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La nuit, toutes les chattes sont grises


Philip Caiazzo
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DERRIÈRE L'ECRAN
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La nuit, toutes les chattes sont grises, le Ven 10 Mar - 19:12

Il resta allongé un bon moment, essayant de comprendre.

La journée avait été plutôt standard, genre Bentley-Boulot-Dodo. Il n'avait pas pris de garde, il n'avait pas cherché la complication. Il avait été dans un bar, mais il n'avait pas bu plus que de raison, et il n'avait pas non plus dragué de jeune femme accorte. En règle générale, il évitait. S'il n'avait aucun doute que sa femme le trompa, et si son contrat de mariage lui assurait qu'elle n'essaierait pas de le quitter de peur de se retrouver à la rue du jour au lendemain si lui la trompait, il n'y voyait pas l'intérêt. Il n'avait plus la libido de sa jeunesse, et ayant découvert 16 ans plus tôt qu'il avait été, pour la plus grande partie de sa vie, incapable d'aimer, lui avait passer l'envie d'essayer, ou même de s'amouracher.

Et il était bien rentré chez lui.

Mais alors s'il était bien rentré chez lui, pas pompette pour un sou (il lui restait encore des traces de l'entrainement subi en première année de médecine, et il en fallait beaucoup pour le rendre soûl), et qu'il s'était couché naturellement dans son lit...
Pourquoi le plafond était-il inconnu ?

Lentement, il tourna la tête sur le côté, cherchant une tête. Un visage, peut-être même. Aussi étonnant que cela puisse lui paraître, il n'excluait pas la possibilité d'avoir raccompagné une jeune fille chez elle, et de se rappeler la mauvaise soirée, comme s'il avait rêvé n'avoir pas trompé sa femme.
Mais non. L'oreiller à côté du sien était vide, et recouvert de draps dont il reconnaissait les broderies. La place était vide, bien sûr. Il n'était pas entièrement certain d'où sa femme pouvait bien dormir, mais ce n'était pas la première fois qu'elle découchait. Ou couchait. Il se comprenait. Elle avait un boudoir dans lequel se trouvait un lit, mais il était presque sûr qu'elle ne l'avait jamais utilisé.

Il tourna de nouveau la tête et regarda le plafond, le reconnaissant enfin. Une ombre subtile passait par la fenêtre, à travers les voilages, et en avait changé, dans sa perception, la forme. C'était donc là un mystère éclairci.

Il cligna des yeux.
Un mystère demeurait.

Pourquoi s'était-il éveillé ? Il ne ressentait aucun besoin biologique pressant, et la villa était calme. Malgré les ombres subtiles qui passaient à travers les voilages, il n'y avait pas assez de lumière pour qu'il en soit incommodé. Et un coup d’œil en coin vers son radio-réveil lui indiqua qu'il n'était pas l'heure de se lever, loin de là. Il n'était pas non plus sujet à l'insomnie ou à de quelconques angoisses nocturnes, propres à réveiller (et tenir éveiller) bien des gens. Il avait toujours plutôt bien dormi.

Alors, pourquoi ? Pourquoi était-il éveillé ? Qu'est-ce qui avait bien pu le tirer de son sommeil ?
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Re: La nuit, toutes les chattes sont grises, le Lun 13 Mar - 17:27

Le noir qui l'entourait faisait partie de son quotidien et Camille baignait dedans avec une fièvre qui n'était pas que métaphorique. Un peu sonnée et par l'heure tardive et par la fatigue, elle tourna un peu sur elle-même, bras ouverts, alors que la lune perçait derrière une fenêtre. Une lune étrange, ni pleine ni nouvelle qui éclairait aléatoirement un ciel dont on ne pouvait pas dire s'il était beau ou chargé. C'était une nuit de demi-mesure, une entre chien et loup, qui n'était ni chair ni poisson, une nuit à maximes et à hologrammes. Ca ne voulait rien dire, c'était pas grave. Elle avait l'esprit un peu assommé par la maladie et sentait bien que son intelligence s'en allait petit à petit sous les assauts combinés de la fatigue et de son système immunitaire. Ca n'allait pas l'empêcher de bosser, de continuer sa vie, de faire ce qu'elle avait envie de faire. Alors bon, à quoi bon s'attarder à quelques frissons, une gorge douloureuse, une voix croassante et la disparition inquiétante d'une partie de sa répartie hein ? Pendant quelques jours elle serait juste aussi stupide que le reste du monde.

