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[17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste]


Swann Eberhart
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● On lui offre un job en or à New York.
● Elle a tenté de se suicider mais Lily lui a sauvé la vie.
● Elle vit chez Fred depuis sa sortie de l'hôpital.
● Elle est heureuse que Barth reste aux USA.
● Elle cherche un nouvel appartement, une nouvelle maison.
● Elle danse à nouveau.
● Elle crée son association et sa compagnie de danse.





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[17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Mer 1 Mar - 20:37


Fred était parti. Harvard. Ça ne se refusait pas. Je ne l’aurais jamais empêché de partir, jamais, si seulement il m’en avait parlé avant de dire oui comme si mon avis ne comptait pas. Comme si je ne comptais pas. Il n’avait même pas eu le cran de me le dire en face et la conversation avait dégénéré. Il était parti fâché. J’étais restée ici, fâchée.
« Quel enfoiré ! Si je le revois, je te jure que je lui fais avaler les touches de son clavier, une par une… Et je le pends avec les câbles de ses manettes ! » « Je crois que j’ai saisi Lily… » « Je comprends pas que ça te fasse pas réagir… Bon sang Swann ! » « Tu veux que je te dise quoi ? Que t’avais raison ? » Ma voix avait tremblé et Lily s’était radoucit aussitôt, consciente qu’elle était allée trop loin. « Pardon… C’est juste… » Elle était venue me prendre dans ses bras. « J’aurais préféré me tromper sur lui… » « J’aurais préféré aussi… »
On avait passé la soirée ensemble et au moment de débarrasser toutes les cochonneries qu’on avait grignoté devant un film débile, Lily tâtait le terrain. « Tu pourrais rappeler Logan… » « Non. » Elle ne comprenait pas ma réaction, du moins son côté catégorique. « Mais pourquoi ? » « Parce que je vais pas appeler Logan parce que Fred est parti. C’est pas parce qu’il s’est mal comporté que je dois courir dans les bras d’un autre dès le lendemain de son départ et le trahir en quelques sorte... » « Parce que tu crois qu’il s’est posé la question de savoir si ce n'était pas te trahir ou de ce que ça te ferait s’il partait à Harvard du jour au lendemain lui ? » Touchée. Je m’étais renfermée le temps de finir de débarrasser mais j’étais revenue sur le sujet. « C’est surtout pas juste pour Logan. Je le jette et je reviens juste parce que Fred est parti ? » « Mais tu n’irais pas le voir pour ça… Je le sais moi. Et je suis sûre que Logan n’en douterai pas… » « Je veux pas qu’il pense qu’il est un bouche-trou ou un substitut… Ce qu’il n’est pas… » « Il est quoi alors ? » « … Mon Pianiste. » Et il n’y avait que moi pour savoir exactement ce que ça voulait dire.

Ce vendredi-là, Lily avait appelé, en panique. « Swann faut que tu me sauves la vie ! J’ai besoin que tu me ramène… » « Non. » « Non ? Mais tu ne sais même pas ce que je vais te demander. » « Non, on est vendredi. » Elle était au conservatoire et je ne mettais pas les pieds là-bas les vendredis. « Mais on s’en fout de Logan là ! » « C’est pas ce que tu as dit toute cette semaine…» « Non… On s’en fout pas… On s’en fout pas du tout!! Juste… T’es pas obligée de le croiser mais purée Swann faut que tu m’apportes le dossier que j’ai laissé sur la table chez moi. S’il te plaît. Je te paye 3 mois de bonbons en échange et je promet de ne pas insulter Fred pendant 5.. 3 heurs ! Allez ! Je devais le donner au directeur et j’ai oublié de l’emmener ce matin. Il passe dans une heure, j’ai pas le temps de faire l’aller-retour ! J’ai un cours. Il va me tuer. Mon poste est entre tes mains. » « Aucune exagération bien sûr. » « Bon, peut-être pas mon poste mais j’ai vraiment besoin de ce dossier… » « Tu fais chier. » Et j’avais raccroché ce qui voulait dire que j’allais chercher ce fichu dossier chez elle pour le lui ramener.

