changé, au point que tu ne reconnaisses plus le type dans le miroir ? C’n’est pas l’épisode le plus glorieux de ta vie, loin de là, et tu tuerais pour revenir cinq ans en arrière.
« Et qu’est-ce que tu fous à Austin ? » Tu grimaces en entendant ce nom. Austin l’estudiantine, Austin et sa chaleur, Austin et ses feux, Austin et son agitation, Austin et sa prison. Tu n’supportes pas c’t’endroit. Il remue trop de mauvais souvenirs et ne fait que te rappeler à quel point cette condamnation t’enchaîne à ce quotidien qui n’est pas le tien. Tu soupires. « J’peux pas quitter la ville. Pas d’ici la fin d’ma conditionnelle. C’était le bled  le plus proche de là où j’étais enfermé, alors ils m’y ont largué. » Autant lui dire que c’n’est pas de gaieté de cœur que tu y restes. Tu as une moue sceptique. « Sous une surveillance… plus ou moins assidue, comme tu peux l’constater. » Et de là, tu lui assures que tu connais les risques. Et que tout ton stock a brûlé avec tes meubles. « Putain… Ok, là on est vraiment dans la merde… Il ne me reste plus grand-chose. » Tu hoches la tête, en te rappelant la dernière fois que tu lui as passé d’la drogue. Ça remonte à quelques temps maintenant, et comme toujours il n’y en avait pas beaucoup. Mais tu hausses les épaules, dans une attitude désinvolte. « On trouvera. » La fatigue ne te motive absolument pas à trouver une réponse plus concrète. Dans le pire des cas vous n’aurez qu’à faire avec le manque, et serrer les dents. Ce n’sera pas la première fois que t’y feras face. L’esprit embrumé par la douleur, la peau mangée par des fourmis imaginaires, la soif intenable, les tendons qui tiraillent. Tout ça, tu connais.
Tu finis par lui lâcher le « merci » qui t’avait échappé tout à l’heure, en lui demandant de squatter chez elle. « De rien. » Elle de poser la main sur ton bras, et tu t’raidis en sentant le contact inattendu. Puis tu lui dis qu’tu ne lui attireras pas d’ennui et la française rigole – surprenant, ça fait longtemps que tu t’es habitué à n’pas recevoir de réaction à ton humour de merde. Probablement les nerfs qui lâchent, eux aussi. Et il n’est pas même huit heures. « Je suis plutôt du genre fille à emmerdes, tu le sais bien. » Tu la regardes et un sourire involontaire s’empare de tes lèvres. « Mais ouais, si je pouvais éviter de me retrouver en taule ou de perdre mon appart, ça serait cool. » Tu t’en doutes, de façon surprenante. « T’inquiète. » Du côté de la justice il y a juste plus de chances qu’ils viennent fourrer leur nez chez elle de temps en temps, ce qui n’est même pas sûr vu le peu d’intérêt qu’ils t’ont manifesté jusqu’ici. Quant à tes propres fournisseurs t’étais en règle avec eux, pas d’raison qu’ils viennent réclamer leur dû à grands cris. Au pire ils poussent une gueulante parce que tu n’viens plus et c’est tout.

Tu lui proposes le whiskey, lui demandes une clope, elle t’en propose une. Deux gens en perdition, qui n’ont pas dépassé l’quart de siècle, aux poumons aussi crevés qu’leurs ambitions. Y’a plus grand-chose à sauver d’toute manière. T’allumes le bout de la cigarette et aspires sa fumée pour taire ces voix philosophiques dans ta tête. Juste, oublier. N’plus penser à grand-chose pour l’instant. Tu fermes les yeux et c’est le silence entre vous, bercé par les vivats distordus du BB Nixes et les voitures de passage. On pourrait presque croire que tu dors s’il n’y avait pas cette clope au bout de tes doigts tressautant en rythme. « Ça ne change rien tu sais. » Tes paupières se rouvrent et tu te tournes vers elle, surpris par cette confession. Un peu sceptique il est vrai. Les gens n’t’apprécient pas de manière général, de surcroît te savoir en conditionnelle ne les rassure pas non plus. Tu t’y es fait. À leur mépris, leur colère, leur indifférence et leur supériorité tu sais comment réagir. À la compréhension de quelqu’un, moins. Bon, d’un autre côté si votre relation ne change pas du tout au tout elle n’sera pas forcément des meilleures – rappelons tout de même que tu es cette espèce de dealer taiseux-sarcastique-désagréable-et-menteur. Tu hausses les épaules, sans vraiment réagir. « Raconte-moi. » Et allez, c’est parti. « Comment t’es tombé là-dedans ? » « J’ai pas vu l’trou et j’suis tombé. À cause d’l’appesanteur. » Sauf que, si on prend ça métaphoriquement, tu l’as très bien vu arriver le trou. Une autre gorgée d’alcool, et tu reprends un peu plus pensivement. « Ou disons plutôt qu’si l’trou c’est la drogue, mettons que j’y ai sauté en toute connaissance de cause, les pieds joints. » Sans corde de rappel, sans rien pour t’rattacher à la réalité. À la sécurité. Y’en a qui se sont perdus dans un moment d’inattention et c’en était fini d’eux. Tu n’fais pas partie d’ceux-là malheureusement. « J’savais qu’ça m’apporterait beaucoup d’emmerdes. J’savais qu’j’pourrais mourir dans des affaires de gang ou d’une overdose. Qu’les flics seraient sur mon dos. Mais j’savais aussi qu’ça rapportait du pognon facile. J’en avais besoin, alors j’ai commencé. Fin d’l’histoire. » Ou plutôt, à peine son commencement. Tu t’retournes vers elle, la bouteille toujours en main. « Et toi ? » Il y a cette curiosité naissante quand tu l'observes, elle et sa dégaine de droguée. « Une fille dont l’père est assez riche pour lui offrir ses études à l’étranger et qui lui met de l’argent tous les mois sur l’compte en banque, ça n’doit pas lui donner l’image de quelqu’un défoncé six jours par semaine. » Tu comprendras si elle ne t’répond pas, et n’insisteras certainement pas. C’est juste que t’avais déjà remarqué ça, et ça t’intrigue.


