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[16 Avr] La couleur des sentiments


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[16 Avr] La couleur des sentiments, le Lun 17 Avr - 0:37

Aucune joie n'est sans tâche et il n'est pas de jour sans qu'un arrière goût désagréable vienne ternir la douceur de ses heures. C'était une leçon que le pianiste savait depuis longtemps. Le monde le plus ensoleillé avait ses moments de gris, les déserts les plus chaud gelaient la nuit, le bonheur parfait n'existait que dans l'infime fraction entre deux secondes, lorsque les battements de cœur se répondent en une valse plus vieille que l'humanité. Il n'y avait rien à en dire. Rien à y faire. Rien qu'à continuer de se battre pour celles et ceux qui en valaient la peine, pour les garder dans nos vies malgré le tumulte de journées de plus en plus chargées.

Samedi était arrivé et avait laissé la place à un dimanche chargé d'une histoire que les cloches des églises cherchaient à rappeler à grand coup de carillons. Amusé, le jeune homme conduisait son camion tout en cherchant à retrouver les bâtiments d'où venaient les tintements. Il retrouvait chez certaines des mélodies qu'il connaissaient par cœur. Une autre année, dans une autre ville d'un autre continent, il se serait fait embaucher par l'un de ces lieux saint pour jouer les cantiques de Pâques. Mais Swann avait déménagé la veille et il avait été très absent avec le début de son stage. Au début d'une relation, il est très important de se faire pardonner. Il était arrivé tard pour aider avec les cartons, s'était montré timide et maladroit, malhabile de ses mains et de ses bras dès qu'on leur demandait des tours de force plutôt que de dextérité. Pour se rattraper, il avait promit de venir aider à déballer (ce qu'il pouvait faire sans risquer de s'abîmer les mains) et il avait apporté un cadeau. Le genre de cadeau qui demande un camion et deux déménageurs.

Le passage des escaliers ne se fit pas sans fausse notes et c'est un Logan un peu inquiet et son immense paquet posé sur des planches à quatre roues qui se retrouvèrent devant la porte de l'appartement. Il l'avait vu, il l'avait mesuré, il savait que le piano tiendrait sans trop manger de lumière, que l’acoustique était bonne, seulement il espérait qu'elle le prenne bien, qu'elle comprenne que cet instrument était en quelque sorte la promesse de ne pas l'abandonner et de venir chez elle quand elle le souhaiterait. Après tout, si peu de gens achetaient un instrument de musique, ce n'était pas vraiment à cause du prix de celui-ci – un piano d'étude comme celui qu'il avait acheté pour son amie valait nettement moins cher qu'un canapé ou une télé – mais parce que les gens associaient l'instrument au luxe. Et qu'il valait mieux avoir de l'espace, donc un grand salon, donc du luxe.

Doucement, tranquillement, Logan frappa trois coup secs à la porte, inconscient de l'ombre que l'instrument soigneusement protégé faisait naître sur lui et sa chemise blanche. Contre son pantalon de toile noire cognait sa besace avec une tablette et un stylet dont il avait prévu de se servir pour noter la place des différents livres qu'ils sortiraient du carton. Derrière une façade élégante, il devait s'avouer un petit peu nerveux. Si Swann prenait mal sa surprise, il aurait l'air tout bête. Mais c'était ça, être en couple, non ? Prendre des risques.
Swann Eberhart
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EN CE MOMENT :
● On lui offre un job en or à New York.
● Elle a tenté de se suicider mais Lily lui a sauvé la vie.
● Elle vit chez Fred depuis sa sortie de l'hôpital.
● Elle est heureuse que Barth reste aux USA.
● Elle cherche un nouvel appartement, une nouvelle maison.
● Elle danse à nouveau.
● Elle crée son association et sa compagnie de danse.





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Re: [16 Avr] La couleur des sentiments, le Lun 17 Avr - 10:51


J’avais abandonné le loft dans lequel j’avais vécu 3 ans. Trois années de mauvais souvenirs mais aussi de bons. Trois années dans un espace adapté pour mon fauteuil et moi. Mais à présent que je me tenais bel et bien sur mes deux jambes et que mon fauteuil ne m’était plus d’aucune utilité, j’avais eu envie de changer d’air. La décision de déménager avait également été motivée par le fait que d’autres personnes auraient besoin de cet appartement accessible aux personnes en fauteuil. Il ne m’était plus vraiment utile mais il deviendrait un cocon pour quelqu’un d’autre. C’était une bonne chose de partir.