J’étais arrivée au conservatoire 15 minutes avant l’heure du rendez-vous de Lily. J’avais pris la direction de la salle de classe de Lily, contournant le couloir où se trouvait la salle de répétition habituelle de Logan. « Oh mon dieu ! Je t’aime ! Je te l’ai déjà dit ? » Elle me fonçait dessus dans le couloir pour me prendre dans ses bras avant de me prendre le dossier des mains. « Pour me faire pardonner, je te paye un dîner… T’auras qu’à choisir où ! » « Non… C’est bon… » Elle commençait déjà à partir à reculons, de peur d’arriver en retard. « Mais si ! Je dois y aller mais tu m’attends ? ça ne devrait pas durer très longtemps… Un restaurant italien ! On ira chez Gina ! Je sais que tu adoooooooores ! » « On verra plus tard... » Elle n’avait plus le temps de débattre malgré ma réaction inhabituelle face à la proposition d'un dîner chez Gina, elle avait alors filé mais j’avais à peine traversé deux couloirs que je recevais un SMS « Passe le bonjour à Logan… »

J’avais effectivement décidé de passer par l’aile du conservatoire où Logan répétait habituellement et cette fois, je coupais la sonnerie de mon téléphone portable. Je crois que j’étais capable de reconnaître la musique quand c’était lui qui jouait et pas un autre. En entendant enfin son piano raisonner mon cœur avait loupé un battement. J’étais nerveuse jusque-là mais en écoutant la mélodie qui s’échappait dans le couloir, je me sentais comme à la maison, mais pas tout à fait à ma place encore. Je restais un moment juste à côté de la porte, fermant les yeux pour mieux l’écouter. Ses notes m’avaient manqué.  J’avais osé me pencher avant de me glisser dans l’embrasure de la porte. Trop absorbé par son jeu et sa musique, il ne m’avait même pas remarquée. Tant mieux, j’avais le temps de l’observer. Il m’avait manqué. J’en avais conscience mais de le voir à quelques mètres de moi remuait le couteau dans la plaie. Une petite voix dans ma tête me disait de faire demi-tour mais j’en avais marre d’écouter ma raison.

J’étais entrée doucement, sans bruit. Laissant glisser mon sac dans un coin près de l’entrée. Tout aussi silencieusement, je l’avais rejoint et sans savoir comment j’allais être accueillie, je venais m’asseoir à côté de lui, sur son banc. J’avais longtemps fixé ses mains avant de relever le regard doucement vers lui sans dire un mot, pour ne pas interrompre la musique. J’avais l’impression de respirer un peu mieux pour la première fois depuis quelques jours. J’étais là. Cette fois, j’étais à ma place.

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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Mer 1 Mar - 23:12

La musique coulait de ses doigts, remplissant le silence, versant de l'eau sur les brûlures de son cœur. Il avait mal a tellement de niveaux que faire rire les lutins était à présent au dessus de ses forces mais il pouvait toujours les faire pleurer et la mélodie, douce, nostalgique, pleine de mélancolie reflétait une partie de son âme.

Il jouait comme on pleure, égrainant les notes avec douceur et force, sa main gauche sublimant l'air parfois simple et enfantin de la droite. Pour une fois, une unique fois, il ne suivait aucune partition, ne répétait aucun des morceaux dont il connaissait pourtant chaque nuance. C'était quelque chose de sa propre composition, un air qui lui trottait dans la tête, qu'il avait besoin d'exorciser, avec un certain nombre de sentiments dont il ne savait pas quoi faire. Ses doigts trébuchèrent, il rattrapa de son mieux la mélodie, laissa une variation l'emmener au début de la phrase à nouveau qui, cette fois, passa crème. C'était la première fois qu'il jouait Le Morceau en dehors de chez lui. Quelque part, derrière sa façade de calme, il se trouvait extrêmement arrogant de composer déjà, à son âge. Composer, c'était retranscrire sa vision du monde et il était trop jeune et n'avait aucun recul. Mais il n'en pouvait plus. La fin de semestre avait été trop dure pour lui et c'était la seule chose qu'il avait trouvée pour tenter de remettre de l'ordre dans ses pensées.

Le Morceau se termina, sur une harmonie qui ne lui plaisait toujours pas alors il le recommença, travaillant encore et encore jusqu'à ce que chaque harmonie, chaque nuance soit celle qu'il avait dans la tête. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là. Il s'en fichait. On était Vendredi, il ne bloquait personne et personne ne l'attendait plus nulle part. Il continua de jouer, encore, et encore, et encore, oubliant le monde, oubliant les gens, oubliant la réalité et les faits qu'il allait devoir affronter lorsque le temps du jeu serait terminé et qu'il devrait retourner dans le monde réel, la maladie de sa mère et la recherche de son stage.

La porte s'ouvrit et se referma sans qu'il ne l'entende. Il lui fallu quelques mesures supplémentaires pour sentir une autre présence dans l’acoustique de la salle. Des pas approchèrent. Il les ignora. Si c'était pour lui, une voix se ferait entendre bien assez tôt. Si c'était une inconnue... il n'avait pas envie, ce soir, de faire de nouvelles rencontres qui lui diraient à quel point il jouait bien alors qu'il était clairement mauvais en ce moment.