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Bloc notes : Je suis née à Paris le 5 janvier 1998. A mes cinq, avec ma famille on est parti s'installer en Provence. J'ai toujours eu des rapports conflictuels avec mon père que je considère comme le plus grand connard que ce monde ait porté. Je me fiche de mon abruti de frère et j'en veux à ma mère de fermer tout le temps sa gueule. Mon père voulait que je fasse mes études à Austin, j'ai réussi à négocier pour arts plastiques même s'il refusait au début. Je suis arrivée ici pour la rentrée de septembre. J'ai commencé à faire beaucoup de soirée et petit à petit je suis devenue dépendante à la drogue et à l'alcool. Parfois quand j'ai plus assez de thunes pour me procurer mon petit plaisir, je passe dans le lit de quelques mecs pour avoir ma dose.

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Mar 18 Juil - 12:19

Cette soirée est assez compliquée pour l'instant. Depuis que je suis arrivée à Austin, j'essaye de rester en dehors des embrouilles ou des situations compliquées. On ne peut pas dire que ma situation soit des plus simples, mais il y a largement pire et j'ai réussi à me tenir loin des problèmes des autres. J'aurais tenu presque un an ainsi, c'est pas si mal finalement. Un an avant de rentrer dans des histoires incroyables, c'est mieux que tout ce que j'ai pu faire auparavant. C'est le temps qu'il me fallait pour m'habituer aux États-Unis et être totalement intégrée à Austin j'imagine. Cela signifie-t-il la fin de ma solitude et de mon indépendance ? Je n'espère pas. Je rends à Alek la monnaie de sa pièce pour sa came gratuite et je ne tiens pas à avoir le fait qu'il soit à la rue sur la conscience mais si je pouvais ne pas avoir d'ennuis supplémentaires ce serait parfait.

-On verra, je réponds finalement alors que l'on parle de cacher son bracelet à Sam.

Dans le fond, je sais qu'il a raison, que ce ne sera pas simple de le cacher mais j'ai envie de croire que c'est possible. Parce que je ne tiens pas à ce que mon appartement devienne un champ de mines si jamais mon coloc n'est pas si cool qu'il en a l'air. Pourtant, mon « on verra » n'a pas grand chose d'optimiste, mais c'est une situation imprévisible, on verra au jour le jour je suppose. Finalement, mon nouveau colocataire me demande depuis combien de temps Sam est arrivé. Je grimace, je sais déjà que ma réponse ne va pas lui plaire.

-Quelques jours... j'avoue prudemment.

Si simplement il avait pu se ramener deux semaines plus tard ou ce foutu incendie avoir lieu un peu plus tôt, cela aurait été plus facile. Alek aurait déjà été installé à l'appart quand Sam serait arrivé. Certes, le nouvel arrivant aurait trouvé un mec en plus dans la coloc devenue plus très légale mais il n'aurait rien eu à dire. J'espère que maintenant il n'osera pas poser un droit de veto ou je ne sais quoi... Je fais tourner mon téléphone dans ma main qui ne tient pas ma clope en me demandant quand est-ce que je devrais lui envoyer un message pour le prévenir qu'un « pote » vient passer quelques temps avec nous. Ouais, mieux vaut parler de pote, même si ce n'est pas vraiment le cas. Ça passe toujours mieux et ça évite d'expliquer tout un tas de choses. Je ne suis pas assez courageuse pour passer un coup de fil, je me contenterait d'annoncer cela comme si c'était la plus normale des choses.

-Mais enfin... je crois qu'il a déjà compris que je suis pas vraiment clean, ça n'a pas eu l'air de le gêner. Ça m'étonnerais qu'il n'ait aucune idée du genre de personne que je puisse fréquenter.

Je dis ça calmement, comme si ça réglait la situation, comme si cela allait éloigner nos craintes. Parce que j'ai envie de croire que c'est le cas. C'est plus facile de penser que tout ira bien. Je doute que cela ne convainque Alek, mais malgré mon côté pessimiste, je crois que je le suis moins que lui.

Alors, il raconte et j'en suis presque étonnée. Et je finis par demander comment il a atterrit à Austin. Parce qu'à sa place, si j'avais eu le choix, ce n'est certainement pas la ville que j'aurais choisi. Je hoche la tête quand je comprends que lui non plus n'a pas choisi cette ville qui semble en ce moment être la plus chaude du Texas voire même du pays. Quand il parle de sa surveillance plus ou moins assidue, j'en frissonne. J'imagine qu'il n'est pas si surveillé que cela s'il peut faire son trafic de drogue à sa guise, mais cela m'inquiète quand même.

-Est-ce que ça veut dire que je risque de voir quelqu'un débarquer de temps en temps pour te surveiller chez moi ? Parce que bon, il trouverait des trucs qui me foutraient dans la même merde que toi, je dis sans vouloir être blessante, c'est juste un fait, il le sait aussi bien que moi. Et alors, c'est quand ? La fin de ta conditionnelle ? je demande.

Je me dis déjà que dès que cette liberté conditionnelle arrivera à son terme, il va quitter cette ville, partir sans un regard. Et que moi je vais me retrouver seule avec le peu de came qu'il aura laissé derrière lui à devoir me trouver un nouveau dealer qui ne sera peut-être pas si respectueux de ma personne. Et j'espère vraiment que ce moment n'est pas prêt d'arriver, même si ce n'est pas sympa pour Alek.

Une sorte de profond désespoir me prend quand il avoue ne plus avoir de drogue à disposition pour moi, pas même pour lui à vrai dire. Je ferme les yeux un instant à son « on trouvera ». Exactement le même que mon « on verra » un peu plus tôt. Un futur hypothétique pour faire fuir le doute et l'appréhension un moment. Le « merci » et le « de rien » qu'on finit par se lancer me semblent surréalistes. Et d'un coup je nous trouve nous aussi complètement surréalistes. Deux camés assis par terre dans une rue minable en train de boire et fumer face à une situation qui nous dépasse, à laquelle on tente de trouver une solution, sachant pertinemment qu'il n'y en a pas, que le problème est bien plus profond. Ou alors c'est le monde qui est surréaliste et nous qui sommes ce qu'il y a de plus bas, de plus réaliste. J'abandonne là mes pensées philosophiques alors qu'il me dit de ne pas m'inquiéter. Un peu utopique comme pensée mais je souris faiblement parce que j'apprécie le fait que malgré ce bordel, mon dealer cherche plus ou moins à me rassurer et à m'éviter des problèmes supplémentaires. Je lève simplement mon regard bleu vers le brun, toujours mon demi sourire sur les lèvres, décidant de taire mon inquiétude pour le moment. Je retire ma main de son bras que j'ai posé par réflexe un peu plus tôt quand je reprends la bouteille. Je plonge dans son regard quand il me fixe après que j'ai décidé de lui dire que ça ne changerait rien. J'espère que la crainte qu'il m'inspire habituellement n'est pas ce que l'on peut le plus lire dans mes yeux, j'espère seulement qu'il peut voir que je suis sincère.