Je n’avais pas vraiment fait exprès de choisir South Austin pour m’installer dans le même quartier que Logan. C’était l’atmosphère artistique de cette portion de la ville qui avait d’abord motivé mon choix même si l’idée d’habiter pas très loin du pianiste ne me dérangeait en aucun cas. Ce serait l’occasion de se voir plus souvent, plus facilement aussi étant donné qu’entre la création de mon association et de ma compagnie de danse et son stage, nous avions des emplois du temps chargés.
Je m’étais octroyée un week-end. Un tout petit week-end pour déménager et déballer le plus de cartons possibles. Le reste pourrait se faire au fur et à mesure mais l’idée était d’être installée et d’avoir quitté le loft pour Pâques. La veille, Lily et d’autres amis étaient venu prêter main forte. En fin de journée, Logan nous avait rejoint mais il avait eu l’air moins à l’aise que d’habitude. J’avais compris les raisons de son attitude et je ne lui en avais pas voulu. Lily quant à elle ne s’était pas retenue de se moquer gentiment de lui et j’avais eu l’occasion de constater leur complicité naissante. Le pianiste semblait amusé par Lily et Lily avait l’air d’avoir accepté Logan dans mon entourage. C’était Parfait.

J’avais grignoté un peu de sommeil en ce dimanche matin, l’installation s’était terminée un peu tard. J’avais l’impression de camper un peu en me faisant mon café sur un bout de plan de travail encore occupé par tout un tas de cartons. Je me retrouvais à fouiller et piocher dans les cartons dès que j’avais besoin de quelques choses mais après une bonne douche, j’avais décidé de m’atteler à la tâche en attendant le Pianiste. La fenêtre ouverte laissait entendre les cloches sonner mais ma seule façon de célébrer Pâques consistait à avaler à intervalle régulier, entre deux cartons, des chocolats.

En entendant frapper à la porte je me mettais à sourire automatiquement. Je n’avais aucun regret d’avoir fini par franchir le pas avec le musicien. J’étais heureuse à ses côtés et j’avais l’impression de collectionner plein de petites bulles de bonheur à chaque fois que j’avais l’occasion de passer du temps avec lui. Même si le programme du jour était un peu rébarbatif – il y a plus amusant que déballer des cartons – j’étais contente de pouvoir passer la journée avec lui. Sans plus attendre j’allais ouvrir la porte, prête à lui sauter au coup mais mon geste avait été ralenti en remarquant les deux hommes derrière lui et l’énorme paquet à ses côtés. « Bonjour... » Je lui volais un baiser avant de reposer mon attention sur le colis dont il n’était pas difficile de deviner la nature. Je lançais à nouveau un regard intrigué en direction de Logan, un sourire au coin des lèvres avant de saluer d'un signe de tête les deux tas de muscles qui l'accompagnaient.
Mécaniquement, je m’étais écartée alors que les deux types faisaient rouler le piano jusque dans le salon. Ils demandaient où l’installer et prise au dépourvue je me contentais d’ouvrir la bouche sans qu’aucun son ne sorte. Logan semblait avoir déjà tout réfléchi à l’affaire puisqu’il désignait un coin du salon. Je murmurais sans être certaine que le pianiste m’ait entendue, comme pour réaliser qu’il y avait bien un piano au milieu de mon appartement. « Est-ce que tu viens vraiment de m’offrir un piano ? » J’observais l’instrument passer délicatement de sa planche de transport au sol. Les types repartaient alors avec leur planche à roulette et je restais plantée un peu bêtement au milieu du salon, le regard posé sur le piano. « Je ne sais même pas en jouer… »

Au bout de quelques secondes de contemplation dans le silence, je me mettais à sourire. Un sourire qui s’élargissait de seconde en seconde. J’avais compris. J’avais compris le message qu’il venait de me faire passer et cela me faisait vraiment chaud au cœur. Il était difficile de ne pas remarquer l’émotion et la joie sur mon visage. Je m’étais alors rapprochée de Logan pour venir me pendre à son cou et l’embrasser amoureusement. « Merci. C’est un cadeau bien trop beau… Tu es fou, tu le sais ça ? Mais merci… » Je m’étais détachée juste assez pour pouvoir le regarder dans les yeux et lui faire comprendre que je savais pourquoi il avait choisis ce cadeau-là. « Tu ne fais rien comme tout le monde… En général on laisse une brosse à dent chez l’autre mais toi, tu laisses un piano. » J’étouffais un rire avant de lui voler un nouveau baiser. Je me retournais pour observer l’instrument de musique, les yeux pétillants, tout en restant contre lui, ses bras autour de moi. « Est-ce que tu m’apprendrais ? A faire sautiller et chanter les lutins ? » Ce serait peut-être l’occasion finalement.