La silhouette s'approcha, grimpa sur l'estrade, et il la reconnu. Toujours sans s'arrêter de jouer, il se poussa un peu sur le tabouret, changeant l'angle de ses bras pour lui faire de la place, écoutant le son un rien différent qui se dégageait de cette nouvelle position. C'était encore moins beau, du moins à son oreille exercée mais Swann s'était assise et restait à côté de lui. Il ferma les yeux, terminant sa phrase qu'il laissa mourir, sans accord, dans le silence ambiant.

« Swann. »

Il avait dit son nom comme on soupire de soulagement après une longue période d'apnée. Dans un souffle. Doucement, il releva les paupières et la regarda, laissant son habituel sourire triste déformer son visage. Sa main droite se leva, fit un geste vers sa joue et se ravisa pour se poser sur son genou. Le sien à lui, malheureusement. N'empêche.

« Je savais que l'on se reverrait mais j'ignorais que ce serait aussi tôt. Je suis content de te voir. Que me vaut l'honneur ?  Comment vas-tu ? »

Il parlait trop. La boule dans sa gorge revint en vitesse. Il baissa les yeux sur les touches, maintenant silencieuses. Il eut une brève hésitation puis...

 « Qu'est ce que je peux faire pour toi, dit moi ? »
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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Mer 1 Mar - 23:53

Les notes ne s’enchaînaient pas comme d’habitude. Je ne connaissais pas le morceau mais quelque chose clochait. Le cœur du pianiste clochait. Mais j’avais écouté jusqu’au bout, en silence, jusqu’à ce que Le Pianiste termine le morceau. J’avais fermé les yeux brièvement en l’entendant presque murmurer mon prénom. La mélancolie de la composition m’avait un peu gagnée mais j’esquissais un petit sourire malgré tout. A côté de Logan, tout allait déjà mieux même si le sourire triste du pianiste me montrait que la tristesse avait formé une espèce de cape qui le recouvrait. Il avait retenu son geste au dernier moment et j’avais baissé les yeux.

« Lily avait besoin que je lui ramène un dossier… » J’avais levé les yeux, me moquant du côté étourdi de ma meilleure amie même si à l’instant, l’idée qu’elle ait pu faire exprès venait de me traverser l’esprit. Aurait-elle osé ? J’allais la cuisiner mais pour le moment, j’étais avec Logan et je n’avais pas envie de débattre intérieurement des idées et plans de Lily. « Maintenant… ça va mieux… » J’avais tenté de sourire mais la tristesse dans le sourire et le regard de Logan pesait lourd sur mon cœur. Comme si je la ressentais aussi même si je ne savais pas ce qui causait un tel tourment chez lui. Il me demandait ce qu’il pouvait faire pour moi et je fronçais les sourcils. « Rien… J’avais juste envie d’être là… Avec toi… » Je baissais les yeux sur sa main posée toujours sur son genou. J’avais envie d’y glisser ma main, d’emmêler mes doigts avec les siens, de retrouver la sensation de chaleur que j’avais ressenti dans le noir. Mais entre avoir envie et faire il y avait un monde qui me rendait nerveuse.

J’avais quand même fini par lever la main, la suspendant dans l’air quelques secondes avant de la reposer sur son genou pour la glisser sous la sienne. « Tu m’as manqué… » J’emmêlais mes doigts avec les siens, craignant à chaque seconde qu’il retire sa main. Je lui lançais un regard qui lui demandait de ne pas poser de question. Il serait toujours temps de lui raconter, plus tard. « Qu’est-ce que moi, je peux faire pour toi ? » Je n’étais pas certaine qu’il se confierait. Logan était un lion bien mystérieux, avare des mots si c’était pour parler de lui et de ses états d’âme. Pas forcément de ses sentiments où émotions mais il y avait des fêlures chez lui que je devinais mais dont il n’avait jamais parlé. Il les avait joués par contre, dans ce morceau que je ne connaissais pas mais qui lui ressemblait tellement. Je posais ma tête sur son épaule avant de lever les yeux vers lui. « Tu peux ne rien dire… Ou jouer… Ou parler… Si tu veux de moi… Je suis là et je ne m’en irai pas. Pas tant que tu ne me le demanderas pas. » Et j’avais peur qu’il le fasse. Tellement peur.