Et je finis par demander ce qu'il s'est passé pour qu'il commence à se droguer ou à dealer. Encore une fois je suis étonnée qu'il me réponde mais encore une fois j'écoute avec attention. Je laisse échapper un sourire en coin, j'aime la métaphore du trou. Je hoche la tête, mon regard de nouveau fixé sur ma main qui amène lentement ma cigarette à mes lèvres. J'expire, je souffle lentement, expulsant la fumée de mes poumons alors qu'il me dit être tombé dans la drogue de son plein gré par besoin d'argent. Et ça, je comprends. Je ne pose pas plus de questions. Je souris face à la sienne, c'est à mon tour de parler de moi visiblement.

-C'est pas intéressant ce que je vais raconter, ça n'a rien à voir avec ton histoire. Tu vas encore plus me prendre pour une idiote et une pourrie gâtée après ça, je commence en lui prenant la bouteille des mains pour prendre une nouvelle rasade de whisky. Mais c'est la soirée des confidences, n'est-ce pas ?

Lentement, j'écrase la bout incandescent de ma clope entièrement consommée sur le goudron dur et chaud devant moi. Puis je me tourne gauchement pour me retrouver un tailleur, de profil au mur.

-L'histoire commence avec mon père, je débute en soupirant. Il est... tout l'inverse de moi. Tu vois, c'est genre de mec, droit, distant, qui veut se faire bien voir, qui ne pense qu'à gagner de l'argent. Étrangement, on ne s'est jamais entendu lui et moi, je continue sarcastique. Aussi loin que je m'en souvienne j'ai toujours tout fait pour le mettre en colère. Puis quand j'ai eu plus ou moins treize ans, j'ai compris ce qui marchait le mieux, quand je suis rentrée un dimanche matin puant la bière et le tabac froid. Je l'avais jamais vu autant énervé de ma vie.

Ça doit sembler débile ce que je raconte. Personne n'a rien à foutre de ma vie d'ado. Mais j'ai prévenu que l'histoire n'avait rien d'intéressant.

-Quand je suis rentrée au lycée, je me suis débrouillée pour être pote avec toutes les personnes qui faisaient des fêtes tous les week-ends dans le seul but de se bourrer la gueule et de fumer des joints. Et forcément, j'ai pris l'habitude moi aussi. Je ramenais des mecs différents à la maison chaque semaine. En fait, je crois que mon père a été heureux de pouvoir me payer des études à l'étranger, au moins il n'a pas à me voir. Et il n'a aucune idée du fait que je sois tombée encore plus bas.

Je m'arrête un moment, je prends à nouveau la bouteille, je bois et je continue mon récit, parce qu'il commence vraiment maintenant. Tout le reste ce n'était que le décors.

-Et je suis arrivée ici, une pauvre française perdue dans cette grand ville bien qu'ayant passé plusieurs années de ma vie à Paris. J'ai rencontré quelques personnes, dont mon pote Ian. Il m'emmenait en soirée, il fournissait de quoi rouler nos pétards, c'était cool. Je savais que ça aurait emmerdé mon père alors j'aimais ça, et j'ai continué, j'explique en souriant tout en repensant à mes premiers instants à Austin. Je suis allée à de nouvelles soirées, où on m'a fait testé des nouvelles choses. On m'a présentée à quelques dealers et voilà, je suis devenue la Gaëlle que tu connais aussi simplement que ça, je dis en ouvrant les bras. Je comptais pas finir comme ça il y a quelques mois, mais maintenant, j'aime ça, je suis pas prête de décrocher, même si ça tue, je finis par avouer.

Je me cale à nouveau contre le mur, tripotant ma chaussure et fixant mon compagnon d'infortune. Pour la première fois, je réalise que le brun a un certain charme, pour la première fois, je réalise qu'il est beau et qu'il ferrait un parfait modèle pour mes dessins. Je soupire.

-C'est pathétique, n'est-ce pas ?

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Mer 19 Juil - 16:34

Nothing left
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« On verra. » Tu hoches la tête ; ça te paraît être un bon compromis. Ce soir, alors qu’vous n’avez ni l’un ni l’autre de très bonnes capacités de réflexion, ça paraît être le plan idéal. On verra. On verra où ça nous mène ; à la victoire, case départ ou passage en prison. On verra. Une belle phrase.
Quelques minutes et une bouteille plus tard, tu lui demandes depuis combien de temps dure la relation avec son coloc. C’n’est pas que tu crains qu’il soit du côté des "gentils", si on peut encore appeler les flics comme ça, mais c’est tout comme. Un putain d’indic, c’est tout c’qui te faudrait en ce moment. « Quelques jours… » elle avoue prudemment. La réponse te laisse un mauvais goût dans la bouche et pourtant, tu restes de marbre. À essayer de savoir ce que ça veut dire dans ta tête. Si ça ne fait réellement que si peu de temps qu’il est là, est-ce que ça veut dire que tu ferais mieux de te casser et de trouver un autre endroit ? Tu peux pas vraiment prendre le risque de te faire coincer pour si peu. Tu finis par soupirer et rafler l’alcool, dont tu prends une grande rasade. Ça n’change rien au final. Que Gaëlle ne le connaisse que depuis hier ou depuis cinq ans, toi tu n’pourras jamais t’permettre de lui faire confiance. La française a raison, faudra juste faire gaffe. Et retenir ta langue un peu plus que ce soir idéalement. « C’est bien, en l’espace de moins d’une semaine t’auras eu deux colocs pour le prix d’un ! » Tu fermes les yeux un bref instant et souris. La coïncidence est pas mal, il faut l’avouer. « Mais enfin… Je crois qu’il a déjà compris que je suis pas vraiment clean, ça n’a pas eu l’air de le gêner. » Tu ris au pas vraiment, qui est de loin un euphémisme. Dire que sa pureté s’est fait réduire en cendre sous l’feu de la coke et d’la vodka te semble à peine approcher la vérité. « Ca m’étonnerait qu’il n’ait aucune idée du genre de personne que je puisse fréquenter. » Là aussi t’as envie de partir dans un rire, plus amer cela dit. C’est vrai que tu n’es pas ce qu’on pourrait qualifier de personne recommandable. Né d’une traînée, à neuf ans voleur, à douze dealer, à quatorze en fuite et à vingt-et-un en taule… Avec tout ça à ton actif, pas étonnant qu’on te considère ainsi. Ça n’te dérange pas d’habitude. Ça n’te dérange pas. Seulement, ça donne souvent envie d’se flinguer. « Ouais… Avec un peu d’chance on pourra l’corrompre aussi qui sait. » Faudrait-il encore que vous ayez de quoi le faire plonger, ce qui n’est pas vraiment le cas. Et tu soupires, toute forme d’énergie t’abandonnant au gré que les minutes passent.

