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Do I look that desperate ? ≡ Raphael


Albane W. Hollander
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Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Dim 5 Mar - 20:35

Do I look that desperate ?
ft. Raphael


Le parc a essuyé une pluie battante ce matin, et six heures après l’herbe y est toujours glissante, presque élastique, je sens ma canne glisser sur les brins lourds imprégnés d’eau. Finalement, mon bâton bute contre un banc, et je le tâte avec précaution pour m’assurer que c’est bien celui de d’habitude. Oui, je reconnais aisément une des inscriptions qu’un couple amoureux a dû graver au couteau dans la chair tendre du bois. Ce parc, je le connais depuis toute petite, quand j’étais encore capable de foncer tête baissée sur l’esplanade sans craindre de me prendre une poutre au front. Le premier endroit où ma mère m’a emmenée à la sortie de la maternité, c’était cette agora herbeuse, et j’y tiens particulièrement, une foule de souvenir y étant attachés – comme la fois où je me suis plainte la balade entière d’une carie imaginaire, dans le simple but d’échapper au froid mordant. Ca fait quelques jours que je m’attarde plusieurs heures après les cours à ce banc pour y répéter, maintenant que la froidure de l’hiver s’estompe peu à peu. Même si le conservatoire ronronnant de musique ne me dérange pas, il ne remplace pas l’air frais de l’après-midi.
Quelques minutes plus tard, quand j’ai précautionneusement préparé mon violon, je dépose ma canne sur le banc et ma caisse ouverte à mes pieds, ne craignant nullement l’humidité du sol puisqu’elle est en cuir traité. Ensuite, vient la musique. Ce sont des morceaux irlandais et celtiques, que j’affectionne particulièrement. Ils enflent sous mes doigts, résonnent dans le ventre sylvestre de l’artiste, percent le silence relatif de la nature ensommeillée. La mélodie gonfle, gonfle, gonfle, je m’imagine une foule d’européens un peu éméchés se presser dans un bar traditionnel, tournoyer au rythme de la musique. Avec eux je danse, avec eux je me suis les pas coordonnés de la troupe.
C’est probablement pour ça que je ne me rends compte d’une présence à quelques mètres de moi qu’à la fin du troisième morceau. Cette personne s’approche, j’entends la démarche mesurée et appesantie de la gente masculine, avec l’aura poivrée de son parfum qui m’emplit les narines quand il se trouve à moins de cinquante centimètres de moi. Je recule, perturbée. Qu’est-ce qu’il fait ? Instinctivement, je cherche à saisir ma canne derrière moi, persuadée qu’il me veut du mal. Ce n’est que quand le tintement de pièces retentit que je me détends, mais une bouffée de gêne doit probablement empourprer mes joues.
Oh. C’est donc ça. J’entends ses pas qui s’éloignent déjà, mais je m’empresse de fondre sur ma boîte et d’y attraper toutes les pièces – enfin, j’espère. « Monsieur ! Attendez ! » Je tends l’argent froid dans ma paume ouverte vers le ciel, n’osant m’avancer plus de peur de culbuter, d’autant que j’ai toujours mon violon et mon archet dans ma main gauche. « Je ne joue pas pour des pourboires. Mais c’est gentil de votre part. »

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Sam 11 Mar - 11:46


Le parc au printemps est d’une beauté exemplaire. Les arbres se repeuplent petit à petit de feuilles qui renaissent des bourgeons. Le craquement des branches se fait entendre grâce au vent qui file entre elles. J’avance d’un pas plutôt lent au fil des allées. Je m’arrête pendant un long moment sur un banc, en face du lac. J’adore regarder les oiseaux, les canards, les cygnes car je trouve tout ceci apaisant dans le silence de la fin d’après-midi. Les enfants sont encore à l’école et il n’y a que quelques joggeurs pour briser cette harmonie parfaite. Pour ma part, j’ai terminé le travail vers 15 heures. J’ai ensuite corrigé quelques copies et je me suis ensuite mis en tête de profiter de ce beau soleil qui se faisait si timide ces derniers temps. Mais bientôt, l’heure avançant, la foule s’agrandit et je décide alors de rentrer. C’est moins calme et tout de suite, les lieux se font moins agréables à mon humble avis. Je reprends ma marche et un peu plus loin, je m’arrête de nouveau, cette fois-ci devant une jeune femme qui joue du violon. Je remarque sa canne et comprend alors qu’elle doit être malvoyante. Je me laisse transporter par la beauté de sa musique et je n’émets aucun son. Je reste immobile pendant deux morceaux et ayant peur de la déranger, je me dis qu’il va falloir que j’y aille. Néanmoins, j’attrape mon porte monnaie, en sorte quelques pièces, le peu que j’ai à vrai dire. Je n’ai même plus de billets, n’étant pas habitué à avoir du liquide sur moi. Je me sens désolé car j’aurais aimé donner plus pour ce charmant moment qu’elle m’a fait passer mais je me soulage en me disant que c’est toujours mieux que rien. Sans un mot, car je ne voudrais pas la déranger dans son élan musical, je me baisse et dépose les pièces dans son étui. Il n’y en avait par encore et cette constatation me fait un pincement au cœur alors qu’elle mériterait tellement plus. Je reviendrais et la prochaine fois, je serais préparé. Néanmoins, pour ce soir, je lance un dernier coup d’œil à la belle blonde, je m’arrête une dernière fois sur le son mélodieux qui sort de son instrument, puis, je m’éloigne.

Il ne faudra pas longtemps avant que j’entende une voix derrière moi. Ne sachant pas si c’est à moi que l’on parle, je me retourne tout de même, par réflexe. C’est la violoniste qui s’est levé et je remarque mes pièces dans sa main. Il semblerait que j’ai mal interprété la situation et tout à coup, je me sens honteux. « Oh… Je m’excuse… Je pensais que… » Les mots ne me viennent pas tellement je suis désolé. « Mais gardez les, vous jouez tellement bien que vous les méritez. » Je ne me vois pas reprendre mon argent de toute manière car je n’en ai pas besoin. Je ne sais pas si elle pourrait en avoir davantage besoin mais afin de renforcer mes propos, je reprends : « Prenez cela comme un salaire que vous auriez touché si vous étiez produit dans une salle. Et si vous n’en voulez vraiment pas, faites en profiter la personne de votre choix. » Je lui adresses un sourire qu’elle ne verra malheureusement pas mais qu’elle sentira peut-être.
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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Sam 11 Mar - 21:12