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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Jeu 2 Mar - 18:58

Leur rencontre était paisible et faisait du bien à la vie un peu chaotique du jeune homme. Doucement, la distance des derniers jours s'effilochait, un peu comme ces nuages que le vent déroule doucement dans le ciel et qui laissent quelques traits cotonneux dont le blanc grisâtre ne faisait que rendre plus pur le ciel bleu d'été. Silencieux, immobile, il écoutait les bouts de phrases de la jeune femme sans même tenter de les accompagner d'une mélodie au piano. Quand on a la gorge trop serrée pour respirer, on n'a pas non plus envie de chanter. Et pourtant. Pourtant, il accepta la main qui se glissa sous la sienne. Il en accepta la chaleur et le don, simple et sans condition. Il accepta l'aveu de même, saisissant dans son regard une pudeur qui aurait éloigné les questions, quand bien même il en aurait eu. Mais il n'en avait pas. Echaudé, il se tenait à l'écart des mots et des sentiments. Il en avait vécu trop et trop forts ces derniers temps.Il voulait du repos et du calme pour se reconstruire une carapace autour du cœur.

Doucement, il sentit le poids de la tête de la ballerine sur son épaule. La chaleur de sa joue se communiquant jusqu'à sa poitrine lui fit baisser les yeux pour en cacher un début de larmes. Il était tellement fatigué. Tellement las de vivre. Inconsciemment, il serra la main dans la sienne, à la recherche d'un soutient qui lui faisait défaut. Cela ne lui ressemblait pas, de craquer ainsi.

« Je n'ai pas envie que tu partes. »

Un silence. Une pause. Il avait la tête vide ce qui lui rendait la parole difficile. Il n'était pourtant pas perturbé par la présence physique et morale de Swann. C'était la tristesse et l'abattement qui le mettait ainsi à terre.

« J'ai juste... »

Il inspira profondément cherchant à se donner du courage.

« j'aurais besoin d'une amie, si tu veux bien tenir ce rôle. D'une présence féminine auprès de moi. Pas longtemps, juste le temps que la vague se retire. »

Il lâcha la main sous la sienne et les reposa sur les touches. La mer de son compositeur préféré sorti soudain, avec toute la violence et la pénombre de cette œuvre à la fois calme, forte, tempête et berceuse, bien représentative de l'état dans lequel il serait s'il n'était pas seulement aussi fatigué. Il avait mal au cœur et cela s'entendait encore sous ses doigts, moins fortement que lorsqu'il jouait Le Morceau mais tout de même assez clairement pour qui avait une oreille un tant soit peu musicale.

« Parle moi de New York, s'il te plait. Raconte moi la ville, son rythme, ses lumières, sa chanson... »

Il n'y était pas retourné depuis des années. Il avait aimé, pourtant, les musiques de la Grande Pomme, admiré son orchestre philharmonique, moqué de son musée d'art moderne à l'architecture inusuelle. Pour s'accompagner, il avait glissé du romantisme français au Summertime de Gershwing, plus jazzy et qui correspondait plus à la ville au réveil.
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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Jeu 2 Mar - 20:12


J’étais soulagée de l’entendre me dire qu’il voulait que je reste. En sentant sa main serrer la mienne, je lui avais rendu son étreinte comme pour lui montrer que j’étais bien là et que non, je n’irai nulle part. Je ne sais pas ce que j’étais venue chercher en prenant la direction de cette salle, en cherchant à retrouver Logan. J’avais peut-être envie de retrouver une situation où je savais que je me sentirai bien. Toujours avec ma peine, toujours triste mais à l’abri malgré tout. Au final, j’avais retrouvé un Pianiste encore plus amoché que moi et ça me forçait à être là pour lui. Sa peine me poussait à être plus forte et j’avais envie de le protéger et de veiller sur elle comme il l’avait fait de nombreuses fois auparavant avec moi.

Je n’avais rien dit, restant juste là, à ses côtés, en silence. Je fixais les touches du piano tout en l’écoutant et s’il avait juste besoin d’une présence, j’allais être cette présence. Comme très souvent nous étions à nouveau en phase. J’avais juste envie d’être là sans réfléchir, sans décortiquer chaque geste, chaque mot, chaque pensée. Pour une fois je voulais que les choses soit simple. Pour une fois j’avais juste envie de me laisser aller sans trop réfléchir.

« Le temps qu’il faudra… Je serai là. »

Peu importe si ça demandait une demi-heure, quelques heures ou même la nuit à venir. De toute façon personne ne m’attendait et je n’avais rien de plus urgent à faire. Ici était ma priorité. Ma main se retrouvait soudain nue mais puisque c’était pour laisser celle de Logan jouer, j’avais accepté la sensation de froid soudaine. Je m’étais redressée pour lui laisser tout l’espace dont il aurait besoin pour jouer sans me détacher complètement. J’avais besoin de le sentir quand même à mes côtés. Il évoquait New York et j’avais esquissé un sourire.