La discussion dévie sur des sujets plus délicats, et t’y réponds aussi brièvement que possible. Jusqu’à ce que t’évoques la possibilité d’une visite de courtoisie des forces de l’ordre, et ça la fait réagir. « Est-ce que ça veut dire que je risque de voir quelqu’un débarquer de temps en temps pour te surveiller chez moi ? » Tu fronces les sourcils et actives tes méninges pour y réfléchir. Normalement oui, seulement ils ont dû passer chez toi quatre fois depuis ton arrivée dans la ville. « Parce que bon, ils trouveraient des truc qui me foutraient dans la même merde que toi. » Évidemment. Quand on demande de l’aide à des gens presque aussi peu fréquentables que toi, il ne faut pas s’étonner qu’ils aient des affaires presque aussi peu honnêtes que les tiennes. « Théoriquement ils devraient passer régulièrement, mais j’ai pas beaucoup vu leur gueule ces derniers mois pour tout dire. Et puis j’sais pas trop comment ça va s’passer maintenant qu’il y a eu l’incendie, vu qu’c’est pas mon appart. J’sais pas s’ils auraient le droit de venir fouiller, ou alors juste dans mes affaires à moi. Et puis justement, vu que ces derniers temps ils ont probablement autre chose à faire que d’me surveiller avec les feux, avec un peu de chance ils ne passeront pas avant longtemps. » Beaucoup de chance et trop peu d’assurance, c’est tout ce que tu peux lui offrir. Tu n’as pas encore été voir ton agent de probation, il faudra probablement lui demander. « Et alors, c’est quand ? La fin de ta conditionnelle ? » Tu la regardes en coin, un p’tit sourire aux lèvres. Y’a votre dernière discussion qui te trotte dans la tête. « Tout c’que j’peux t’proposer, c’est de te donner c’dont tu as besoin jusqu’à octobre… », ou quelque chose dans le genre. Tu te demandes si elle s’en souvient aussi clairement, probablement que oui. « Hm… Octobre… » La blonde doit s’en douter. Octobre arrive, tu pars. Au revoir tout le monde.

Même à tes oreilles, le t’inquiète sonne cruellement faux. Cette solution d’facilité, dans laquelle vous vous enfoncez de plus en plus, n’est pas celle qui te tirera d’affaire. Pas celle qui te permettra de retrouver ton autonomie et des libertés.
L’appel de l’oubli liquide et de la mort en tube reprend ses droits, et le whiskey passe d’une main à l’autre, le paquet d’clope se partage. Sans vous soucier du prix à payer au bout du chemin, que vous défoncez au marteau piqueur à ainsi se comporter. À c’point-là de toute façon, t’en as plus rien à faire. Y’aura pas grand monde pour s’plaindre de ton départ, pas même toi.

