Partagez| .

[20 Mai] Captain Nemo


Invité
Invité
avatar
Afficher


[20 Mai] Captain Nemo, le Dim 14 Mai - 16:05

Ca fait bien deux heures que je tourne en rond, insultant ce stupide GPS de téléphone codé avec les pieds par un stagiaire en première année d'informatique après un bingedrinking et possiblement quelques ramettes de coke. Ce n'est pas possible d'avoir fait les choses aussi mal. Dès que je serais rentré, je promet que j'ouvrirais métaphoriquement le machin et que j'irais lui recoder sa gueule de pédale sans corde correctement. Oui, je suis un peu énervé, j'ai pris l'avion, puis un train, puis un bus et il est impossible de fumer dans les lieux publics. J'avais prévu d'arriver en avance chez ma petite cousine, de trouver un café pas loin et de me prendre une dose en terrasse pour être présentable quand je la verrais sauf que le système de guidage m'a perdu et qu'à présent que je suis vaguement au bon endroit, je n'ai pas le temps. Je ne pense pas qu'elle soit au courant pour mon passe temps. Je ne voudrais pas l'influencer bêtement. Je veux bien foutre ma vie en l'air, c'est la mienne et j'assume, je sais ce que je fais bien plus qu'on ne le croit, ça veut pas dire que j'accepterais de voir le trésor de la famille flinguer la sienne. Antonine, c'est notre princesse à tous. Elle n'en a pas conscience et on veut la garder comme ça, innocente, intelligente, oiselle voletant au rythme de ses associations d'idées loufoques. On l'aime tous énormément, au point que je ne sais pas si la Décision du Conseil de Famille de m'envoyer ici est pour qu'elle me surveille ou pour que je garde un œil sur elle. La rumeur court qu'elle n'aurait pas eu l'air aussi heureuse qu'on l'aurait voulu. La rumeur évite évidemment Ermolaï. Il vaut mieux que LUI ne soit pas au courant et puis il n'est pas vraiment de la famille. Pas de la mienne.

J'aurais le temps pour un petit buvard d'acide non ? Juste deux secondes sur la langue puis dans le sang pour voir les fées danser dans des raies de lumière et entendre le cœur du monde battre sous mes pieds et... je secoue la tête. Non, non, non. Je dois rester moi-même, merveilleux et souriant, sobre. Dieu bon, ça va être difficile. La ptite cousine, c'est pas le professeur moyen, elle a oublié d'être bête quelque part entre ses lamas et ses composantes informatiques. Bon. Je passe la porte, j'ouvre celle de l'immeuble, je tourne au rez de chaussé et je sonne à celle qu'il faut, positionnant un Alpaca en peluche à distance de l'oeil de bœuf au cas où elle vérifierait. Mon sac de marin en toile de voile et en forme de tube est posé à mes pieds, j'en enfilé un polo marinière sur un jean et des chaussures bateau parce que quand je vais dans un cliché, je le fais pas à moitié sinon on perd tout le côté comique du bidule. J'espère qu'elle est là. Les instructions familiales ont dit midi, il est et quart. La ponctualité, ça a jamais été mon point fort, et encore, là je bossais rien hein, quand je bosse et que je réfléchis pour de vrai à des choses, il se passe parfois un jour entier en un battement de cil. Sans rien de chimique derrière. Je n'ai pas besoin de dose quand je travaille. Pfiou, j'aime pas attendre. Il doit bien être au moins seize en fait depuis que j'ai tapé. J'sais pas ce qu'elle fait. J'met un de mes écouteurs et du David Bowie mais ça ne remplace rien. J'aime pas cet état. Peut-être qu'Antonine aura de l'alcool à me filer ou au moins une bière. Mon ventre gargouille. Et un truc à manger ? Si elle cuisine aussi bien que son père, mon purgatoire ne sera pas aussi affreux que le pense Heather.