« Il faisait plus froid… Au moins 10 degrés de moins… » C’était la première chose qui m’était venu à l’esprit. Ridicule, mais spontané. « J’ai toujours préféré New York à la tombée de la nuit. Je suis retournée au New York City Ballet et je suis restée des heures dans le froid, assise sur le bord de la fontaine qui se trouve devant et je n’ai jamais trouvé la force d’entrer. Mais c’était un premier pas… » J’avais envie de le dire à quelqu’un d’autre qu’à Lily. « J’ai déambulé sur Brooklyn Bridge au moment du coucher du soleil. Cliché mais j’aime ce genre de clichés… C’en est ridicule mais… J’adore… » J’avais souris amusé avant de reprendre mon récit. Je lui racontais les deux ou trois soirées passées à marcher dans les rues, les amis que j’avais retrouvé pour aller boire un verre dans un pub avant de rejoindre un club de jazz où on avait nos habitudes. Je lui avais raconté le lever du soleil dans la chambre de l’appartement où j’avais vécu pendant mon séjour. Une amie absente qui me le prêtait et qui avait une vue imprenable sur Central Park. Le lever de soleil et les meilleurs Bagels de tout New York au coin de la rue. Je ne maniais pas aussi bien que Logan les mots mais j'avais fais de mon mieux. Si j’avais su ce qui m’attendait en rentrant j’aurais sans doute préféré rester là-bas. J’avais regretté mon retour jusqu’à ce que je franchisse la porte de cette salle quelques minutes plus tôt. « Peut-être que la prochaine fois on ira ensemble. » C’était dit sans arrière-pensée autre que l’envie de partager l’expérience de quelques jours dans la Grosse Pomme. « Avec ton hélicoptère personnel... Y'a l'océan à New York, je devrais pouvoir pêcher la crevette... » C'était absolument ridicule de plaisanter avec ça à ce moment là mais je m'étais quand même mise à rire. Si je parvenais à arracher un minuscule sourire, même triste, au pianiste j'en serai fière.

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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Lun 13 Mar - 2:16

Oui. New York avait de vraies saisons. Un vrai hiver et son manteau neigeux qui faisait rager les citadins et ralentissait le trafic. New York avait le vent du large à travers sa pollution, ses pluies, ses soleils se réverbérant sur l'asphalte noire d'eau. Austin, avec ses températures douces et son soleil omniprésent lui paraissait presque morte. Trop immobile, trop belle, trop doucereuse comme un alcool trop sucré qui montait à la tête trop tôt. Doucement, il entendit ses mots à elle former un tableau bien connu. Sans cesser de jouer, le musicien ferma les yeux. Le piano faisait tellement partie de lui que regarder était inutile. Il ne se servait de son regard que pour déchiffrer une partition inconnue et Sumertime était de ces morceaux intemporels qui rentraient dans vos muscles et ne partaient jamais. Il l'imagina sous cette musique, attendant sur ce banc en face du miroir de ses illusions brisées. Il se la figura sur le pont, le crépuscule découpant sa silhouette fine devant un soleil flamboyant dans l'eau teintée de rouge. Il habilla enfin sa solitude des amis décris et des soirées en boite de Jazz. Il en reconnaissait certaines dans son récit, n'avait pas de peine à imaginer les autres. Les images lui venaient spontanément, le distrayant de sa peine, l'aidant à s'évader d'une réalité qui avait bien failli le briser et qu'il voulait fuir.

Le temps se suspendit entre les touches de peinture et le morceau qui leur répondait en boucle. Derrière l'amertume de la solitude, Logan pouvait presque sentir le goût du Bagel – saumon épinard et philadelphia était son préféré même s'il aimait aussi le pastrami – sous sa langue.