Changement de sujet.  Your turn to confess. La française sourit et se prête volontiers au jeu. « C’est pas intéressant ce que je vais raconter, ça n’a rien à voir avec ton histoire. Tu vas encore plus me prendre pour une idiote et une pourrie gâtée après ça. » Tu ris. « Ca c’est sûr, mais j’adorerais entendre la chute de Princesse ici prés… Eh ! » Tu n’finis pas, quand elle te prend la bouteille des mains alors que tu comptais justement t’assommer d’une nouvelle lampée. Un vague « Connasse. » passe entre tes lèvres pour la forme. « Mais c’est la soirée des confidences, n’est-ce pas ? » Tu hoches la tête et insères la clope entre tes dents. « Paraît, ouais. Et dire qu’il aura fallu que j’sois SDF pour qu’on se dévoile enfin tous nos secrets, j’en ai la larme à l’œil. » Ironie quand tu nous tiens. « T’y habitudes quand même pas trop, j’serai pas toujours aussi faible qu’ce soir. » Faible. Faible…
Elle se retourne vers toi, comme si elle s’installait confortablement pour une longue histoire.
Et elle te la raconte, cette longue histoire.
L’histoire d’une fille normale, qui n’s’entend pas avec son père. Qui a tout fait pour l’énerver, qui n’pouvait pas supporter sa soif d’argent, qui a commencé à merder autour de ses treize ans. Tu regardes le niveau d’alcool de la bouteille oscillant à mesure qu’elle parle, et c’est à peu près aux mots rentrée au lycée que c’est à toi de lui reprendre le whiskey des mains et de t’y noyer, puisque vraisemblablement elle n’en a pas l’utilité maintenant. Sans pour autant cesser de l’écouter malgré ton attitude désintéressée. Les choses qu’elle t’avoue, elles ont plus d’impact que tu ne l’aurais pensé. Avec tous ses ennuis et ses différents, c’est là une adolescence normale. Loin d’être pure et chaste à bonne entendeur, que tu aurais cependant apprécié avoir.  « Et il n’a aucune idée du fait que je sois tombée encore plus bas. » Sa dernière phrase résonne à tes oreilles. « Plus bas que terre… » tu murmures en lui passant la bouteille, plus franchement très remplie. À l’observer, on dirait qu’elle boit pour se donner du courage. Comme si la partie sérieuse commençait ici, c’qui est probablement le cas à vrai dire. T’entends presque le sourire dans sa voix à mesure qu’elle explique comment elle s’est éloignée de c’qu’elle était avant. L’avant pétards, l’avant défonce, l’avant alcool jusqu’à ne plus pouvoir. C’n’est pas le rêve américain qu’elle a vécu, plutôt l’autre côté de la pièce. Les fléaux dont on connait l’existence sans trop s’en soucier, parce que ça nous atteint pas, parce qu’on s’disait qu’on finirait pas comme ça. On n’l’aurait jamais pensé, en grandissant, qu’on deviendrait comme ça. On commence un truc, on s’dit qu’il sera facile d’arrêter, que c’est juste le coup d’un soir. Un soir qui s’transforme en semaines, mois, années. Et puis on continue. Jusqu’à croiser un miroir et n’pas se reconnaître. Voir un inconnu aux yeux défoncés, aux dents plus très fraîches et à la peau d’mort. Et se rendre compte qu’il est trop tard, désormais…
« On m’a présentée à quelques dealers et voilà, je suis devenue la Gaëlle que tu connais aussi simplement que ça. » Et elle d’ouvrir les bras, comme pour se présenter. Ton œil se fixe sur elle. « Je comptais pas finir comme ça il y a quelques mois, mais maintenant, j’aime ça, je suis pas prête de décrocher, même si ça tue. » Pour la première fois, t’as une bouffée de colère qui t’anime quand tu penses à c’qu’elle est devenue, et tu marmonnes « T’es vraiment trop conne… » dans ta barbe. C’est peut-être cliché ce que tu penses, et pourtant pour la première fois tu t’rends vraiment compte du gâchis qu’a été son existence ici. Une fille, sûrement avec des talents puisqu’elle a été prise dans cette université un peu élitiste. Avec un paternel friqué, donc avec des ressources. Qui aurait p’têtre galéré à s’en sortir, peut-être, mais ça n’a pas d’importance. Elle ne mourrait pas d’une overdose dans trois mois, un an, cinq ans, ou d’un cancer des poumons dans quinze ans. Sans réellement savoir pourquoi, ça t’met en rage d’savoir qu’elle sait envoyée en l’air pour montrer son indépendance et se dissocier d’son père. Qui ne le sait même pas en plus. « C’est pathétique, n’est-ce pas ? » Regard en coin. Bouffée de fumée. Expiration. « Qu’tu sois réduite à mon niveau, plutôt ouais. » Tu ne l’aurais souhaité à personne – ou presque. « J’comprends ton amour aveugle pour la merde que j’te vends et les soirées, c’pas moi qui vais t’faire la morale sur le mode de vie sain qu’on devrait tous avoir. Mais y’a un truc qui m’échappe. » Tu fronces les sourcils. « Pourquoi ? Pourquoi t’as voulu faire des trucs juste pour emmerder ton père, s’il ne le sait pas au final ? »

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Re: Nothing left | Gaëlle, le Mer 19 Juil - 22:55

C'est étrange parce que depuis que je suis arrivée aux États-Unis, j'ai rencontré beaucoup de monde, pas mal de drogués, d'alcooliques et des personnes sans problème aussi. Pourtant, je ne me suis jamais posée cinq minutes avec quelqu'un pour qu'on se raconte nos vies. Je n'aurais jamais cru il y a quelques mois que la personne avec qui je serais assise par terre en train de l'écouter me raconter sa vie serait mon dealer. Alek, ce gars froid, distant et sarcastique qui m'a foutue la trouille la première fois que je l'ai vu et qui continue de m'impressionner par moment. D'ailleurs, je me retrouve presque à rentrer ma tête dans mes épaules comme une gamine apeurée quand j'ose avouer que je ne connais mon coloc que depuis quelques jours. Je m'attends à une colère démesurée, ou au moins quelques insultes, mais rien ne vient. Il n'a aucune réaction. Finalement, il soupire, bois une gorgée de whisky et reprend la parole. Je ne m'attendais pas à un trait d'humour de sa part, mais je suis soulagée qu'il prenne la chose ainsi. Pour le prix d'un, c'est clair ouais, parce qu'en attendant, il n'y en a qu'un qui va payer le loyer avec moi, enfin plutôt avec mon père. Mais je vais pas chipoter, je m'en fous complet.

-Je suis pas sûre que mon propriétaire apprécierait s'il apprenait qu'on laisse quelqu'un en plus squatter chez lui, mais ouais c'est plutôt cool. Ça me changera des mois que j'ai passée seule dans cet appart.

C'est sûr que ça ne va pas être pareil. Et je ne suis pas persuadée que l'ambiance sera meilleure. Du peu que je le connais, faut le supporter Alek et si on se retrouve tous les deux en pleine crise de manque, ça risque d'être tendu. Mais enfin, on verra. Il rigole et je lui balance mon coude dans les côtes alors que j'avoue ne pas avoir réussi à cacher à Sam que je me droguais. À mon tour de rire quand il soumet l'idée que l'on puisse corrompre ce brave garçon. Je ne suis pas certaine que tout le monde apprécierait ce trait d'humour noir, mais j'imagine qu'entre camés on se comprend et on rigole des mêmes choses plus ou moins drôles.

La conditionnelle d'Alek, ça, ça m'inquiète. Autant pour lui que pour moi et l'idée que des flics se ramènent chez moi pour vérifier que l'autre ne s'est pas enfui ou je ne sais pas quoi, ça ne m'enchante pas du tout, mais alors pas du tout. J'attends calmement qu'il réfléchisse, je ne cherche plus vraiment à savoir ce que se passe dans cette tête brune. Je ne suis pas le genre de fille qui croit qu'on peut prévoir l'imprévisible, alors je patiente simplement, le temps que le dealer trouve une réponse correcte à me donner. Finalement, est-ce que sa réponse me soulage ? Je ne saurais le dire. Elle n'est pas catastrophique, c'est certain. Mais je sais bien qu'il ne peut rien me promettre. Je ne suis pas idiote en plein, je sais qu'il va devoir signaler qu'il a changé d'adresse et par conséquent donner la mienne à je ne sais exactement qui.