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Re: [16 Avr] La couleur des sentiments, le Ven 28 Avr - 22:30

Il attrapa sa taille pour la retenir près de lui, possessif et tranquille, conscient de l'élan qui avait été le sien et avait été coupé par la conscience de leur non-solitude. Parce que c'était elle, il avait rendu le baiser, sans chercher à l'intensifier ou à le sublimer. Il y avait de la beauté dans les imperfections du quotidien, simplement parce qu'elles faisaient partie du décor. De leur côté, payé à la prestation et désireux de suivre la feuille de route qui leur avait été dressée par un manager plus soucieux de la rentabilité que du confort de ses employés, les deux témoins involontaires de la scène s'étaient déjà mis au travail. Derrière un sourire apparent, Logan restait nerveux quant à l'accueil réservé à sa folie. Elle n'avait l'air ni choquée ni réprobatrice ce qui étaient déjà deux points positifs. Il ne la sentait pas non plus humiliée ou blessée ce qui était encore mieux. Il attendait. Avec Swann, tout était toujours question de timing. Il fallait savoir quand parler et quand se taire. Il y aurait des mots après le Bonjour, c'était certain.

Ils finirent par arriver. Une fois évidemment que l'animal ait pris sa place désignée contre un mur de la pièce. C'était un piano d'étude mais pas trop dur au touché et au son plus que passable. D'un beau noyer aux couleurs chaudes, il possédait trois pédales de métal dorées, des touches blanches et noires et un tabouret tendu de faux velours pourpre. Il y manquait les marques de café, les griffures du quotidien et le stock de partitions et de papiers divers posés dessus. Ceci viendrait avec le temps. Souriant à sa copine pour toute réponse – il venait en effet de lui offrir un piano, cela se passait de commentaires – le jeune homme attrapa dans son portefeuille quelques billets qu'il offrit en pourboires aux deux hommes, lesquels remballèrent cartons vides et planches à roulette et disparurent dans l'escalier étroit de l'immeuble. Ils étaient seuls à présent. Seuls avec le piano qui les regardait, narquois. Ce serait un piano difficile à dompter, il le sentait déjà mais cela allait bien avec le caractère farouche et indépendant de la ballerine. Il saurait faire avec. Il n'en avait aucun doute.

Petit à petit, dans ce salon rendu minuscule par l’amoncellement de boites, la compréhension se faisait jour dans l'esprit de la locataire des lieux. Et un sourire chaleureux, accompagnant ces pensées naissaient sur le visage de la jeune femme. Elle l'embrassa soudain et son étreinte à lui se fit plus étroite, comme s'il ne désirait qu'une chose, l'avoir contre lui, avec lui, loin du monde extérieur. Il ne la lâcha pas alors qu'elle s'écartait un peu, laissant tomber son regard calme et amusé à présent sur le cygne. Doucement, il monta une main, jouant avec une mèche de cheveux près de sa nuque.

« Peut-être. Si tu es sage. »

Il lui sourit à nouveau, de ce sourire triste qui était le sien mais qui contenait également une profonde stabilité et un contentement certain. La main lâcha les cheveux pour caresser la joue, suivant du pouce le relief d'une pommette bien dessinée.

« En attendant, nous avons des cartons à défaire, un déjeuner à prendre au milieu d'un capharnaüm d'objets, des souvenirs qui n'attendent que d'être déballés, une soirée à rire et à dire des bêtises et une nuit épuisés à mélanger nos souffles. Tu as une idée de la pièce par laquelle tu voudrais commencer ? L'important quand on déménage, c'est d'être méthodique et de se donner des petits objectifs réalisables pour ne pas se sentir dépassés par l'ampleur de la tâche. »

Il se mordit la lèvre, toujours sans la lâcher. Déménager, il connaissait ça par cœur. Il avait fait plus de maisons qu'il pouvait compter. Et autant de rituels d'appropriation de l'endroit.