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Rapidement, je l’entends se confondre en excuses bafouillées, et le ton de sa voix me permet de confirmer son sexe. Vient ensuite un touchant compliment, auquel je réponds par une blague légère. « Merci ! Ce n’est pas l’avis de mes colocataires, puisqu’elles m’expédient ici dès que je commence à jouer ! » Ce n’est en fait pas vrai, je ne les ai jamais entendues se plaindre, mais je sais ô combien les murs de la résidence universitaire sont fins, et je n’ai pas envie d’augmenter davantage la pollution sonore du bâtiment. Et puis, j’aime bien jouer en plein air. À ma main tendue ne répond-il qu’en déclinant mon offre. « Eh bien justement, la personne de mon choix se tient juste devant moi. », ironisé-je gentiment. Mais puisqu’il ne paraît pas s’avancer davantage, je ne compte pas rester très longtemps la main tendue ainsi, et je finis par soupirer. « D’accord, mais si vous changez d’avis… » Je lâche les morceaux de métal juste au-dessus de ma caisse que je sens au bout de mon pied, en espérant que ça tombera là où il faut et pas à côté… Oui, bingo, j’entends les pièces rebondir sur le velours tendu et cliqueter entre elles. Je m’attends à prendre congé, mais je n’entends toujours pas ses pas s’éloigner. Finalement, je me décide à parler. « Vous êtes là depuis longtemps ? » Enfin, longtemps est une bien belle expression, sachant que je ne dois pas être ici depuis plus d’un quart d’heure. Mais on se comprend. « Vous aimez la musique ? Je veux dire en général, pas forcément la mienne. » Ce serait des plus égocentriques, si je n’avais pas rajouté la dernière phrase. Mais tout de même, la réponse m’intéresse. À croire qu’il m’en faut bien peu pour commencer à aborder des inconnus, maintenant – mais peut-être n’est-ce pas plus mal…



[HRP] Parce que je suis un boulet:
 

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Lun 13 Mar - 20:13

Je me mets à rire, sans doute un peu bêtement, en repensant à Lily, ma colocataire un brin déjanté. « On devrait faire un échange dans ce cas. La mienne est professeur de danse classique mais écoute du rock, volume au maximum. » De quoi me casser les oreilles et me donner envie de l’envoyer au parc. Si seulement elle pouvait mettre des choses douces, ou même au pire, de la variété américaine, je la laisserais augmenter le volume sans râler. Puis, nous en venons presque à nous battre pour quelques centimes, ce qui pourrait être drôle avec du recul. Elle finit par accepter, à force d’arguments et lance les pièces dans sa valisette. Il n’y en a qu’une qui tombe à côté et discrètement, je me baisse pour la ramasser et la mettre avec les autres, sans un bruit. C’est en me redressant que je réponds à sa question suivante. « Je dirais cinq minutes. Combien de temps durent vos morceaux ? » Si je lui demande cela, c’est pour calculer plus précisément, car j’ai toujours aimé les choses précises. Tout ce que je sais, c’est que j’ai pu reconnaitre deux morceaux différents dont les rythmes n’avaient rien à voir l’un avec l’autre. « Disons qu’elle a bercé mon enfance. Il n’y avait que la musique classique pour calmer ma mère sur la fin de sa vie et lui faire oublier la douleur. » Je n’ai pas mentionné qu’elle était atteinte d’un cancer mais tout dire, cela n’était même pas venu dans mes pensées. « Du coup, pour moi c’est la même chose. J’ai l’habitude d’en écouter le soir avant de me coucher par exemple et c’est le meilleur moyen pour que j’ai un sommeil tranquille. » Je ne cesse de sourire. « Vous permettez que je m’assois ? que vous puissiez me jouer un autre morceau si vous en avez envie bien entendu. » Peut-être pas tout de suite, elle choisira. J’attends son approbation avant de passer à l’acte et une fois installée, je lui demande à mon tour. « D’où vous est venu l’envie de jouer du violon ? Ce n’est pas un instrument très répandu parmi la jeunesse américaine. »
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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Ven 17 Mar - 19:10

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Sa remarque m’arrache un petit sourire amusé. « Je me demande si ses goûts se retrouvent dans les musiques de ses ballets, auquel cas ils doivent être rudement surprenants. » J’explore ma mémoire pour me figurer ces spectacles, mais comme toujours il ne reste plus que des fantômes aux contours indéfinis, des bribes d’images. Les corps cambrés des jeunes filles élégantes, une cascade de mouvements, des bras tendus jusqu’au ciel. Je secoue la tête doucement, renonçant à retrouver leur trace. Une minute et des centimes après, nous nous retrouvons à parler de musique. Je penche la tête, pensive. Je ne me souviens même plus trop les morceaux que j’ai sortis ; vient un moment où les doigts supplantent l’esprit et jouent d’eux-mêmes. C’est durant ces moments-là que j’apprécie le plus mon instrument, mais il se fait que je ne suis plus très concentrée non plus. « À vrai dire, je ne sais pas trop. Ils doivent probablement durer autour des deux, trois minutes. Je les dirais assez courts comparés aux sonates et autres. » Je continue à le questionner ensuite, et il m’explique brièvement à quel point ça l’a aidé par le passé. Je tique à la mention de la mort de sa mère, en étant instinctivement peinée pour cet inconnu qui m’est bien agréable. « La musique a parfois ce pouvoir-là… » je murmure, plus pour moi-même que pour lui. Il est vrai que je pourrais presque dire la même chose, ou plutôt qu’elle m’a empêché de couler. Il continue ensuite, et à la façon dont il parle, je peux presque entendre un sourire dans sa voix. Les gens n’en n’ont pas conscience, mais le moindre vacillement, les moindres silences brefs ou saccades d’une parole peuvent en dire bien plus long que les mots en eux-mêmes. « Je suppose alors que votre répertoire musical n’est pas celui de votre colocataire dans ce cas. » rigolé-je, m’imaginant un bref instant cet homme plongés dans un profond sommeil, avec le rock hurlant à ses oreilles. Non, impossible. Sa demande me tire un instant de cette scène mentale. « Oui, bien sûr. » Je cherche à tâtons ma canne au fond du banc, et me débrouille pour la faire reposer sur ma caisse. Son parfum m’arrive en bouffées quand il s’approche, et je l’entends s’installer au fond de la banquette. Sa question suivante me fait sourire. « Oui, il est vrai que rares étaient mes amis qui osaient brandir ces instruments. » J’évite de rajouter que rares étaient mes amis tout court. « J’étais petite quand j’ai commencé, huit ans il me semble. Une fille m’a fait découvrir ce merveilleux son, et sans vouloir rentrer dans les clichés, je n’ai plus su par la suite m’en défaire. Je dis souvent ne jamais avoir eu de coup de foudre, excepté peut-être pour le violon. » Certains se moquent et ricanent quand je leur explique ça, mais il s’agit de la vérité. Le souvenir est encore frai dans ma mémoire, même si cela commence à remonter. « À quoi ressemblez-vous ? » je demande soudain en changeant  totalement de sujet comme j’en ai le talent. Même si cela ne m’avance pas beaucoup, j’aime bien savoir comment mes interlocuteurs ressemblent, ou du moins comment eux se voient.