-Avec un peu de chance ouais... je reprends nerveusement. De toute façon d'ici trois ou quatre jours il n'y aura sûrement plus rien à trouver... j'avoue en grimaçant.

Je finis par demander quand sa conditionnelle doit toucher à sa fin, parce que ça aussi ça m'inquiète et ça me touche plus que cela ne le devrait. Il répond lentement. Octobre... bien sûr, comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ? Évidemment que c'est pour octobre. Notre dernière conversation, notre marché, tout cela était censé se terminer en octobre. Tout prend son sens désormais. Je n'avais pas demandé pourquoi octobre, je ne m'étais même pas posé la question, je pensais juste qu'il avait pris un mois au hasard. Maintenant, je comprends que ça n'en est absolument pas. C'est évident, il planifie son départ depuis le début de sa liberté conditionnelle. Et pourtant, comment le blâmer ? Cela semble tellement naturel comme comportement. À sa place, je ferais sans doute la même chose.

-Octobre..., je répète lentement dans un murmure. Putain ! je finis par m'exclamer en prenant à nouveau mon visage entre mes mains.

Je suis dans la merde, beaucoup trop dans la merde. Je souffle, j'ai encore plusieurs mois pour trouver une solution au futur départ d'Alek, ce n'est peut-être pas la peine d'y penser dès ce soir.

Raconter ma vie, cela me semble presque aussi bizarre qu'entendre Alek raconter la sienne. Mais puisqu'il demande, je vais expliquer comment je suis à mon tour tombée dans la drogue. Je rigole à nouveau quand il râle alors que je lui arrache la bouteille des mains avant de commencer mon histoire.

-De princesse on passe à connasse ? je demande amusée. T'as raison, c'est l'idée.

Je souris à sa réflexion quand il ironise à nouveau, il y avait longtemps tiens. Cela dit, il n'a pas tort. Ça fait un moment qu'on se connaît et on a attendu que l'un de nous soit vraiment dans la merde pour se parler vraiment. Certains diraient mieux vaut tard que jamais. Moi je dis qu'on est juste cons, parce qu'au final, je l'aime bien cette discussion. Elle fait du bien alors qu'on est calme et pas trop défoncé. J'aime découvrir l'histoire de ce mec qui jusqu'à présent était l'un des plus grand mystère de ma connaissance. Et je sais pas ce qui me prend d'un coup, d'avouer le fond de ma pensée.

-Te moque pas, je commence doucement. Mais je trouve ça bien au contraire de se parler, c'est... agréable. C'est nul qu'on ne l'ait pas fait avant. Et... je crois pas que ce soit une faiblesse de dévoiler ses secrets, ça fait juste du bien parfois, de savoir qu'on a quelqu'un qui peut entendre les moments les plus sombres ou les plus stupides de notre vie sans juger. Ça te fait rien de te dire que je peux peut-être comprendre ce que tu me racontes ? Que je te fuis pas et que je te déteste pas à cause de ce bracelet. je termine en désignant sa cheville du menton.

Finalement je soupire avant de me tourner et de raconter l'histoire de mon adolescence et de mon arrivée à Austin. Quand je termine et qu'il réagit en me répondant « plus bas que terre... », je laisse un sourire gêné étirer mes lèvres. Je ne réponds pas, je laisse sa remarque s'envoler dans l'air avant de reprendre, une sorte de conclusion à mon histoire. Je ne m'attendais pas à son insulte, pas celle-là, pas sur ce sujet, pas venant de sa part à lui. Je serre les dents, il a raison, je ne vais pas le nier. Je reprends la bouteille, et je résiste à l'envie de sortir une troisième cigarette en pensant au prix d'un putain de paquet de clopes. Je l'écoute et je suis soulagée quand il dit qu'il ne va pas me faire la morale, pendant un moment j'ai cru que cela allait le cas, même si cela semble absurde.

-Au moins je ne suis pas pathétique toute seule, je lance alors qu'il approuve.

On est pathétiques, c'est clair. Et le pire avec moi, je ne sais pas si c'est également le cas pour Alek, mais j'aime être pathétique, je me complais dans ma situation. C'est ridicule mais j'aime ça. Il soulève un point intéressant. C'est fou, j'ai l'impression qu'il ne comprend que maintenant que je suis une fille pleine de paradoxes, sans aucune logique.

-Parce que je suis vraiment trop conne, je réponds en écho à ses paroles que j'ai ignoré quelques secondes plus tôt. En fait j'ai pas le courage de me montrer comme ça à ma famille, parce que j'ai besoin de leur fric et que je veux pas rentrer en France pour finir dans un centre de désintox. Je sais pas, juste savoir que ça emmerderait mon père ça me suffit. Puis... mon art est différent depuis que je me défonce avant de commencer une toile. Et j'aime découvrir ce que j'ai peint quand je redescends sur terre. Mes propres toiles deviennent des surprises pour moi, tu comprends ? Et je crois que c'est plus joli, je termine dans un murmure.

Je n'aime pas me justifier, je n'aime pas avoir l'air d'une gamine prise en faute. Mais même si mes révélations m'embarrassent, je les dois bien à Alek après les siennes. Putain je suis vraiment une pauvre fille. Avec un soupir j'attrape à nouveau la bouteille pour me redonner contenance. L'alcool délie sans doute un peu trop ma langue, cela fait deux fois que j'ouvre un peu trop mon cœur. Je ne sais même pas pourquoi je suis comme ça. Je découvre Alek ce soir mais je ne sais pas s'il est le genre de mec avec qui on peut parler ainsi. Et pour être totalement honnête, je stresse un peu en pensant à ce qu'il risque de me dire. Ça me fait bizarre de parler de ma vie en France à quelqu'un mais j'ai l'impression que ce soir je peux. Et que même si ça emmerde mon interlocuteur, il ne m'en tiendra pas trop rigueur.

Un ancien détenu et une gamine capricieuse et lâche, nous pourrions former un duo très mal assorti. Pourtant si quelqu'un passait devant nous et nous regardait, il verrait deux loques totalement accordées l'une par rapport à l'autre.

Je réfléchis un instant avant de regarder à nouveau le dealer. Une question vraiment étrange est venue s'insinuer dans ma tête depuis quelques minutes. J'hésite avant de la poser parce que je sais qu'elle peut sembler blessante.