« Peut-être. Ce serait une bonne idée. Nous pourrions aller à l'Opéra pour voir de nous même s'ils dansent ou pas. »

Pas de sourire mais au moins il avait sorti une phrase avec un rien d'espoir. Pas grand chose, juste une touche. Une idée d'avenir, comme si un avenir pouvait exister pour lui. Il ouvrit les yeux, les posant sur la jeune femme à ses côtés. Cette demoiselle étrange qui semblait si bien le comprendre, comme si elle était toujours en résonance avec lui et qui, pourtant, s'était avouée trop troublée par lui pour supporter son contact. Pourquoi était-elle revenue ? Pourquoi si vite alors qu'il la croyait perdue ? Pourquoi maintenant alors qu'il avait besoin d'elle et commençait tout juste à se reconstruire ? Pourquoi tout était-il toujours si compliqué. Il laissa échapper un sourire triste cependant, alors qu'elle évoquait ses bêtises du speed dating. Cette soirée, mais surtout ce moment qu'ils avaient partagés à deux avait eu toute l'intensité des contes de fées. Ceux de Grimm comme ceux de Disney. Doucement, profitant d'une très légère pause dans la mélodie, il posa sa main droite sur sa gauche, la souleva et posa cette dernière sur son genou. Il n'y avait aucun sous entendu sexuel dans cette proposition. Juste l'envie de sentir son contact tout en continuant à jouer. Rien d'autre que le besoin tout animal d'une présence physique. Il ne la retenait pas. Elle pouvait retirer ses doigts à tout moment. Il espérait qu'elle ne le ferait pas. Maintenant, il devait trouver quelque chose d'autre pour relancer la conversation. Quelque chose de neutre qui les mette en confiance tous les deux. Quelque chose qui ne serait pas ce que Frédéric pourrait bien penser de possibles plans pour aller visiter la Grosse Pomme en couple.

« Je connais ce restaurant dans l'Upper East Side qui sert des fruits de mer dans un cadre fait de bois, de brique et de cuir rouge. L'endroit sert pas mal d'artistes et je suis assez certains qu'ils sauraient quoi faire de tes crevettes si on venait à les leur rapporter. Evidemment, ce n'est rien comparé aux plateaux que l'on trouve pour rien en France ou un vrai Fish and Chips anglais mais en gastronomie, ils se défendent... »

Il avait beau essayer, l'Europe lui manquait trop pour qu'il arrive à cacher qu'il y avait été au moins quelques temps. Tant pis pour ce mystère là. De toute façon, il était trop fatigué pour jouer vraiment à cacher ce qu'il était, trop occupé à cacher ce désarrois qui pourtant suintait à chaque phrase lourde de chaleur du morceau.
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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Lun 13 Mar - 20:29