« J'espère que tu as d'autres amis pour le bricolage cependant. Ce n'est vraiment pas mon fort. »

Elle l'avait probablement vu la veille. Il préférait le rappeler. Il voulait aussi savoir si la journée allait être en tête à tête complet ou si d'autres visages se mêleraient aux murs encore blancs. Les deux hypothèses se valaient à ses yeux, tant que Lily n'avait pas l'intention de rester passer la nuit entre eux. Il avait des plans. Pour la nuit. D'autres surprises.
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Re: [16 Avr] La couleur des sentiments, le Sam 29 Avr - 1:23


J’avais du mal à réaliser le geste de Logan et pourtant, il y avait bel et bien un piano dans mon appartement. Je l’aimais déjà. J’imaginais déjà le pianiste en train de jouer. J’imaginais déjà un quotidien où on partagerait des moments ici. Certes, au milieu des cartons et des quelques meubles encore vides, c’était assez flou mais j’avais envie de croire à ces images-là. Même si le présent était déjà bien agréable puisqu’il me suffisait d’avoir Logan a mes côtés pour goûter au bonheur. Qu’on me traite de fleur bleue, ça ne m’atteignait pas. « Je suis toujours sage… » Avais-je protesté pour la forme même si mon sourire malicieux m’avait trahie. Comme à chaque fois, j’avais penché la tête, ma joue cherchant la chaleur de la paume de sa main.

Le pianiste énonçait le programme du jour qui semblait avoir été murement réfléchis. Je préférais largement le programme de la soirée et de la nuit mais il avait raison, il nous faudrait d’abord nous atteler aux cartons et au rangement. « T’es sûr qu’on ne peut pas commencer ton programme par la fin ? » Si j’avais dit être toujours sage, j’avais de toute évidence menti. Je cachais mon visage dans sa chemise blanche en étouffant un rire avant de relever la tête pour retrouver son regard. « La cuisine… En fait, j’ai déjà commencé à piocher dans les cartons, le plus simple serait de commencer par le coin cuisine. » Sans Logan, j’aurais sans doute procédé de la même façon, pièce par pièce mais j’aurais sans doute abandonné deux trois cartons dans chaque pièce. Quelque chose me laissait penser que Logan veillerait à ce qu’une pièce soit entièrement installée avant de passer à la suivante. « On aura qu’à poursuivre par le salon et on verra ensuite. » Après tous, cuisine et salon n’étaient pas vraiment séparés ce qui donnait un beau volume à la pièce principale.

« Je vais m’en occuper ! » rétorquais-je avec fierté. « J’adooore monter les meubles ! » J’avais tout de même demandé à Lily de venir me donner un coup de main pour les éléments les plus compliqués mais ça attendrait demain. « Lily viendra demain pour tout fignoler… » On avancerait moins vite en étant juste tous les deux mais ça ne me dérangeait pas tellement. Tout moment en tête-à-tête était bon à prendre. « Ce ne sera donc que toi et moi… » J’avais du mal à me résoudre à me détacher de lui et d’ailleurs je tentais de gagner encore un peu de temps, prisonnière de ses bras. C’était sans compter sur une visite inattendue. On venait de frapper à la porte. « Ou alors j’ai rien compris et Lily vient aujourd’hui ? » J’étais pourtant persuadée que Lily devait aller chez sa cousine. Je me forçais à quitter les bras de Logan non sans lui voler un dernier baiser avant que notre tranquillité soit perturbée pour de bon.

J’avais ouvert la porte et le sourire que Logan faisait naître juste avec sa présence venait de s’effacer. Ma mère était là. Erica Eberhart, pour vous servir. « Bonjour Swann. » Nos relations étaient telles que je ne lui avais même pas dit que je déménageais et je me demandais comment elle avait eu ma nouvelle adresse. « Salut M’man. » Je me retrouvais exactement entre la personne que j’aimais le plus à Austin – Lily mis à part -  et celle que j’aurais qualifié de plus toxique. « J’ai été surprise de tomber sur une vieille dame dans l’appartement que tu occupais… Elle a bien voulu me donner l’adresse que tu lui avais communiqué pour ton courrier… » Elle avait ce ton faussement sympathique mais où transpirait les reproches et la déception d’avoir une fille comme moi. Une fille qui n’avait pas réalisé son rêve jusqu’au bout. Sans réelle crainte de déranger, elle lança un regard derrière moi avant de poser ses yeux sombres sur mon visage. « Tu ne me fais pas entrer ? » « Si. » J’avais reculé de quelques pas pour ouvrir la porte en plus grand.