-J'ai une question bizarre... je commence doucement. Ne le prend pas mal, d'accord ? Je me demandais... est-ce que tu as des amis ?

Je tortille mes mains suite à mes paroles. Depuis que je le connais, je me demande comment certaines personnes pourraient être amies avec lui. C'est méchant, mais faut dire qu'il est pas avenant le bonhomme. Et pourtant, ce soir, suite à notre discussion, je me demande si ce n'est pas lui qui fuit les gens plutôt que les gens qui le fuient.

HRP:
 

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La française

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Alek Sagataïev
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Re: Nothing left | Gaëlle, le Hier à 22:58

Nothing left
ft. Gaëlle


La fatigue, elle te fait faire beaucoup d'choses. Passer des soirées avec des clientes devant un bar, à parler de vos vies. Faire suffisamment confiance à c'te camée pour te loger quelques semaines, être assez con pour oublier volontairement d’aller voir ton agent de probation. Te foutre dans une merde considérable.
Tu sais qu'tu vas bientôt en payer l'prix fort, tu le sais. Mais pour l'instant tu t'contentes de t'en foutre royale. Ton regard se fixe sur le mur d’en face, de l’autre côté d’la route. S’arrime à une pierre déchaussée, se brouille, se perd dans le flou. T’as les yeux absent, les barrières baissées, l’humour en stand-by. Tout c’que tu peux faire est discuter avec un tant soit peu de sens avec Gaëlle, et descendre cette foutue bouteille d’alcool. D’ailleurs elle non plus n’t’aide pas à avoir les idées claires.
Tant pis.
On verra.

« Je suis pas sûre que mon propriétaire apprécierait s’il apprenait qu’on laisse quelqu’un en plus squatter chez lui, mais ouais c’est plutôt cool. » Ton regard dévie sur elle. Ouais, clairement, c’est plutôt cool pour toi. Et puis un mois – moins avec de la chance – sans payer d’loyer c’est reposant pour tout dire. « Ça me changera des mois que j’ai passés seule dans cet appart. » T’as un p’tit sourire. « Ah mais j’comprends en fait, Miss s’sentait seule chez elle alors elle ouvre les portes aux réfugiés. » Malgré c’que tu dis, l’ambiance risque d’être fameuse. Ton humeur massacrante doublée de l’absence de quelques grammes de coke vitaux, son coloc a d’la chance s’il ne s’retrouve pas entre deux armoires à glace. En parlant de ça, tu proposes d'le convaincre de s’y mettre et la suis rapidement dans son rire. Quelques secondes plus tard, tu fronces les sourcils. « D’ailleurs, il s’appelle comment l’type qui a débarqué chez toi ? » Il est intéressant de voir tes préoccupations à propos de cela n'arriver que maintenant. Faut croire qu’avec les minutes qui passent tu commences à manquer de superlatifs pour le dénommer.

Ta réflexion se déroule en même temps que tu lui expliques les choses, et à défaut d’être tout à fait claires tes paroles ont au moins le mérite d’être sincères. Non, tu n’sais pas s’ils passeront souvent, s’ils préviendront, s’ils seront aussi peu regardants qu’avant, s’ils ont d’autres chats à fouetter qu’un type comme toi. Non, tu n’sais même pas si tout cela est légal. Les droits, c’n’est pas vraiment un domaine dans lequel t’excelle. Tu t'contentes comme toujours de réparer les pots cassés. « Avec un peu de chance ouais… De toute façon d’ici trois ou quatre jours il n’y aura sûrement plus rien à trouver. » Elle grimace, et tu l’imites avant d’reprendre une gorgée d’alcool. Son goût amer s’accorde parfaitement avec ton propre ressenti. « Eh bah y’a plus qu’à espérer qu’ils passeront pas d’ici là. » Voyons l’bon côté des choses, vous faites le ménage et pourrez ainsi assumer le manque en toute quiétude. Enfin surtout elle, puisque toi tu n’couperas pas aux réunions au commissariat incendie ou non. Génial.

Tu n’lui mens pas, quand elle te demande quand s’terminera ta conditionnelle. « Octobre… » Octobre. Ce mot, ce mois, il n’cesse de tourner dans ta tête. « Putain ! » Le sens et l’importance qu’tu lui profères sont à la limite de l’obsession. Sans t’douter qu’se barrer à la seconde où on t’libère complètement, c’est complètement inconscient. Sans t’douter qu’évidemment, les flics t’attendront au tournant.
T’es plongé dans tes pensées, et n’remarques pas la panique mal maîtrisée d’la fille à tes côtés. Qu’importe après tout ? Ce n’sera pas elle qui t’retiendra ici, depuis l’temps que tu mènes ta vie sans compter sur la présence de quiconque. Plus d’attache, plus d’avis extérieur, plus de fidélité nulle part. T’essaies de t’en convaincre, du moins, que c’est ça qu’tu veux. Paie ta liberté, paie ta solitude.

La discussion, elle dévie sur elle. Pour s’donner du courage Gaëlle t’arrache la bouteille. « De princesse on passe à connasse ? T’as raison, c’est l’idée. » Tu souffles, amusé malgré tout. C’est d’bonne guerre. « Ouais, dommage que l’inverse soit plus compliqué. Mais, rien n’dit que tu n’peux pas être les deux en même temps. »
C’qu’elle dit l'ex-princesse n’est pas faux, c’est la soirée papote. « Te moque pas… » Tu hausses un sourcil. « C’sont des perspectives infinies de railleries qui s’en vont là… » Comme si t'allais t'en priver. « Mais je trouve ça bien au contraire de se parler, c’est… agréable. » Bouffée de cigarette. P’têtre bien qu’oui. « C’est nul qu’on ne l’ait pas fait avant. » P’têtre bien qu’non. « Et… Je crois pas que ce soit une faiblesse de dévoiler ses secrets, ça fait juste du bien parfois, de savoir qu’on a quelqu’un qui peut entendre les moments les plus sombres ou les plus stupides de notre vie sans juger. » Tu n’sais pas. Quelle est la véritable faiblesse ? Avouer ses secrets, ou les garder ? Tu secoues légèrement la tête. C’est devenu une habitude chez toi de n’laisser personne s’approcher s’approcher et d’leur opposer ton silence buté. Parce que c’est comme ça qu’tu fais pour te protéger pour pas t’attacher, pour tout simplement rebuter les gens. Un type sans passé, sur l’chemin de sa mort, sans avenir, inintéressant. Réflexe ancré. « Ça te fait rien de te dire que je peux peut-être comprendre ce que tu me racontes ? Que je te fuis pas et que je te déteste pas à cause de ce bracelet. » Tu n’lui réponds rien. Ton regard trop fixe et ta mâchoire crispée trahissent les pensées qui se bousculent dans ta tête, hors pas un mot n’sort de ta bouche. Par crainte de ta propre réponse. Lui dire que ça t’fait quelque chose n’est pas envisageable ; lui dire que ça t’fait rien serait mentir encore une autre fois.
À quoi ça servirait ?