HRP:
 

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Mer 22 Mar - 10:48

« Je ne saurais le dire pour tout vous avouer. Je ne l’ai jamais vu danser et encore moins dans un ballet mais si tel est le cas, je partage votre opinion. » Oui, notre colocation est si récente que nous n’avons pas tellement abordé le sujet, même si cela est triste à dire. Il faudrait que j’y pense, que je lui demande une démonstration à Lily. Cela lui ferait sans doute plaisir en plus que je m’intéresse davantage à son métier. Ce soir, au diner, j’essayerais d’y penser. Cela me rappellerait tellement l’unique ballet que j’ai vu de ma vie, il y a de cela sept ans, pour fêter nos un an de mariage avec Jiya. C’était un moment mémorable, un des plus beaux souvenirs que je garde de toutes ces années ensemble. Nous nous étions promis d’y retourner mais l’arrivée de notre fils peu de temps après nous a empêché de concrétiser ce rêve. J’avoue ne pas avoir pris le temps depuis de remettre les pieds dans un théâtre ou un opéra. « Dans ce cas, je devais être là depuis environ 5 minutes. » J’explique avec calme. Le temps m’avait tellement semblé s’arrêter que j’aurais juré être présent depuis une éternité, ou en tout cas, bien plus longtemps. Et puis, j’aborde un sujet plus sensible, sans intention de m’apitoyer sur mon sort. C’était une manière d’illustrer ma vie et la place de la musique dans cette dernière. La mention de ma mère défunte me fait sourire et je ne peux qu’approuver les sages paroles de ma camarade. Je hoche alors la tête en silence. Puis, dans les instants qui suivent, je me mets à rire, un rire léger plutôt sonore néanmoins et totalement naturel. « Non, pas vraiment ! » Je m’exclame alors avec vigueur, repensant à la surprise que j’ai eu quelques jours plus tôt en rentrant chez moi alors que Lily, debout sur le canapé, se déhanchait sur du Linkin park. Définitivement pas mon style, mais la différence entre les gens est ce qui rend nos rapports avec les autres si intéressants selon moi.

Bientôt, je m’assois à côté de la belle. J’ai envie que cet instant de volupté se prolonge et qu’elle me transporte une nouvelle fois dans son univers, même si je n’oserais pas lui demander. Le sourire sur mon visage ne me quitte plus. « Une véritable histoire d’amour en effet, et une qui ne vous fera sans doute jamais mal au cœur. » Cette référence me fait rire tout seul, bien qu’elle n’ait pas grand-chose de drôle. « Cela n’a pas dû être évident tout de même d’apprivoiser l’instrument sans le voir. » Je me permets de demander, espérant ne pas me montrer trop impoli tout de même. Puis, la voilà qui me pose une question totalement inattendue. C’est sans doute la première fois qu’on me demande cela d’ailleurs. Surpris, je me demande ce que je vais bien pouvoir lui répondre mais les paroles viennent finalement assez naturellement. « Je suis métissé au niveau de la couleur de peau, assez clair tout de même. Je suis grand, environ 1.80m et j’ai les cheveux bruns, très courts mais bouclés. J’aime penser que je dégage un certain charisme et une certaine confiance en moi. » Je me surprends à avouer. « Et je suis ni trop gros, ni trop maigre. Dans la moyenne. » Je ne sais pas si c’est le genre d’explications qu’elle attendait cependant…
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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Dim 9 Avr - 16:12

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« Une véritable histoire d’amour en effet, et une qui ne vous fera sans doute jamais mal au cœur. » Je souris. « Jamais entendu parler d’une quelconque tragédie en effet ! Si j’en suis la victime toutefois, je vous en ferai part. » Je m’amuse à lui confier, avant qu’il ne reprenne. « Oh, il s’agit juste d’une façon différente d’agir. C’est comme pour beaucoup d’autres choses ; il faut s’habituer à ne plus voir les poteaux arriver, s’habituer à se les prendre puis s’habituer à les contourner sans se les prendre. Méthode assez efficace. » C’est un exemple frappant et ridicule, bien que pour ma part il ait été tout à fait véridique, malheureusement. La discussion dévie ensuite sur un tout autre sujet, et il répond précisément à ma question, bien plus en réalité que la plupart des gens. Je souris. « Que de détails ! Merci. » Je ne doute pas une seconde de la partie charisme et confiance en soi de son petit laïus. Avec le temps, j’ai appris à déceler plus que ce que les gens n’en disent, appris à deviner ce qui se cache derrière les mots et les intonations. C’est une aptitude fort pratique dont je ne parle pas beaucoup, car certains se braqueraient et se méfieraient, bien qu’il y ait peu de chances à mon avis que celui-là fasse partie de ce groupe. « J'arrive à peu près à vous représenter, mais je devrais vous avouer que les couleurs ont tendance à se confondre dans ma tête, et ce depuis quelques années déjà. Au plus j’essaie de m’en souvenir, au plus elles me fuient. » Je soupire un peu et me cale dans le fond du banc. Je suis assez petite – une des seuls aspects de mon physique dont je sois sûre – et ma nuque arrive à peine sur la planche la plus haute du dossier. Drôlement inconfortable. « Le plus étrange, c’est que je ne suis pas vraiment dans le noir. Je veux dire, je ne vous vois pas, ni vous ni le parc, mais j’arrive à saisir… des ombres. » Des fantômes indécis qui se découpent vaguement dans la mer de gris, le soleil qui frappe ma rétine et qui m’engloutit d’une lumière crue. Pas d’images, plutôt des impressions.

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Lun 17 Avr - 19:30

Sa réponse me fait doucement sourire. Je m’aperçois qu’elle a le genre d’humour que j’aime chez une femme, mélangé à une simplicité exemplaire. Peut-être est-ce que je me trompe mais c’est l’impression qu’elle me donne en tout cas. « Je suppose que personne ne peut imaginer tant qu’il ne le vit pas. » Constatation logique, comme la plupart des choses que je dis et que je fais. « J’ai vu des expériences à la télévision où on bandait les yeux de personnes pour leur faire comprendre ce que c’est que d’être aveugle. Les résultats étaient assez… étonnants. » Le ressenti de ces personnes et la manière dont ils décrivaient l’expérience m’avaient beaucoup touché et comme bien d’autres choses, je m’étais promis d’essayer, au moins une fois dans ma vie, sans en avoir le temps jusqu’à présent, d’autant plus que cela n’était pas une de mes priorités jusqu’à maintenant. « Je m’excuse. Je ne voulais pas paraitre déplacé. » Face au handicap, il est toujours difficile de savoir comment réagir, bien que cela soit la plupart du temps inutile de se poser la moindre question. Malheureusement, il y a toujours quelques incorrigibles qui prendront mal la moindre remarque, d’où le fait que je préfère être prudent dans mes paroles.

Je finis par me décrire avec les détails qui me semblent les plus importants, les plus banaux également. C’est sans doute comme cela que je me serais décris sur un site de rencontre si j’y étais inscrit, également. Finalement, la jeune femme m’en dévoile un peu plus sur son handicap et je l’écoute attentivement, cherchant mes mots pour lui répondre. « Je ne peux malheureusement imaginer ce que vous vivez. » Un sourire compatissant se lit sur mon visage, alors que j’aurais aimé pouvoir comprendre. Je n’ai aucun sentiment de pitié néanmoins, jugeant que chacun à ses propres maux qu’ils soient plus ou moins visibles, plus ou moins contraignants. Pour ma part, c’est la perte de mon fils qui me chagrine à chaque instant. Une épreuve d’un tout autre genre qu’il faut pourtant surmonter. « Je déduis de vos paroles que vous les voyiez avant ? » Je parle des couleurs bien entendu. J’imagine que c’est tout de même une chance de discerner les ombres. Sans doute que d’autres n’ont pas cette chance. « J’imagine que cela doit être frustrant pour vous, de perdre des facultés. » Comment est-ce que je réagirais si cela m’arrivait ? « Dans un autre registre, sans avoir perdu une partie de mes capacités ou de mon corps, c’est mon fils que j’ai perdu. Cela m’a comme arraché une partie de moi. Alors même si c’est tout à fait différent comme situation, je peux essayer de me mettre à votre place. »
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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Mer 19 Avr - 2:42