Là où Logan n’avait pas souri, je l’avais fait. Pour deux. Cette allusion à l’Opéra, à notre première rencontre dont je me souvenais comme si elle avait eu lieu la veille m’avait fait sourire. Dire que deux mois s’étaient écoulés. Dire que ce jour-là, au fond de moi, j’avais déjà senti cet étrange lien, raison pour laquelle j’avais fuis quand il m’avait proposé d’aller dîner. A voir la situation d’aujourd’hui, je me demandais si je n’aurais pas dû dire oui au lieu de prendre la fuite. Tout aurait été plus simple peut-être. Mais ce qui était fait était fait et je n’étais pas du genre à vouloir réécrire le passé alors je chassais cette idée de mon esprit.
J’avais levé les yeux vers lui en sentant son regard. J’avais autant envie de lui raconter tout ce qui s’était passé ces derniers jours que je préférais esquiver la conversation. Si je lui disais que Fred était parti, il penserait peut-être que j’étais revenue pour ça, pour combler un vide. Je ne savais pas, je n’étais pas dans sa tête mais j’avais quand même cette crainte-là alors que ce n’était pas ça du tout. Jusque-là, j’avais pris soin de respecter les jours où il m’avait encouragé à venir sans qu’il soit présent au conservatoire.  Parce que je savais qu’à partir du moment où je le saurais pas loin, je n’arriverai pas à résister à l’envie d’aller le retrouver. Quand j’avais expliqué à Lily que je ne voulais ni trahir Fred en courant retrouver Logan, ni donner l’impression à Logan qu’il était un lot de consolation, elle avait levé les yeux au ciel. Pour elle, Fred ou pas, j’aurais fini par revenir vers Le Pianiste et le Geek ne méritait pas que j’arrête de vivre pour lui. Lily et sa façon de trancher quand je n’étais qu’hésitation. Sa façon de voir les choses et de me les mettre en face même quand je n’en avais pas envie.
Elle m’avait sans doute attirée ici et son plan avait marché. A partir du moment où j’étais entrée dans le bâtiment, j’avais espéré croiser Logan et j’étais presque sûre qu’inconsciemment, même si je ne l’avais pas décidé, mes pas m’auraient mené jusqu’ici, dans cette pièce.
Je l’avais observer déposer ma main sur son genou et je ne l’avais pas retirée. J’avais baissé les yeux sur mes doigts, concentrée sur la sensation du tissu contre ma peau et de la chaleur de sa cuisse contre ma paume. Connectés. Il avait continué de jouer et j’avais laissé ma main là, posée tranquillement et j’avais relevé la tête en l’écoutant me parler de restaurant et de plateaux de fruits de mers. « Tu as vécu là-bas… En Europe… Je rêverai d’y aller… Paris, La France, l’Angleterre, l’Italie… » J’avais souris avant de rajouter. « Je me demande parfois si tu ne viendrais pas tout droit d’Autriche, mais d’une autre époque. Vienne au XIXème… » Il n’aurait pas de mal à se fondre dans le décor, il serait comme un poisson dans l’eau.
Et pendant qu’il jouait, je me remémorais mes propres voyages et j’en faisais rapidement le tour. « Je n’ai voyagé que deux fois… Quand je suis partie à New York, pour mes études… » Ce qui représentait quelques années de ma vie. « Et quand j’étais petite, j’avais 10 ans je crois. Ma mère nous a emmené en Argentine, le pays de ses origines. J’avais aimé ces vacances parce que pour une fois elle avait arrêté de penser à la danse, aux exercices que je devais faire, à ce que je pouvais manger… On avait seulement profité de son pays et elle m’avait raconté son histoire. Et ça avait été quelques semaines magiques. » Et puis nous étions rentrées et la bulle agréable avait éclaté. J’étais redevenue une petite ballerine forcée de répéter encore et encore pour faire plaisir à sa mère, parce que c’est ce qu’on attendait d’elle.
Je relevais les yeux vers lui, l’observant alors qu’il jouait. J’avais l’impression de ressentir sa peine, sa douleur, son vide même, comme si j’étais devenue une éponge à émotion. Du bruit dans le couloir venait perturber notre tête à tête et j’avais froncé les sourcils, contrariée d’entendre la mélodie du piano parasitée par l’agitation. J’avais retiré ma main de son genou pour me lever et aller rapidement fermer la porte comme pour rendre à nouveau notre bulle étanche. J’étais revenue vers lui mais au lieu de m’asseoir à côté de lui, je l’avais enlacé, me collant dans son dos et passant mes bras autour de ses épaules. Mon menton avait trouvé appui sur l’une d’elle et j’observais ses doigts glisser sur le clavier. « Si je pouvais, je prendrais ta douleur et je la serrerai dans mes bras jusqu’à ce qu’elle ne devienne que des petites bulles de savon qui disparaîtraient dans l’air… » Et je restais là, lui laissant la possibilité de se dégager de mon étreinte à tout moment. Il n'y avait pas d'avances dans mon geste, juste l'envie de le prendre dans mes bras, comme cette soirée où l'on avait commencé à se dire au revoir. C'était peut-être trop mais c'était tout ce que je trouvais à faire. Lui montrer que j'étais là, essayer de l'entourer de douceur pour apaiser ses tourments dont je ne connaissais rien. Et dont il ne dirait probablement rien. Tant pis si ça me valait d'être repoussée, je n'avais que mes bras et mon corps frêle d'ancienne ballerine pour le protéger du monde autour.

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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Mar 21 Mar - 20:43

Summertime meurt doucement sous les doigts du pianiste, se dissolvant à chaque fin de boucle pour finir par se fondre paresseusement dans une transition vers quelque chose de plus rythmé, à trois temps, dont les robes à crinolines frôlaient la marqueterie. Une valse de Chopin pour commencer, toute en mineur et en finesse, qu'il déroule sur un tempo lent et mélancolique, lourd de toute sa tristesse et dont les notes claires, pourtant, portent les rêves des voyages passés et à venir. Lent il l'est aussi dans ses pensées, lent dans ses paroles bloquées par la brume cotonneuse qui le ralentit, lui dont les doigts sont paradoxalement si agiles. Il a beaucoup de choses à répondre aux différentes phrases de la jeune femme mais pas le temps de le faire avant qu'elle n'ôte sa main, cette main qu'elle avait laissé sur sa cuisse sans se brûler, puis se lève de son pas léger d'ancienne ballerine.