Son pied nu rencontra un coussin qu'elle envoya bouler, heureuse du tapis qui la protégeait du froid du sol. Ses chaussures, sages, attendaient là bas, loin, trop loin, à côté de son sac et de la porte. En bas des escaliers, son vélo qu'elle avait laissé en oubliant de faire le nœud spécial à son anti-vol. Si on le lui prenait, elle n'aurait qu'à s'en prendre à elle-même. Elle ouvrit doucement la fenêtre et se pencha pour vérifier dans l'allée si le véhicule était toujours là. Le vent, emportant ses cheveux fit voler ses boucles contre la fenêtre d'à côté. Bah. Elle bailla. Elle était fatiguée mais n'avait pas fini. Elle avait encore une chose à faire avant de pouvoir se coucher et s'abandonner au sommeil des braves. Elle devait trouver le Graal. Lequel n'était pas dans le salon, non Monsieur, non Mademoiselle. Et pour ceux qui se poseraient la question, ce n'était pas non plus une grossière coupe en bois. Jesus il était peut-être charpentier mais il était Maître en son art et il faisait de beaux objets donc dans ta gueule Lucas Ford. Un vertige la saisi et elle sentit le haut de son corps basculer par la fenêtre. Ca suffit à faire peur à Camille-Malade qui retourna vivement à l'arrière, les vitres claquant un peu sous un nouveau coup de vent. A tous les coups, y avait une tempête qui se préparait. Aux aguets, l'adolescente mit ses mains sous ses aisselles pour les réchauffer et écouta le silence. Rien. Enfin non, plein de bruits mais des bruits de nuit, des bruits normaux.

Reprenant son courage à deux pieds, la jeune femme rouvrit la fenêtre et sortit sur le rebord. Un pas de côté, un autre. Et le vent qui faisait claquer son t-shirt au point de recouvrir le bruit de ses dents. Hop, par dessus le petit espace qui avait un jour voulu abriter une gouttière puis rapidement devant la fenêtre aux rideaux transparents. On reprend son souffle de l'autre côté tandis que l'air de la nuit, toujours joueur, s'amuse à faire claquer la fenêtre du salon. Encore heureux que sac et chaussures soient restées dissimulées dans le placard près de la porte d'entrée...
Philip Caiazzo
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Re: La nuit, toutes les chattes sont grises, le Dim 19 Mar - 16:17

Ah !

Cette fois, il l'avait bien entendue : une fenêtre venait de claquer. Enfin, pas vraiment claquer, mais elle venait de produire ce claquement si caractéristique de la fenêtre qui est restée ouverte la nuit alors qu'il y avait un peu de vent.

Philip soupira. D'un côté, il était soulagé d'enfin savoir pourquoi il était éveillé à une heure pareille : la fenêtre n'en était sans doute pas à son galop d'essai, et dans son sommeil, il l'aura entendu plus tôt, sans pouvoir s'en souvenir, mais réagissant néanmoins. D'un autre côté, ça signifiait qu'il allait devoir se lever pour s'en occuper. Personne ne le ferait à sa place, et s'il voulait à tout prix avoir sa nuit de sommeil, les alternatives étaient inexistantes. Lentement, il se leva donc, ne voulant rien faire de trop précipité. S'il faisait attention, peut-être qu'il n'aurait pas de pic d'adrénaline incongru et qu'il pourrait se rendormir, contrairement à un imbécile qui aurait couru fermer cette fenêtre.

Il enfila méthodiquement ses chaussons. Ils étaient vieux, usés, et à force de marcher dedans la semelle - initialement en rembourrage de peluche - était réduite à peau de chagrin, mais non seulement le luxe de la moquette de la chambre, suivis bientôt de parquets et de tapis, signifiait que ça ne faisait pas une grande différence - il ne regrettait vraiment l'état des semelles que lorsqu'il marchait sur le carrelage de la salle de bain -, mais en plus ils restaient très doux et chaud sur le dessus. Le design, une tête d'ours sur chaque pied, aurait semblé grotesque, voire indigne, à tous ceux qui le côtoyaient professionnellement. Mais, cerise sur le gâteau, ultime raison pour laquelle il n'avait plus utilisé une seule autre paire de chausson depuis qu'il avait reçu ceux-là, il s'agissait d'un présent de Camille. Et s'il y avait une chose que Philip avait appris au cours de sa longue vie, c'est que la dignité d'un homme vaut environ 50 dollars. Un cadeau de sa fille unique, par contre, ça n'avait pas de prix.