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Je rigole à son anecdote. « Oh oui, je les imagine bien tous ! J’espère qu’ils avaient pris leurs dispositions pour ne pas les mettre dans des situations… embarrassantes. » Entendez par là des hommes qui se tapent contre les fauteuils du plateau, d’autres s’égarant dans le publique, un enfant qui s’échoue sur les genoux du présentateur… Une multitude de moments cocasses, beaucoup plus amusants à vivre pour le téléspectateur que pour l’aveuglé bien évidemment. Mais je me doute qu’il ne s’agit pas de ce genre d’expériences car ce serait assez peu productif.
Il m’offre des excuses ensuite, mais je les balaie d’une main insouciante. « Ne vous gênez pas pour si peu ! Je me suis revue à mes premiers moments gênants, quand je tombais sur les genoux de la femme d’en face dans le train par exemple… » J’étais tombée tête la première dans son journal, pendant que ma mère se répandait en « désolés » précipités. Nous changeons bientôt de sujet, parlons de physique, mais je me retrouve bientôt à nouveau à reparler de couleurs et d’handicap. D’habitude ce genre de conversations me rebute, mais il faut l’avouer qu’il a l’intelligence qui me plaît, cette simplicité et cette curiosité toute dépourvue d’intérêt malsain. Il m’avoue ne pas pouvoir me comprendre, et je lui sers en guise de réponse un petit haussement d’épaules doublé d’un sourire poli. Ce n’est pas le premier qui ne pourra pas, parce qu’il ne l’a jamais vécu, parce qu’on ne comprend pas avant d’avoir « vu » avec ses autres sens. C’est toute une autre façon de percevoir, et je suis persuadée que l’aveugle d’en face, si je puis dire, ne l’expliquera pas de la même manière. L’un développera plus l’odorat, l’autre se fiera plus facilement aux mouvements qui l’entourent. Je m’absorbe dans les sons environnants pour ma part. Je continue de parler, en repassant aux « couleurs », aux ombres surtout. Il en déduit des choses très justes. « Gagné. Je devais avoir une demi-douzaine d’années quand ma vue s’est altérée. » Avant ma deuxième année de primaire, puisque je n’avais pas encore commencé le violon. Mais le détail des mois se fait vague. « Oh, ça fait longtemps maintenant. Je m’y suis habituée. Mais je suppose que ça doit être comme quand on se rend compte en grandissant qu’on ne peut plus se précipiter dans la piscine de boules dans une aire de jeu, parce qu’on n’a plus l’âge. En un peu proéminant, comme problème. » Oui, en beaucoup plus majoritaire.
La discussion dévie, et il m’avoue la perte de son fils, que j’apprends avec une certaine peine. Bien évidemment pas avec la même profondeur que j’aurais eue pour un proche ami, mais celle accordée avec empathie. Empathie pour cet inconnu qui, semblant assez jeune, a pourtant déjà connu le deuil d’un des êtres les plus aimés. Le temps d’un instant, je m’imagine ce que ça fait de se fermer la porte sur son enfant, de lui dire adieux et de refermer sur lui une boîte de pin. Enfin, j’essaie. C’est comme pour lui avec mon handicap je suppose, on ne sait pas vraiment comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu.  « Je présume que ça doit tout autant déboussoler, si pas plus. Je suis désolée pour votre fils. » je fais un long moment après, à voix basse, douce, comme lorsqu’on s’approche d’un animal blessé. « À la manière dont vous l’évoquez, j’ai l’impression qu’il a dû se sentir aimé avec vous. » Vous : lui, son père et sa mère ; vous : lui et son père tout seul. Je n’en sais rien, ça n’a probablement pas d’importance ici. Il n’en n’a pas dit grand-chose, mais j’ai l’impression de reconnaître l’intonation des souvenirs qui font mal et bien à la foi, des choses qu’on ne dit pas à la légère. « Au final, je suppose que c’est pareil pour les deux. On a perdu quelque chose et il faut essayer d’avancer et ne surtout pas penser à ce qu’on aurait pu avoir, parce qu’aussi non c’est à rendre fou. Je pense que c’est ce qu’on appelle faire son deuil. »

Tout d’un coup j’étouffe, à parler de mort, de cécité, de perte, et j’éprouve une furieuse envie de me bouger un petit peu. Je me redresse légèrement, souffle un coup. « Je vous propose de ne plus en parler. Qu’aimez-vous comme morceau ? Précis, que je puisse voir si je peux vous retrouver les notes. » Je lui demande tout en secouant un peu mon violon, pour réactiver mes doigts. Question bien vaste que je lui pose, je suis au courant, mais il faut dire que j’ai un petit stock en rayon. Tout en espérant qu’il ne me sorte pas de pièces inconnues.

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Mar 25 Avr - 8:07

« Oui ! » Je m’exclame aussitôt avec vigueur, amusé. « C’était vraiment bien fait en fait, comme une sorte d’expérience à la fois humaine et scientifique, et pas juste dans le but d’épater ou faire rire la galerie. » J’ai cru deviner où elle voulait en venir avec son histoire de situations embarrassantes et je tiens à préciser davantage du coup. « Au départ, c’était dans un simple couloir d’hôpital, vide, et dès que les participants étaient ‘acclimatées’ disons, les choses étaient légèrement plus corsées mais toujours dans des lieux clos au public. La deuxième pièce, on leur a montré, la troisième, expliqué verbalement comment elle était et pour la quatrième, ils étaient vraiment en situation réelle. » Au final, le degré de difficulté augmentait petit à petit, alors que pour une personne aveugle, le tout se fait souvent soit de naissance, soit plus brusquement que ce que je viens d’énoncer. Néanmoins, j’avais tout de même trouvé cela extrêmement intéressant, avec ma curiosité de scientifique.

Le fait de d’aborder ce sujet ne semble pas déranger la jeune femme et j’en suis ravi. Je souris alors qu’elle me raconte l’anecdote du train. J’imagine que cela n’a pas toujours été simple dans sa vie et que comme les personnes de l’expérience, elle s’est pris des poteaux électriques ou des vitres en pleine figure, elle s’est cassée la figure sur des chaises, ou bien un trottoir. J’imagine que oui, il faut du temps pour s’acclimater à la canne et pour apprendre à faire d’elle son meilleur ami. Je n’ose pas demander ce qu’il s’est réellement parlé ce jour là, même si naturellement, je suis curieux, mais bien plus poli que curieux. Un jour, si nous avons l’occasion de nous revoir, et si je n’ai pas oublié d’ici là, peut-être que nous reparlerons de nos pires hontes, des anecdotes gênantes de notre vie qui, avec le recul nous font rire. J’hoche la tête en guise de répondre, par habitude, sans me dire sur le coup qu’elle ne le verra pas et je ne corrige même pas ce geste ensuite, même lorsque je m’en rends compte. Elle le verra peut-être, à sa manière.