Elle était entrée et était forcément tombée sur Logan à qui elle sortait son plus beau sourire. Erica venait d’enfiler son costume de femme sympathique mais j’espérais que Logan arriverait à la percer à jour comme il savait si bien le faire avec les gens en général. « Tu ne nous présentes pas ? » J’étais à la ramasse. Sa présence me glaçait le sang et me paralysait. Logan ne m'avait jamais vu comme ça, même quand sa présence me troublait. J'étais livide. J'avais envie de fuir. Je regrettais d'avoir ouvert cette porte et de ne pas avoir vérifié par le judas qui était là avant d'ouvrir. Je me rapprochais de Logan et me retenait d’attraper sa main même si j’aurais eu besoin de sentir son soutient. « Je te présente Logan, mon petit-ami… » Elle l’avait jaugé de la tête au pied, d’un regard si discret qu’il n’y avait que moi pour le remarquer. « Logan, je te présente ma mère… » Elle tendit la main pour attraper celle de Logan et la serrer. « Erica Eberhart… J’aimerai dire que Swann m’a beaucoup parlé de vous mais elle aime faire des mystères. Mais je suis enchantée de vous rencontrer. » Je serrais les dents et perdant patience, j’avais fini par prendre la parole en me reprochant mentalement de ne pas avoir réussi à garder un ton neutre. « De quoi as-tu besoin maman ? » Elle me jetait un regard plein de reproche même si elle ne se défaisait pas de son grand sourire qui arrivait souvent à duper les gens. « Comme s’il fallait une raison pour voir sa fille chérie… »

Elle remarqua le piano et j’avais presque envie de m’interposer entre son regard et le cadeau que venait de me faire Logan. Pour qu’elle ne le salisse pas en un coup d’œil. « Tu as décidé d’apprendre le piano ? » « Non… Logan en joue. » En temps normal je ne me serai pas montrée avare de détail, ventant le talent de Logan mais pas avec ma mère. Parce qu’elle savait prendre tout ce qui pouvait m’apporter du bonheur pour le recouvrir d’une couche sombre. Comme lorsque je lui avais annoncé que j’allais pouvoir remarcher mais qu’elle s’était contentée de regretter le fait que je ne pourrais plus danser au même niveau qu’autrefois. « Je meurs de soif. D’avoir dû courir la ville pour voir ma fille… Que d’aventures… » Et le regard qu’elle me lançait ne laissait aucun doute sur le message. A regret, je m’éloignais pour aller lui chercher à boire, un café comme d’habitude qu’elle prendrait brûlant et sans sucre. « Vous êtes donc pianiste ? » Et la voilà qui cherchait à connaître Logan comme si elle était une « belle-mère » sympathique. En réalité elle cherchait le faux pas ou au contraire l’intérêt qu’elle pourrait trouver à ma relation. Ma mère n’agissait jamais sans raison. Sa présence ici restait louche quoi qu’elle en dise. La seule personne jusque-là qui savait faire rempart entre ma mère et moi était Lily mais aujourd’hui il me faudrait faire sans elle. Quant à Logan, j’espérais que ma mère ne le ferait pas fuir d’une manière ou d’une autre. Je n’avais pas envie qu’elle gâche notre journée, j’espérais qu’elle partirait assez vite pour qu’on reprenne notre programme et surtout, j’espérais ne pas avoir à me retrouver seule avec elle. Ce n’était pas la violence physique que je redoutais, ma mère pouvait se montrer douce de ce côté-là mais c’était pour mieux faire passer sa violence verbale et psychologique comme si de rien n’était. Comme un léger venin qu’elle injectait petit à petit et qui vous empoisonnait à petit feu sans pouvoir lutter.

Ma mère était un serpent. Et je ne rêvais que d’une chose : rester à distance.

