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[LIBRE] Sans artifice, mais sans déprime.


Samantha G. Tucker
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[LIBRE] Sans artifice, mais sans déprime., le Ven 26 Mai - 0:02

Je commençais à me sortir la tête hors de l’eau depuis quelques semaines. J’avais déjà meilleure mine et j’avais discuté avec mon sergent pour reprendre progressivement les forces armées. Je ne pouvais pas dire que je me sentais mieux, que j’étais heureuse, car la blessure n’était toujours pas cicatrisée, mon cœur risquait toujours l’infection, l’hémorragie, l’arrêt totale de ce dernier. Je marchais dans les rues un peu comme un zombie, d’autres fois en parfaite conscience de moi, de mon corps. Un collègue m’avait conseillé de recommencer les entraînements, de participer au prochain bootcamp. Je n’avais pas trouvé cette idée si bête. Ceci dit, j’avais recommencé à me lever à 5h00 du matin depuis quelques jours pour aller courir, parcourir des sentiers avec des collines pour plus de défi, à faire des exercices dans un parc pas très loin. J’avais arrêté de me lever le visage bouffi, les yeux remplis de larmes.

Ce matin, comme ces derniers matins, l’alarme de mon réveil sonna 5h. Je l’arrêtai spontanément et sortis de mon lit. J’ouvris les rideaux et embrassa le cadre de mon mari et lui souhaitai bon matin. Rapidement, j’enfilai mon pantalon de sport et mon haut, vêtement à l’effigie de l’armée. Je pris ma casquette et fit passé ma queue de cheval dans le trou arrière de celle-ci. Ma gourde d’eau, mes basquettes et me voilà à l’extérieur. Je commençai un rythme léger, mais déterminé. Puis, plusieurs mètres plus tard, je courus quelques kilomètres. Je sentais mon souffle se couper par moment, comme si malgré la fatigue, malgré mon cœur et mon corps qui en pouvait plus, mon esprit voulait que je continue. Je me sentais libéré alors que mes jambes parcourait la distance à une vitesse que je ne me connaissais plus. Comme si pour une fois depuis des mois, je me sentais revivre, saine d’esprit, je me retrouvais. Cependant, je ne pouvais pas me résoudre à me dire que je pouvais tourner la page, que je pouvais oublier mon mari, le laisser là où il reposait. C’était encore trop diffcile. Andy essayait tant bien que mal de me faire comprendre qu’être heureuse ne signifiait pas oublier ce que nous avions été, la douleur était encore trop vive.

Trois, quatre, huit kilomètres sans arrêter. Lorsque je croisai un parc pas très loin, je m’étendis de tout mon long, exténuée. Je fis l’étoile dans l’herbe en m’aspergeant le visage entier de l’eau de ma gourde. Je respirai profondément, pris une énorme bouffée d’air en regardant le ciel, en le scrutant parmi les nuages. Peut-être qu’il me regardait de là-haut, qu’il était fière de moi, qu’il était heureux de me voir ainsi comme il m’avait toujours connu. Mes vêtements étaient un peu trempé de sueur, mais je m’en foutais. Je me sentais vivante, je me sentais vivre, présente à ce moment précis du moment présent. J’affichai un sourire et scrutai ma montre. Elle affichait 6h45 maintenant. Je décidai de rester quelques peu dans l’herbe encore avant de reprendre ma course et le retour vers chez moi. Il était temps de se reprendre en main. Je ne pouvais plus me laisser aller… Je vivais maintenant et pour deux cette fois, c’était ma nouvelle mission…

[LIBRE] Sans artifice, mais sans déprime.

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