« La piscine à boules, j’avoue que le jour où on m’a interdit de sauter dedans pour la première fois… »
Puis, je me mets à rire doucement. Il est vrai qu’on ne peut pas vraiment comparer les deux choses qui ont des conséquences totalement différentes, mais je vois où la belle blonde veut en venir. Puis, j’aborde mon fils, sans me rendre compte que mes paroles peuvent porter à confusion. Le mot « perte » était peut-être un peu fort pour notre situation et c’est ce que je comprends lorsqu’elle emploie le terme de deuil. Je m’en veux. J’aurais dû être plus précis. C’est le côté science qui prend la relève et qui m’empêche d’avoir un vocabulaire bien compréhensible des fois. Ma logique n’est pas toujours la même que les autres et il m’arrive d’être incompris. J’aime pourtant tellement la précision. Je décide d’en apporter un peu plus du coup, pour dissiper le malentendu. « Il… n’est pas décédé. » C’est étrange d’employer ces mots, et un frisson me parcourt alors, comme si cette éventualité était impensable. « Il vit avec sa mère, de l’autre côté du pays. Passer de le voir tous les jours à seulement quelques semaines dans l’année… C’est ce qui me donne l’impression de l’avoir perdu. Excusez-moi pour le malentendu. » Encore et toujours des excuses, à croire que je ne sais pas faire autrement. C’est peut-être le cas d’ailleurs étant donné que j’ai ce ‘problème’ depuis tout petit. « Ce qui est sûr c’est que oui, je l’aime plus que tout au monde. » Et avec cela, un grand sourire revient sur mon visage. Malgré la distance, malgré tout, parler de lui ou même penser à lui me rend le plus heureux du monde, la plupart du temps. J’en suis fier. « Et vous avez raison, nous n’avons pas d’autre choix que d’avancer. Je pars du principe que la vie est faite ainsi mais qu’elle nous réserve encore bien de belles choses pour le futur. » Il n’y a qu’à voir cette rencontre inattendue.

Puis, elle me propose de jouer un morceau, chose que j’attendais impatiemment, sans l’avouer. « Et si vous me jouiez tout simplement votre morceau préféré ? » Ce n’est peut-être pas ce qu’elle attend comme réponse mais cela me permettra d’en savoir plus sur elle de cette manière. Et puis, je ne suis pas vraiment difficile du côté de la musique classique.
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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Sam 29 Avr - 16:30

Do I look that desperate ?
ft. Raphael


[HRP: aller à 1 min de la vidéo pour passer l'intro]
Il m’explique toute la démarche de l’expérience, ce qui envoie bien loin mes images saugrenues d’émission bon public. « Eh bien, c’est bien organisé. Je dirais que ça correspondrait assez au vécu de certaines personnes, de celles dont la cécité est venue graduellement. Mais pour être tout à fait juste, je pense qu’elles ne sont qu’une minorité. » Je fait partie de cette minorité, vraisemblablement.
La discussion continue, continue, dévie, dévie, jusqu’à ce que je croies au trépas de son enfant. Il n’en n’est rien, et le rose s’étale sur mes joues ; son garçon n’est pas mort. Je me sens sur le coup horriblement gênée, comme à chaque mauvaise interprétation des paroles de quelqu’un. D’autant plus qu’ici, le sujet n’était pas aussi banal qu’une expérience d’aveugles ou une grande aire de jeux. « Je… je suis désolée, je ne voulais pas paraître…  indiscrète ? » Le dernier mot sort presque comme une question, parce qu’au fond je ne sais pas même ce que je voulais dire à la base. Je l’entends m’expliquer sa situation et sens tout doucement mon visage reprendre couleur normale. « Oh non, c’est ma faute ne vous excusez pas ! » je réagis à la fin.
« Je ne dirais pas qu’il a de la chance, mais avoir un père aimant est une chose précieuse. » Je n’aimerais pas imaginer ce qu’aurait été ma vie si mon père était reparti – ou si ma mère avait décidé de se faire la belle. Le vide que ça aurait été. De passer de mes parents à ma mère ou mon père. Il ajoute au milieu de la conversation une réflexion sur le futur et je lui souris, simplement, confiante. De belles choses pour l’avenir. Il n’y a plus qu’à espérer.
La discussion dévie, de par mon fait, et je lui lance l’idée de lui jouer quelque chose. Au lieu de me suggérer un morceau, je me retrouve avec le choix de mon préféré, ce qui n’est pas vraiment aisé dans la mesure où… eh bien, j’en ai beaucoup. Cependant, je me décide assez rapidement sur une ancienne pièce, du temps où j’avais encore cours avec mon ancienne professeur. La première que j’ai réellement exploitée à fond, parce qu’il faut bien des années en général pour s’approprier suffisamment l’instrument et en tirer un son tel qu’on se l’imagine, délicat, nuancé, "parfait". Je n’échappais pas à la règle. « Eh bien, je ne sais pas si c’est mon préféré, mais du moins l’apprécié-je particulièrement. » Je me lève et m’avance d’un pas en oblique sur ma droite, parce que le début demande une amplitude de bras assez grande et ça me gênerait d’offrir mon coude à cet homme… dont je ne connais toujours pas le nom, en viens-je à penser.

Cela commence lentement, d’une note que la caisse retient longtemps avant de la lâcher enfin, entière. Les sons divaguent alors que la main plonge et s’envole périlleusement sur une unique corde, en extirpe tout son potentiel. Yeux fermés, comme pour protéger l’intimité de ce début. Dans la partie suivante, les doigts s’emmêlent, les doigts jouent à saute mouton, font la course sur la touche longue et lisse. L’archet sautille et les cordes frémissent, les notes se bousculent et tintent comme un millier de perles rebondissant sur un sol marbré. Je n’ai pas besoin de penser, tant la partition est connue, la mélodie naturelle, et je ferme les yeux alors que le morceau va. La partie des harmoniques, que je redoutais tant lors de mes débuts, est aussi légère que si les notes étaient portées par l’air, à peine perceptibles, exquises. Elle ne dure pas, cependant, comme si autant de fragilité ne pouvait durer éternellement. La chevauchée des doigts agiles sur les cordes reprend bien vite. La pièce touche à sa fin et le violon est conquérant, les sons forts et vainqueurs ; le final, éclatant.

Je laisse bien passer quelques secondes de répit après avoir fait courir une dernière et longue fois mon archet, un léger sourire aux lèvres. Finalement j’atterris enfin sur terre, où le parc reprend forme tout autour de moi, avec son odeur d’herbe fraîche et humide et son souffle de vie qui parcourt sa surface. Je repense à la raison pour laquelle j’ai commencé à jouer, et mes pensées se concentrent sur l’homme. Il est toujours là, n’est-ce pas ? « Vous aimez ? » je lance en l’air, comme souvent. « C’était Czardas, composé par Monti, peut-être connaissiez-vous ? » C’est probablement le cas, car en général les gens retrouvent très vite la saveur de ce morceau, sans pour autant le reconnaître instinctivement.

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Dim 7 Mai - 17:33

Je hoche la tête, écoutant attentivement les explications supplémentaires que la jeune femme m’apporte. J’ai toujours aimé tout comprendre du monde, étudier. Mon rêve serait d’être omniscient mais j’ai bien conscience que ceci est impossible. J’aurais beau passer toute ma vie à me cultiver, j’aurais toujours des domaines que je ne maitrise pas. Du coup, je me focalise sur mes domaines de prédilection, comme tout le monde j’imagine. La cécité, c’est un domaine que j’ignore profondément en dehors de cette émission dont je parle depuis quelques minutes désormais alors évidemment, toute information digne d’intérêt est bonne à prendre. « Oui, sans aucun doute. » Un sourire m’échappe.