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Re: [16 Avr] La couleur des sentiments, le Dim 14 Mai - 16:00

 Toujours sage. Il frissonna. Il était toujours sage lui aussi. Pour des raisons qui étaient, il l'espérait, très différentes de la façon mutine dont Swann prononçait ces mots. Toujours sage. Il s'efforça de chasser les images que cette expression faisait toujours naître en lui et de se baigner à nouveau dans la tendresse que lui prodiguait la jeune femme. Il sourit encore quand elle tenta de négocier la récompense avant l'effort. Une petite fille charmante qui en voulait toujours plus. Il l'embrassa, amusé, pour la faire taire avant de la laisser continuer ses bêtises. Ils travailleraient d'abord et s'amuseraient après. L'attente rendrait la nuit plus belle encore. Le moment meilleur. Et la journée plus amusante avec cette tension qui s'installerait entre eux dès qu'il l'aurait lâchée, s'il la lâchait un jour. Pas tout de suite.

L'emploi du temps de la journée prenait forme. La cuisine était toujours amusante à déballer. Malgré la présence de couteaux et autre mandolines japonaises, c'était un endroit à optimiser, plein de gadgets et de bêtises marrantes à faire comme des batailles d'eau pendant la vaisselle ou des inventaires de couverts cassés durant le transport. Et ils seraient seuls alors il pourrait se lâcher un peu et être lui-même. On frappa à la porte. Avait-il mal compris ? A regret, il lâcha le cygne qui vogua vers l'entrée, suivi par un pianiste pas inquiet mais clairement curieux.

C'était une femme d'âge qu'on pourrait qualifier de mûr. Le début de conversation ne laissait que peu de doutes sur son identité. D'elle, Logan ne savait pas grand chose. Il savait qu'elle avait toujours voulu que sa fille soit danseuse, qu'elle l'avait beaucoup poussée quand elle était enfant et qu'elle avait assez mal pris l'accident et la fin de la carrière de son enfant. C'était tout. Il avait toujours senti un sujet vaguement douloureux de ce côté là et n'avait pas pris la peine d'en demander davantage. Poser des questions sur les parents, c'était avoir à réciproquer et lui n'avait aucune envie de parler de ses géniteurs à qui que ce soit. Par réflexe cependant, parce qu'il avait été élevé par un père militaire, il se redressa de toute sa hauteur, remettant bien sa chemise un peu froissée par le câlin. Le temps que Swann s'écarte, il était prêt pour une inspection, impeccable dans son haut blanc, son pantalon de ville en toile noire, ses cheveux juste décoiffés comme il le fallait et sa haute et longue silhouette bien droite. Doucement, il regarda sa copine qui avait l'air dans ses petits souliers. Il avait envie de sourire pour la rassurer, pour lui dire que, quoi qu'il arrive, il serait de son côté, mais il n'en eut pas le temps. Madame prenait les rênes de la discussion avec la même douceur que son père quand il s'énervait en public et ne pouvait pas se défouler physiquement.

« De même Madame Eberhart. Je dois prendre la responsabilité du silence de Swann, j'en ai bien peur. Je la monopolise affreusement. J'espère que cela ne ternira cependant pas nos relations futures, je promets de me montrer moins égoïste à l'avenir. »

C'était un réflexe chez lui. Il sentait du danger sous le miel des paroles de l'inconnue alors il tentait de détourner sur lui la colère du géniteur. Il n'agissait pas autrement lorsque son père commençait à s'énerver sur sa mère. Chaque coup qu'il prenait pour elle était un coup qu'il ne sentait pas. De son côté, la ballerine faisait de son mieux, ce qui n'était pas terrible. Elle était tellement sur la défensive qu'on pouvait presque entendre ses dents grincer. Tranquille, Logan les laissa échanger des piques, souriant toujours d'un sourire masque sans aucune trace de tristesse – preuve qu'il ne s'agissait rien que d'une façade à l'intention de la matriarche. Tranquillement, il alla jusqu'au piano, en attrapa le tabouret et le présenta à leur invitée pour lui permettre de s'asseoir. En agissant ainsi, il mettait la politesse de son côté et pouvait la toiser de son mètre 90 debout.