T’as une bouffée de haine envers son attitude quand t’entends son histoire. De dégoût, plutôt, de sa stupidité et de tout c’qu’elle est devenue. Pendant quelques temps, tu laisses son statut vital de cliente régulière sur le côté et n’te concentres que sur cette fille. Il y a en toi beaucoup d’exaspération, de la révolte, de la compréhension, une pointe de jalousie aussi. Tu le lui fais sentir. « Au moins je ne suis pas pathétique toute seule. » Sourire ironique. « Jamais dit qu’tu devais l’être. Sur c’coup-là, je serai ton alter égo jusqu’au bout… » Et c’est vrai, tu ne prétends pas l’contraire. Tu jamais eu d’réelle ambition finalement – survivre, ça compte ? Le bas d’l’échelle est ton domaine et tu n’t’en plains pas, mais rêver de mieux serait utopique.
Tu secoues la tête, et repenses à son histoire. Une question te vient. La française y répond, en assumant tes précédents propos. « Parce que je suis vraiment trop conne. En fait, j’ai pas le courage de me montrer comme ça à ma famille, parce que j’ai besoin de leur fric et que je veux pas rentrer en France pour finir dans un centre de désintox. Je sais pas, juste savoir que ça emmerderait mon père ça me suffit. » Tu secoues la tête. C’est con, mais tu la comprends. La gêne de ce qu’on est devenu, même si d’aussi bas qu’on se trouve on n’aurait rien changé. Tu n’es pas sûr d’oser te montrer devant ta mère si elle était encore vivante, ou à sa famille en Russie. Quant à la relation de Gaëlle avec son père…
« Puis… Mon art est différent depuis que je me défonce avant de commencer une toile. Et j’aimerais découvrir ce que j’ai peint quand je redescends sur terre. Mes propres toiles deviennent des surprises pour moi, tu comprends ? Et je crois que c’est plus joli. » Tu lui offres un p’tit sourire. « Le fameux mythe de l’artiste inspiré en pleine défonce, hein ? Ou, comme il le dirait lui-même, par ses illusions éveillées de fumée et de rêve. Probablement une connerie du genre. » Alek et la poésie, version 2.0. Tu la regardes en sentant cette nouvelle curiosité reprendre le dessus. Avec tout ce qu’elle dit il n’empêche, tu es curieux de les voir ces toiles. De voir la patte de l’artiste. « Eh quand même… Faudra qu’tu me montres les chefs-d’œuvre. » De l’ironie, pour une demande qui en est dépourvue.

« J’ai une question bizarre… » Tu tournes la tête vers elle, un peu surpris après le petit silence qui vient de planer. « Ne le prends pas mal, d’accord ? » Eh bien ? « Je me demandais… Est-ce que tu as des amis ? » T’as l’regard planté dans l’sien. Pas d’réaction pendant une seconde, sinon froncer les sourcils. Puis tu pars dans un rire incongru et étonnamment libérateur. Tu sais qu’t’as l’air particulièrement con mais ça n’te motive en rien à t’arrêter. Tu finis par hocher la tête. « Désolé. C’était… Surprenant comme question. » Certains disent, il vaut mieux en rire qu’en pleurer. « Et sinon… » Tu grimaces, et l’hilarité s’en va. « Pas à Austin, non. Mais j’en ai. » Il est utile de le mentionner. Tu fronces les sourcils à nouveau. « Ou alors, j’en avais. Le truc, c'est que soit ça fait plus d'dix ans que j'les ai plus vus et j'saurais pas les retrouver, soit ils n'ont pas d'téléphone. Du coup je sais pas s'ils sont en vie. Ou morts. » Logique imparable. « Ou en prison. » Tu soupires et te ressers en whiskey. En fait, tu finis la bouteille. L’alcool ne va pas trop tarder à t’monter à la tête. Si ça n’fait pas déjà longtemps que c'est chose faite.
Ces gens dont tu parles… L’ont-ils réellement été, amis ? Ceux d’New-York, pas très futés, qui t’ont appris à t’en sortir par des moyens illégaux. Et puis cette troupe de gamins perdus avec qui vous battiez le pays. Y’avait pas d’affection ni la moindre once de vérité entre vous, et pourtant c’est c’qui ressemble le plus à d’l’amitié. « C’est ça l’problème quand tu voyages avec des gamins, moitié défoncés moitié saouls, sans aucune raison d’leur donner la moindre info véritable sur toi. Tu sais qu’même si ça colle tu pourras jamais les retrouver. Tu sais que tu devrais pas t’attacher à eux non plus parce qu’ils sont que d’passage. Tu n’es que d’passage. » Ces relations sont éphémères. Elles n’durent que le temps de quelques mois, parfois quelques années. Les six ans que t’es resté avec eux, c’était un exploit. Des têtes et des secrets, il y en a eu dans ces wagons à bestiaux. « On savait pas grand-chose des autres. J’leur ai même jamais dit mon vrai prénom. » Petit regard entendu vers Gaëlle.

Tu soupires. Cette chaleur t’insupporte vraiment. Tout autant qu’la bouteille vide. « Eh ! T’as pas un endroit où on pourrait trouver de quoi se mettre bien ? Chez toi, ou si t’as d’la thune pour passer ici… » Tu pointes du doigt le mur derrière ton épaule. Et puis il faut dire aussi que t’en as marre de parler du passé.

HRP:
 

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you've stopped allowing yourself to dream. You're too old to hear confront nonsense anymore. Too old to believe that everything will be alright.
stay away

Nothing left | Gaëlle

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