« Il n’y a vraiment pas de quoi vous excusez, ne vous en faites pas. C’est moi qui aurais dû donner plus de précisions. Je suis le roi pour en donner pourtant d’habitude. »
Je me sens gêné. Le trop plein d’émotion lié à ce sujet sensible m’a fait perdre ma logique implacable. Je finis par les apporter les précisions d’ailleurs, pour rattraper le coup. Et lorsque la jeune femme s’excuse de nouveau, je me contente de sourire. Inutile de débattre sur une chose aussi futile non ? « C’est sûr qu’il aurait pu tomber sur pire que moi. » Sa réflexion me fait sourire, parce que ça me fait du bien d’avoir ce genre de remarque et d’être rassuré sur mon rôle de père, même si au fond, elle ne connait pas Simon et donc que ce n’est sans doute que par politesse qu’elle m’a dit ça.

J’attends impatiemment ce nouveau morceau, ayant particulièrement hâte d’être transporter de nouveau et dès que la jeune femme se lève et glisse son archer le long de l’instrument, je ferme les yeux pour profiter au maximum. Rapidement, je les ouvre de nouveau et l’observe. Elle est majestueuse avec son violon à la main et j’ai comme c’est impression d’être face à une virtuose. Elle me fait penser à un oiseau, prêt à s’envoler. Magnifique avec sa chevelure qui navigue au gré des notes. Ma main rejoint mon cœur sans que je n’y réfléchisse. Musique classique et rapide, une forme de joie s’en ressent. « C’était… » J’en perds mes mots de par l’émotion. « Parfait. » Oui, comment décrire les choses autrement ? La langue anglaise n’est pas assez étoffée pour décrire pareille situation. « Je n’avais jamais entendu cette composition. » Il faut dire que l’art de la musique classique est tellement vaste que j’ai toujours commencé par les plus grands, les plus connus des musiciens. « Bien qu’elle me rappelle tout de même quelque chose. » Oui, j’ai tout de même un air de déjà vu que je ne comprends pas. « Vous le maitrisez parfaitement en tout cas. » Je regarde mes mains, me disant qu’avec des doigts un peu moins gros, un peu plus souple, j’aurais peut-être réussi à jouer d’un instrument. Il aurait aussi fallu que mes parents aient davantage de moyens et ça, ça aurait définitivement bloqué.

« Est-ce que vous venez souvent jouer dans le parc ? Ou est-ce que vous faites des représentations quelque part ? J’adorerais vous réentendre un autre jour si vous me le permettez car je ne vais pas vous déranger toute la soirée tout de même. »
Je souris doucement. Je ne voudrais pas paraitre déplacé.



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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Mar 9 Mai - 0:35

Do I look that desperate ?
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L’homme met quelques secondes à me répondre, et ses bredouillements m’arrachent un petit sourire. Oh pas méchant non ! Plutôt celui timide de la fille effarouchée qu’on guide vers les lumières, mais qui y prend tout de même plaisir. Ce n’est pas vraiment mon genre de me gausser pour un rien ni de dévaloriser mon travail, et pourtant cela fait toujours plaisir. Surtout en ce qui concerne ce morceau, tout particulier à mon cœur. Mon compagnon des dernières vingt minutes reprend la parole et je hausse légèrement les sourcils, étonnée – mais pas tant que ça. Il se reprend, et je manque de hocher la tête. « Oui, c’est en général l’impression que ça laisse ! » je fais en souriant. Le compliment qu’il m’adresse ensuite encore une fois me fait plaisir, mais je me fais le regrettable devoir de le nuancer. « Parfaitement je ne pense pas, mais… disons que ça fait tellement longtemps que je l’ai dans les doigts qu’ils pourraient nous le jouer tous seuls. » Ce qui a d’ailleurs presque été le cas. Il est des fois où je me contente de mettre en pilote automatique, ou des fois où je me laisse bercer par la musique pour reprendre des termes plus appropriés. Même si au final ça revient au même il me semble. De toute manière je n’atteindrai jamais la perfection, alors autant tirer un maximum de plaisir de la route jusque cette douce chimère.

L’homme me demande ensuite si je me produis et je suis un peu interloquée qu’il me le demande, avant de me rappeler qu’à part discuter de musique, de cécité et de pertes diverses et variées nous n’avons rien abordé de plus. Il ne sait donc toujours pas que je passe la majorité de mon temps en cours et à répéter, même si effectivement j’ai une ou deux fois eu l’honneur de pouvoir partager ma musique. « Eh bien… pour tout dire, je dois vous avouer que de façon générale, le seul public qui daigne m’écouter sont les étudiants de l’université et ses enseignants de musique. » Une date me revient en tête soudainement, et je m’aventure à la lui donner. « Mais sinon, je viens de me rappeler que je participe à un concert dans une vingtaine de jours… le 25 mars si je me rappelle bien ? Je vous donnerai les coordonnées si vous voulez. » Je suis bien piteuse de ne pas pouvoir lui en dire plus, parce que le programme mis à part, je serais bien en peine de me souvenir d’une quelconque information sur cet événement ! Et je n’ai pas la feuille sur moi, évidemment…
Je hausse les épaules, en me disant que je trouverai bien une façon de lui communiquer tout ça s’il désire vraiment venir. Et encore une fois, la négligence dont nous avons fait preuve me saute au visage. Je lui souris, amusée. « Sinon… je m’appelle Albane. Hollander. » Il est assez rare que je donne mon nom de famille avec, et pourtant il aura plus de chance de me retrouver ainsi. Pas que je l’en oblige pour autant cependant. « Et vous, monsieur l’inconnu féru de musique classique ? » Histoire d’apposer un nom à cette conversation haute en idées.

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Lun 15 Mai - 18:56

Je ne suis donc pas mieux que monsieur tout le monde avec mes commentaires bien trop généralistes, et cela me laisse un gout amer en bouche. Je n’ai jamais aimé être comme les autres. Je ne prétends pas être mieux, ni moins bien d’ailleurs, mais j’aime avoir mes particularités, être unique en mon genre. Je pense qu’on m’a tellement fait remarquer au cours de ma vie à quel point je peux être bizarre avec mon appétence pour la science, la finance, la logique, et j’en passe… que j’ai dû finir par m’y habituer. Je me contente alors de sourire poliment, même si elle ne me voit pas. « Ne vous dévalorisez pas. N’importe qui ne peut pas la jouer aussi bien. Et puis, vos doigts ne mettent pas l’émotion, c’est votre cœur qui le fait. » Je crois ce que je dis. Il y a tellement d’émotions, de sensations, qui s’échappent alors qu’elle joue, une sorte d’aura qui vient la recouvrir jusqu’à gagner le cœur des autres. Et ça, le plus parfait des violonistes ne parviendra pas forcément à le faire.