« Je n'irais pas jusqu'à dire pianiste, Madame. Je joue, certes, parfois même en public, mais je suis avant tout doctorant en Sciences Politiques. La musique est un plus qui me permet de relâcher la pression. J'ai cru comprendre que vous aimiez vous même beaucoup la musique classique ? »

Il avait bien senti la réticence du cygne mais il voulait avant tout la protéger et être désagréable ne ferait qu'accentuer le désir de cette mère de s'immiscer dans leur programme de couple. Alors qu'en lui donnant ce qu'elle voulait, il y avait une chance pour qu'elle se retrouve à court de munition assez vite et qu'elle s'enfuie à temps pour eux pour reprendre leur programme. Et puis, pour l'instant, il n'avait rien trouvé à lui reprocher vraiment. Il espérait que ça viendrait avec la slave d'après.


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Re: [16 Avr] La couleur des sentiments, le Lun 15 Mai - 0:27


Elle m’avait reproché mon silence. Le manque de nouvelles. Je fuyais ma mère comme je fuyais toujours devant les choses que je ne pouvais pas contrôler. Je me trouvais lâche mais quand il s’agissait de ma mère, je battais des records. J’étais incapable de riposter, c’était comme se retrouver à chaque fois dans une toile d’araignée et s’engluer en cherchant à me débattre pour m’en sortir. Logan essayait de me défendre et la lueur qui était passé dans le regard d’Erica m’avait suffi pour comprendre qu’elle n’était pas dupe. Elle n’en laissa rien paraître et c’est avec un grand sourire des plus charmants qu’elle balayait le sujet de conversation. « Bien sûr que non… »

Je n’avais pas voulu les laisser seuls même si je n’allais pas devoir m’éloigner trop loin. Et tout en préparant le café, j’écoutais ce qui se passait dans mon dos. Le temps de sortir la cafetière, de la brancher, de fouiller dans les autres cartons pour trouver le café je les écoutais discuter. Ma mère avait apprécié le geste de Logan « Tu es tombée sur un vrai gentleman. » et elle avait joué les femmes charmantes à nouveau, le remerciant et lui offrant de jolis sourires mielleux en prenant place sur le tabouret.
Ma mère avait été magnifique plus jeune. Le genre de femme sur laquelle on se retournait, le genre de femme qui en entrant dans une pièce attirait le regard des hommes et attisait la jalousie de leur compagne. En vieillissant elle était restée une belle femme même si j’avais du mal à voir sa beauté puisque je connaissais sa laideur intérieure et son côté toxique. Elle était aussi dangereuse que belle. C’est ce qui faisait que beaucoup de gens se laissaient avoir et pensait qu’elle était une femme formidable. Rare étaient ceux qui parvenaient à deviner son jeu.

Logan lui répondait au sujet du piano. Dès que je le pouvais je leur lançais des regards, comme on surveille un chien de peur qu’il ait une réaction malheureuse et morde l’enfant qui joue près de lui. Ma mère était le pitbull enragé et Logan l’enfant même si c’était la peur de ma mère qui m’amenait à faire une telle comparaison « Un homme politique, musicien. Quel mélange original ! Et que souhaitez-vous faire après votre doctorat ? » Voilà. L’avenir professionnel de Logan concernant la politique était devenu encore plus intéressant que le piano puisque c’était synonyme de pouvoir. Ma mère aimait le pouvoir.
Et comme le pianiste l’avait relancé sur la musique, elle jouait le jeu. « Swann vous a parlé de moi ? » Il n’y avait aucune crainte dans sa voix, même si elle se doutait que je ne peignais pas un tableau des plus positif, elle ne craignait rien. Rien n’arrivait à l’atteindre. « J’ai toujours aimé le « Lac des Cygnes » vous vous en doutez puisque ma fille en a même hérité son prénom… » Elle continuait en évoquant d’autres morceaux, faisait exprès de citer des morceaux destinés au piano alors que je savais qu’elle ne les écoutait jamais mais si elle pouvait marquer des points auprès de Logan, elle n’avait pas de scrupule à glisser quelques mensonges.