Invité
Invité
avatar
Afficher


Re: [20 Mai] Captain Nemo, le Ven 26 Mai - 21:26

Un peu de lumière dans l’immense bazar qu’est devenue sa vie. Antonine fait un petit tour sur elle-même. Elle est heureuse. Ça se voit. Cela fait longtemps qu’elle n’a pas affiché un tel sourire sur sa bouille d’enfant. Une bonne nouvelle. Une très bonne nouvelle. Nine tire la langue devant le piano, cadeau de son père, si heureux que la fibre artistique de sa fille apparaisse enfin au grand jour. Il était le seul à croire toujours, après vingt et un ans d’existence que cette fibre était bien là, planquée quelque part, engluée dans une mélasse de nombres et d’équations ou autres formules étranges qu’il apparente à de la sorcellerie. Plus qu’à des sciences. Paradoxal pour un ex étudiant en médecine. Quoi qu’il en soit, il est bien là, le piano noir, il trône adossé à un mur, non loin de la fenêtre. Un perchoir à chat a été aménagé sur son couvercle, les lettres d’or de la marque reluisent. Bref, il semble que le père Matveïev y ait investi une partie de ses économies. Alors Antonine en prend soin, de l’animal. Baron aussi, trop fier d’avoir récupérer un promontoire de choix avec vision à 360° sur son territoire. Il le câline en ronron sonore et amoureux. D’autant plus que l’animal est censé faire de l’exercice, un peu, pour régler les soucis de son surpoids.

Les doigts d’Antonine trébuchent sur la mélodie. Cela ressemble plus à quelque chose qu’au début de ses débuts, il y a un mois et demie. Maintenant, on entend la mélodie et la main gauche martèle moins ses rythmes bas. A raison d’une grosse demi-heure tous les jours. Mais bientôt, elle butera, parce qu’elle aura besoin d’un mentor, quelqu’un qui l’aide à progresser. Elle verra à ce moment-là. Il sera toujours le temps d’y remédier. La demi-heure est terminée, le couvercle du piano se ferme avec soin. Nine caresse doucement Baron qui dort sur son nouveau perchoir. C’est qu’ils ont un invité ce soir, un invité long durée. Nemo. Nemo va venir et c’est ce qui la fait tant sourire. Elle s’est un peu apprêtée, un jean proche du corps et une large tunique ample. Il y a les boucles d’oreilles offertes par grand-mère, un semblant de maquillage autour des yeux. Juste pour lui, son cousin, son cher cousin. Peu importe la raison pour laquelle on l’a envoyé chez elle. Fille de rebut, on lui envoie les rebuts de la famille Collins. Même si elle est une princesse. Elle s’en fiche, cela fait plus d’alliés, plus de confident. Et surtout, enfin quelqu’un dans ses âges avec la même longueur d’onde qui saura tenir une discussion sur le laplacien, avec une réponse et des arguments sans que cela lui semble un vulgaire ensemble de lettres grecques et de nombre, agrémenté de quelques symboles étranges. Nine retrousse ses manches. En bon capitaine de Nautilus, Nemo aime le poisson. Et la cuisine épicée. Comme le vrai Nemo, celui de Jules Vernes, il parait. Alors Nine a tenté de concilier leurs deux gouts pour ce diner à deux. Le poisson sera agrémenté d’une sauce neutre, ce sera du poisson blanc dans lequel Baron a déjà prélevé sa dime avec un riz savamment épicé, recette de Seth Collins. Alors ça va être bon.

On sonne, elle tourne les talons, ouvre la porte en trombe, grogne, retire les écouteurs d’autorités avant de l’enlacer. Son Nemo. A elle.


« On s’en fout d’Harvard, ce sont que des kreteks et ils ne savent pas ce qu’ils manquent en te collant à la porte. J’ai fait du poisson et du riz, comme tu aimes. Tante Minnie a dit d’appeler quand tu arrivais, elle avait peur que tu te perdes. Tu rentres ? »

Dit-elle, accrochée en koala autour de lui.

[20 Mai] Captain Nemo

Page 1 sur 1

La boite à souvenirs :: Hors jeu :: Archive des rps-