L’université, un autre lieu que je connais bien, pas parfaitement étant donné que j’y suis professeur depuis quelques mois uniquement mais j’apprends à découvrir avec avidité ces lieux plein d’histoires. Je suis surpris, même si je ne devrais pas l’être. J’avais imaginé la jeune femme au conservatoire, peut-être plus vieille que ce qu’elle est réellement.  Ou bien est-elle professeur à l’université mais pour le coup, elle me semble trop jeune pour cette option. Sans vouloir paraitre indélicat, je décide de poser la question afin d’en avoir le cœur net. « Vous y étudiez ? » Etrange de se rencontrer dans ce parc alors qu’il y avait 1000 fois plus de chances que nos chemins se croisent à la faculté d’Austin. Le monde est bien fait parfois, malgré des coïncidences plutôt troublantes. « 25 mars ?! » Je répète comme si je voulais vérifier que je n’ai rien de prévu alors qu’il est plus qu’évident que mon planning est entièrement libre pour tous les mois à venir. « Ce serait avec grand plaisir. » J’imagine qu’elle ne sera peut-être pas seule sur scène mais quoi qu’il en soit, je risque de n’avoir d’yeux que pour elle, pour son violon et ses doigts qui se faufilent le long de l’instrument.

Puis, alors qu’elle se présente, je me sens particulièrement honteux. « Oh oui, toutes mes excuses. Je me présente toujours d’habitude… » J’émets une grimace avant de me reprendre. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux tard que jamais ? « Raphael Blaxtone. » Un large sourire se dessine sur mon visage. « Rien d’aussi mélodique que la musique mais de ce côté-là, mes parents n’avaient pas beaucoup de goût. » Je me mets à rire cette fois, de bon cœur.
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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Lun 22 Mai - 1:38

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Je lui souris, touchée malgré tout. N’est-ce pas ce à quoi la musique aspire ? Faire ressentir les sentiments, les sensations de l’artiste ? Extérioriser ce que les mots ne peuvent pas énoncer ? Je me suis renfermée sur moi-même quand j’ai commencé à perdre la vue, et le violon a été ce qui m’a permis de ne pas m’emmurer dans le silence. Ou dans la dépression, au choix.
On retourne sur des sentiers plus habituels, et il me demande si je suis étudiante. Question assez habituelle je dois l’avouer, parce qu’il semblerait que mes traits fassent plus jeunes que mon âge.  « Oui, en musique – qui l’eut cru. C’est ma deuxième année à l’université. » C’était tout indiqué pour moi, parce que je vis dans cette ville depuis ma tendre enfance et avec ma cécité, il valait mieux rester dans des endroits connus. Ce n’est pas demain la veille que j’entreprendrai un tour du monde. Cependant, le ton sur lequel il m’a posé la question m’interpelle, comme s’il voulait vérifier quelque chose qui le concernait personnellement.  « J’ai l’impression que, quant à vous, vous y enseignez… ? » je me risque à demander. Outre ses dernières paroles, ça peut être le cas. En tout cas, il en aurait l’attitude.

Un concert à venir me revient d’une façon fulgurante en mémoire et je lui communique la date. Il y réagit vivement et ça m’arrache un petit sourire amusé.  « Oui, ce jour-là même. Si votre agenda vous le permet. » J’ignore les activités que peut avoir un professeur d’université, ni si sa vie personnelle est fort chargée. Mais je suppose – sans égocentrisme quelconque – qu’il aimera se ménager une place pour de la musique. D’ailleurs, je ne serai certainement pas la seule sur scène – une poignée de musiciens assez divers se disputeront les lumières des projecteurs.
« J’aime bien Raphael. Ça sonne bien. Ça sonne clair. » Je souris, un peu rêveuse. Même s’il ne trouve pas son nom très musical, j’aime bien. Albane, ça me rappelle toujours le nom du pays européen. Raphael, ça me rappelle l’archange de la bible.

Une goutte de pluie tombe net sur mon nez, et je relève la tête d’instinct, presque prête à recevoir un rideau fin d’eau sur la peau. Ça n’arrive pas évidemment, mais je fronce les sourcils.  « Est-ce qu’il va pleuvoir ? » je demande un peu. Une telle phrase ne trouverait pas sa place dans la bouche d’autres, mais dans cette situation ça peut paraître normal. Si le ciel commence à se débarrasser de son trop plein... « Je ferais probablement mieux de plier bagages. » Je ne sais pas si vous le saviez, mais le bois et l’eau ça fait deux. Je me baisse un peu et, à tâtons, je cherche ma caisse. Je finis par la trouver et y accrocher ma canne, délaissée le temps de la discussion. Je la mets sur le côté pour ranger avec vitesse mon instrument, en fauchant au passage la poignée de petites pièces froides que m’avait glissé l’homme au début. Violon dans son étui, archet et épaulière rangés, et le petit claquement sec du mécanisme de fermeture se fait entendre. Je me relève, bâton en main, fardeau sur l’épaule gauche. La sangle libre ballotte contre mon gilet. Depuis que j’ai quitté le banc, j’ai eu l’occasion de sentir quelques gouttes tomber encore et me prouver la justesse de tout remballer.  « Ca vous irait si je ne vous rendais pas votre monnaie, mais qu’on la dépensait dans un café ? » J’omets de préciser qu’à mon avis, ça ne sera certainement pas assez.  « Enfin, je ne voudrais pas vous accaparer non plus si vous avez quelque chose à faire. » L’étrangeté d’une étudiante de l’université proposant un café à un prof ne me passe pas du tout à l’esprit. D’un autre côté, cette relation d’enseignant à élève n’est pas vraiment de mise ici… si ?

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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Lun 29 Mai - 20:03

Je ne l’aurais pas deviné si elle n’avait pas fait part de son parcours puisqu’elle aurait pu faire la musique en dehors d’une université, comme beaucoup d’autres personnes. Je trouve ça tellement bien de pouvoir étudier, ou bien même faire toute sa carrière dans le domaine qui nous passionne le plus et j’avoue que de mon côté, je ne suis pas trop à plaindre de ce côté. Ce qui me passionne le plus dans la vie est l’apprentissage de la culture et quoi de mieux qu’un travail d’enseignant avec un accès illimité à une immense bibliothèque. Dans ces lieux, je suis comme au paradis, un peu comme il y a quelques minutes lorsque les doigts de la jeune femme parcouraient encore l’instrument. « Tout à fait, les mathématiques appliquées pour être précis. » La précision aussi, j’adore cela. Je n’ai aucune honte de ce que je fais mais pourtant, je vois bien dans le regard de la plupart des gens, une forme de surprise, voir même de peur lorsque j’annonce la matière que j’enseigne, comme si c’était tellement inhabituel que j’en devenais une forme d’extraterrestre.

Puis, je hausse les épaules quand elle me parle de mon prénom. « J’ai fini par m’y habituer. Il ne me déplait pas. » Je dis sur un ton très simple, très neutre, citant un fait auquel je n’attache pas particulièrement d’émotions. Je ferais en sorte d’être présent à son concert. Il faut que je le note avant d’oublier alors j’en profite pour sortir mon téléphone et je note toutes les informations fournies par la jeune femme.  25 mars. C’est tout ce que je sais au final mais elle m’a indiqué qu’elle me donnerait les coordonnées alors il serait impoli de ma part de la relancer sur ce sujet. Dans le pire des cas, l’information circulera sans aucun doute sur le net.