Je revenais après avoir servi le café dans une tasse. J’avais interrogé Logan du regard pour savoir s’il en voulait et j’étais revenue définitivement vers eux. « On allait déballer les cartons et faire du rangement… Je ne te mets pas à la porte mais ça serait plus agréable si tu revenais quand je serais plus installée. » J’avais l’impression de marcher sur des œufs. Ma seule sécurité : la présence de Logan. Elle n’oserait pas se fâcher devant lui. « J’ai bien compris ce qui se passe ici. » Je commençais à me liquéfier, peut-être que Logan ne serait pas une raison suffisante pour elle de ne pas s’énerver. « Je vous embête alors que vous vouliez rester en amoureux… Rassurez-vous, je vais pas vous embêter longtemps… » J’aurais pu accepter sa remarque mais comme toujours, réduite au statut de petite fille effrayée je tentais de rattraper le coup alors que rien pourtant ne m’y obligeait. « Non, vraiment, je ne te met pas à la porte… » « Il n’y a pas de problème Swann… Allons… Ne te met pas dans un tel état. » Et après avoir avalé une gorgée de son café brulant elle reprenait avec innocence. « Tu ferais quand même faire un tour de ton nouvel appartement à ta vieille mère ? » Elle gagnait du temps. « Bien sûr. » Elle posait la tasse de café sur le carton le plus proche et se levait prête à me suivre.

Je lui montrais la salle de bain, la pièce que j’avais choisi pour en faire ma chambre et celle que j’avais destiné à être la chambre d’amis. « Pas de pièce pour travailler ? » Je fronçais les sourcils d’incompréhension. « Maintenant que tu essayes de danser à nouveau… Tu sais bien qu’il n’y a pas de miracle, seul le travail permet d’obtenir des résultats… Tu aurais la place de te faire une pièce pour t’entraîner. » Elle n’était pas censée s’avoir que je dansais, je comprenais que ma mère en savait bien plus sur moi que ce que j’avais bien voulu lui dire. « J’y réfléchirais. » Lily l’aurait envoyé bouler. N’importe qui en réalité l’aurait envoyé promener ou aurait clairement donné son avis. Au lieu d’imposer ma vision de mon appartement, je cédais et promettais d’y réfléchir. « Je sais bien que tu ne retrouveras jamais le niveau que tu avais, il aurait fallu que tu aies ce déclic pour retrouver l’usage de tes jambes avant… Deux ans et demi c’est trop long… Je sais bien que ce n’est pas ta faute – Ce qui voulait dire tout l’inverse - mais tu ne devrais pas négliger le travail pour autant, tu peux encore être une bonne danseuse ma chérie. » et dans sa façon de prononcer le mot « bonne » il y avait tout le mépris et la déception qu’elle avait de ne pas avoir eu de fille danseuse étoile. Du moins pus longtemps que le temps d’une soirée. J’aurais dû répliquer une fois de plus mais rien ne sortait. Elle arrivait toujours à me faire me sentir plus bas que terre. Au lieu de ça, je détournais le regard et terminait la visite en revenant dans le salon.

« Voilà… Tu as tout vu. » « C’est pas mal… J’attends de voir le résultat quand tu seras installée. » Je n’osais pas regarder Logan. Je devais avoir l’air pathétique à m’écraser comme ça devant ma mère et j’aurais préféré qu’il garde l’illusion d’un cygne parfois sauvage mais plus fort que je ne l’étais en ce moment. « Et pour ta compagnie, tu as trouvé des locaux ? J’ai cru entendre que tu ouvrirais à la rentrée. » Cette fois je relevais la tête, blême. Elle, le regard bien droit, semblait savourer son petit effet. Elle avait du mener son enquête au conservatoire pour connaître mes projets. C'était ça ou elle avait engagé un détective privé ou quelque chose de ce genre. Je n'allais jamais pouvoir échapper à ma mère et c'était terrifiant. « Je… Oui… Lily et moi on a trouvé un endroit, on espère que notre dossier passera. » « Ah Lily… Qu’est-ce que tu ferais sans elle ? » Ce n’était pas un compliment pour Lily, c’était un reproche pour moi, incapable d’être aussi indépendante que ma mère l’avait été toute sa vie. Consciente d’avoir laissé Logan un peu de côté, elle lui lançait un regard et un sourire. « Ce serait un plaisir de vous entendre jouer Logan. Si vous vous produisez bientôt sur scène à Austin, j’aimerai beaucoup venir… » Autant d’hypocrisie me donnait envie de vomir mais je n’en laissais rien paraître. Pas même un haussement de sourcil ou un roulement des yeux. Rien.

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I love making you believe What you get is what you see. But I'm so fake happy. I feel so fake happy. And I bet everybody here Is just as insincere. We're all so fake happy. And I know fake happy. I been doing a good job of makin' 'em think I'm quite alright But I hope I don't blink. You see its easy when I'm stomping on a beat But no one sees me when I crawl back underneath.

[16 Avr] La couleur des sentiments

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