Sans trainer les pieds, parce que c'était une désagréable habitude, que ça encourageait les accidents, et que ça endommageait les précieux chaussons, il se dirigea vers la porte de sa chambre, qu'il ouvrit sans faire de bruit. Sa main effleura l'interrupteur du couloir, puis se ravisa. Il y voyait suffisamment bien pour se déplacer dans la demeure, et il ne voulait pas achever de se réveiller bêtement en s'aveuglant. Il continuerait dans la pénombre relative de cette nuit. Il se tourna vers la fenêtre au bout du couloir, et nota que la lune envoyait, par intermittence, une lumière bleutée agréable à travers ses rideaux transparents. Il n'y avait pas de volets, et c'était aussi bien. Il trouvait que c'était idiot. Il s'avança dans le couloir et, posant sa main sur la rampe, descendit lentement l'escalier, à la recherche de la fenêtre qui claquait.
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Re: La nuit, toutes les chattes sont grises, le Mar 4 Avr - 21:23

Il y avait une ombre à la fenêtre, l'ombre d'une idée qui semblait se mouvoir dans la chambre. C'était stupide. Personne n'était à son con pour marcher comme ça au milieu de rien dans l'obscurité nocturne de la nuit noire. Ptet qu'il était somnambule, l’ersatz d'Ulysse. Peut-être que des nuages passant devant la lune jouaient des tours à son esprit pas bien réveillé et embrumé de fièvre aussi. Ca lui rappela qu'elle n'était pas ici pour du shopping mais bien pour une raison précise. C'était tant mieux d'ailleurs parce qu'elle faisait était un tout petit peu illégal et qu'elle avait passé l'âge de faire des bêtises juste pour voir si elle serait punie depuis genre qu'elle avait quatre ans. A la louche.

Ulysse, lui, il s'amusait à hanter à la verticale maintenant, comme une silhouette qui se levait et traînait des pieds ou flottait, elle voyait pas bien, vers l'autre côté de la pièce par rapport à la fenêtre. Regarder était con et dangereux, seulement elle pouvait pas s'en empêcher, le mouvement attirait son regard comme d'autres regardent le vide. Elle avait envie de crier au vent de se la fermer, qu'elle avait froid à l'intérieur, qu'elle sentait presque les microbes se multiplier dans sa gorge et qu'elle avait envie, dans le désordre, de mettre des glaçons dessus pour geler leur ADN, les brûler a coup d'eau bouillante ( peut-être que si elle se sentait le courage elle volerait un peu d'eau et un coup de bouilloire après), leur verser du miel liquide et les crier au vent du soir. En attendant, elle se les pelait sur son rebord de fenêtre et un coup d'oeil à travers le voilage lui apprit que son fantôme s'était évaporé on ne savait où. Alors, elle marcha, légère et déterminée, passant comme une ombre blanche, ses pieds se mouvant au rythme du claquement de la fenêtre plus loin. Un autre petit espace lui permit de changer d'espace. Elle risqua un coup d'oeil. La pièce était vide et obscure. Si elle était bien là où elle pensait être, il y avait une faille au niveau du chambranle qu'un coup de coude bien placer pouvait disjoindre assez pour permettre un peu de jeu au niveau du verrou. Le reste aurait été un jeu d'enfant si elle avait pas été deux étages au dessus du sol sur un truc pas plus large que ses orteils.

Sérieux, pourquoi elle s'était lancée là dedans pieds nus déjà ? Pour le sport ? Fuck le sport. Elle avait froid et le grain du revêtement lui faisait mal à la plante des pieds là où la bicyclette avait oublié de faire des cals. Tout ça c'était de sa faute. Au vélo, pas à elle, hein. Elle prit une profonde inspiration et donna un coup de coude dans le machin, laissant échapper un coup sourd juste au moment où, bien sûr, le vent tombait et les volets ne claquaient plus. Elle soupira, juste soulagée de pas s'être pêtée la gueule avec le recul et de voir qu'elle était à la bonne fenêtre. Le cliquetis lui, se perdit dans la nuit. Plus que quelques secondes et elle serait à l'intérieur. Au chaud.

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