A sa question, je regarde instinctivement le ciel, et je me décide, sans trop y réfléchir, à être ses yeux le temps de quelques instants. « Le ciel est couvert, d’une couleur grisâtre plutôt clair. C’est une éventualité oui. » Je souris. Je n’ai rien contre la pluie, même si je préfère le soleil. Il ne faudra pas que son instrument s’abime en prenant l’eau tout de même. « Je vais vous aider. » Je lui indique sans vraiment lui laisser le choix. Je m’approche et mets la main sur la caissette censée recevoir l’instrument, qu’elle cherche des mains. Elle y serait arrivée seule, je m’en rends bien compte. J’ai juste voulu bien faire et au final, je n’ai servi à rien, mais peu importe. Du coup, je finis par me reculer et pas la laisser faire. C’est sans doute mieux ainsi. Quelques gouttes tombent encore, un peu plus insistantes. Il semblerait que même pour le temps, la blonde ait un sixième sens. « Avec plaisir. » L’une d’elles vient s’étaler au beau milieu du sommet de mon crâne rasé. « Maintenant ? » Encore une question inutile. Qu’est-ce qui me prend à être déstabilisé de la sorte. « Je connais un endroit à deux pas d’ici, plutôt calme à cette heure. » Je souris et je m’approche de la jeune femme. « Vous permettez ? » Je lui demande avant de passer mon bras sous le sien, en mode deux amis qui se baladent dans un ancien temps. « Je dois dire que je n’ai pas grand-chose de prévu les soirs de semaine. J’ai une colocataire chez moi. Mais elle sait parfaitement se débrouiller seule. » Je me mets doucement à rire. « Et elle n’a pas pour habitude de faire sa vie en fonction de moi d’ailleurs. Si cela se trouve, elle est même sortie. » Je raconte une partie de ma vie avec un certain naturel, en prenant le chemin vers le lieu que j’ai abordé quelques secondes plus tôt. « Vous vivez seule vous ? » Je pose la question, sourire aux lèvres, sans aucune curiosité mal intentionnée, il va sans dire.
Albane W. Hollander
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Bloc notes :

○ ○ ○ ○ ○

○ Aveugle dans une mer houleuse
○ Musicienne à la dérive sur son violon
○ Confidente à ses heures perdues
○ Mélancolique de toujours

○ ○ ○ ○ ○



○ ○ ○ ○ ○



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DERRIÈRE L'ECRAN
• PSEUDO: Tris
• ÂGE : Oh, sweet sixteen
• BLOC NOTE :


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Re: Do I look that desperate ? ≡ Raphael, le Ven 23 Juin - 14:46

Do I look that desperate ?
ft. Raphael


Il me répond être professeur, et son domaine me surprend un peu. J’aurais plus tendance à l'imaginer en littérature ou musique peut-être, quelque chose de plus artistique. Il est pourtant bien stupide de penser pouvoir cerner une personne qu’on connait depuis vingt minutes. Aussi hypocrite que de dire avoir vu une série alors qu’on en a vu que les deux premiers épisodes. « Mathématiques appliquées… Vous aimez le concret, n’est-ce pas ? » Je ne le juge en rien, trouvant de l’intérêt à sa matière. Mathématiques, maths. Transposer les chiffres et les calculs à des situations réelles. Une pensée me traverse. « La musique peut être considérée comme des maths appliquées, non ? Si on observe le son d’un point de vue… Scientifique ? Et en comptant le solfège. » Après tout, les noires, les blanches, les doubles et les points d’orgue ne sont que des fractions. Les tons et les octaves, des fréquences d’ondes. De ce que je sais. En fait je finis par secouer la tête, parce que je ne suis pas du tout sûre de ce que je dis. « Non, laissez tomber cette idée ! » Il ne reste plus qu’à espérer qu’il ne me prenne pas pour une sombre idiote ou que mes propos soient justes…

On passe aux présentations, enfin. Enchantée, Albane Hollander. De même, Raphael Blaxtone.  Raphael, dont il dit avoir l’habitude depuis le temps. Après tout, quel âge doit-il avoir ? « Alors il n’y a pas de souci. » Il n’aura pas à débourser des fortunes à la commune pour s’acquitter de son patronyme, pensé-je furtivement. Quoique je trouve vraiment capricieux les personnes qui y trouvent recours, comme des enfants gâtés et boudeurs à qui on a refusé leur troisième glace de la journée. Enfin, tout dépend évidemment des cas.

Il confirme la probabilité d’une pluie de mars, et je hoche la tête d’un air entendu. Il faudrait mieux remballer le violon dans ce cas. Je me baisse et, voyant certainement ma galère à trouver la caisse, Raphael me la tend avec bienveillance. Je lui adresse un petit sourire accompagné d’un « Merci. » tout simple, et trois minutes plus tard je suis debout avec l’instrument dans le dos et trois gouttes de pluie sur le nez. Just on time. Je lui propose un café, et il accepte avec plaisir. Il me prend délicatement le bras, et je sens sa présence juste à ma gauche. « Oui, oui. Ce sera plus facile pour nous deux je pense ! » Au moins n’aurai-je pas à me soucier de ne pas dévier du chemin, même si je fais quand même aller ma canne devant nous. Nous nous mettons en route, et il continue de parler. Au milieu de la tirade, il s’arrête un bref instant pour rire. « Vous n’avez pas peur qu’elle fasse profiter un peu trop de sa musique à tout le voisinage ? » je fais avec un petit sourire espiègle, pas sérieuse évidemment. Je ne les connais pas de toute manière sa colocataire, et écouter du rock volume maximum ne signifie pas le diffuser dans tout le village… Les écouteurs, ça existe. Raphael continue à parler et j’en apprends un peu plus sur cette femme. « Elle a sa vie, je suppose. »
Il me demande si je vis avec d’autres personnes, et mes pensées vont vers Lullaby et Aloy. « Non, ce serait difficile dans mon cas. Quand je ne suis pas chez mes parents, en semaine, j’habite à la résidence universitaire avec deux autres étudiantes. Elles sont super, vraiment, toujours prêtes à m’aider. » Un peu trop, même me passe par la tête, mais je ne l'avoue pas parce que ce serait ingrat. Vraiment. Il se fait que j’ai effectivement besoin d’elles plus que ce que je ne l’admettrai jamais, mais cette sensation de redevance m’insupporte. « Mais je dois avouer que ça doit probablement être plus calme chez nous ! Enfin, dans la mesure où un milieu bourré d’étudiants fêtards puisse l’être hein… L’université reste l’université. Avec toutes ses traditions estudiantines. » Entendez par là veilles jusqu’à pas d’heures et alcool à flot, même si la résidence n’en n’est pas le théâtre-même. Je souris ; rares sont les personnes studieuses cloîtrées chez elles en potassant leurs manuels jusqu’à l’aurore. Il est inutile de soumettre à Raphael que je ferais plus ou moins partie de ces personnes si une grande partie de mes études n’intégrait pas la pratique du violon.
« Vous regrettez vos années d’étude ? L’ambiance, les cours, la "simplicité" de ce mode de vie ? J’avoue que de là où je suis, moi, j’ai du mal à me projeter dans l’avenir. Quand j’aurai à me débrouiller par moi-même, sans l’aide omniprésente des parents. » Même si, après tout, je n’aurai probablement jamais à tout devoir gérer entièrement. Cécité oblige.

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▬ “I'M WISHING I could see that music lives. Forever. That it's stronger than death. Stronger than time. And that its strength holds us together when nothing else can.” ▬ By Tris

Do I look that desperate ? ≡ Raphael

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