Il y a un froid là où elle a été, là où elle s'est tenue. Le froid d'une absence soudaine, assez semblable à celle qui lui prend le cœur à chaque fois qu'elle fuit loin de lui. Cette fois encore il ne dit rien et même ses doigts ne l'appellent pas alors elle revient parce qu'elle le fait toujours quand il la laisse s'envoler. Ensemble, ils dansent au rythme complexe des adieux et des retrouvailles, se séparant à chaque fois plus loin pour se retrouver à chaque fois plus près. Tranquillement, il est allé d'une valse à l'autre, jouant encore, jouant toujours lorsqu'elle se glisse dans son dos pour l'enlacer et poser sa tête délicate au creux de son épaule. Comme elle ne gêne pas le mouvement de ses bras, il la laisse là, chaude et présente, l'enveloppant au sens propre alors qu'elle ne le faisait qu'avec des mots. Il s'adosse un peu contre son torse, cherchant à se fondre dans la chaleur de sa présence. Il en a besoin. Il ne cherche pas à le cacher. Tout juste, un reste de pudeur le fait changer à nouveau de musique et ses mains attaquent un morceau de variété française qu'il ne peut s'empêcher de fredonner dans la langue de Molière.

« Maintenant que deviennent que deviennent, les valses de Vienne et les volets qui grincent, d'un château de Province...aujourd'hui quand tu danses, dit, à quoi tu penses ? »

Sa voix meurt rapidement dans les notes plus claires et plus belles du piano. S'il ne chante pas faux, il n'aime pas sa voix. Il n'aime pas les mots, imparfaits qui collent sur certaines musiques. Il rougit un peu. Ses mains changent pour d'autres valses encore, de Chopin toujours. Lui est dans ses pensées et s'il reprend en anglais plutôt qu'en allemand ou en italien, c'est bien par hasard.

« J'y suis né tu sais. En Autriche. J'y ai passé les plus belles années de ma vie. L'air de la ville nocturne, des vieilles salles de l'Opéra ou du Philharmonique aux concerts clandestins dans des couloirs de métro désaffectés, j'ai arpenté les rues de Vienne à travers les siècles et les musiques. J'étais libre alors. »

Libre de la maladie de sa mère, libre de la présence de son père, sa première vie seul, ses premiers amours, ses premiers enregistrements et ses premiers disques, Vienne avait été la ville de ses premières fois. Il la regrettait bien plus qu'il ne regrettait la jeune femme qu'il avait dû quitter là-bas.

« J'ai passé ma jeune enfance sous le soleil de l'Italie. Dans les rues pavées de Rome, entre les dorures et le linge séchant aux fenêtres des ruelles. Je me souviens des vacances en Toscane et du soleil qui flamboyait sur Florence ou Vérone. Des glaces et de la pizza au mètre. J'étais déjà presque adolescent quand nous sommes arrivés à Paris. C'était gris et sale mais la cité des lumières a un charme qui attrape au cœur quand on s'y attend le moins et j'y ai fait beaucoup de bêtises entre Montmartre et le Canal St Martin. »

Sa main continuait à chercher dans sa mémoire différents morceaux pour souligner cette biographie qu'il dévoilait rapidement pour le seul bénéfice de la jeune femme qui lui offrait un moment de tendresse.

« J'étais nettement plus vieux en arrivant en Espagne. J'en ai autant de souvenirs mais différents, déjà ternis par l'âge adulte et les cours. Quant à l'Angleterre, je n'y ai jamais vraiment vécu. Nous y avons fait plusieurs séjours quand nous étions en Europe, pour les vacances. De Londres, animée et folle aux falaises du Sussex, jusqu'aux beautés sauvage de l'Ecosse et de l'Irlande. J'ai également vu l'hiver sur le Danemark et un soleil timide qui ne se levait qu'à peine au dessus de l'horizon, les châteaux magiques du Liechtenstein, la profondeur de la Forêt Noire, tout cet Est de l'Europe qu'on oublie ici, voire dont on ne connaît qu'à peine les noms. »

Il arrêta alors de jouer, laissant la musique habiller le silence et montant une main tranquille jusqu'à la joue libre de la jeune femme qu'il caressa avec douceur. Ce qu'elle avait dit sur sa peine l'avait touché au point qu'il ne voulait pas salir cette déclaration par d'autres mots qui seraient maladroit. Au lieu de ça, il resta là, contre elle, entouré par sa présence.
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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Mar 21 Mar - 22:42

Je fermais les yeux en sentant sa silhouette se coller contre la mienne. Il ne s’était pas dérobé malgré mes craintes et je ressentais comme un soulagement. Immobile, je ne voulais surtout pas l’empêcher de jouer et je me contentais de servir de rempart entre lui et le reste du monde. Le temps qu’il faudrait, même si ça devait durer des heures. La musique changeait à nouveau et en silence, j’écoutais ce qu’il jouait fermant les yeux jusqu’à ce qu’il se mette à chanter. A peine avait-il commencé que déjà sa voix s’éteignait dans les accords. Dommage. J’avais aimé l’entendre fredonner dans une autre langue que je ne connaissais pas du tout. J’avais seulement reconnu certains mots comme « Vienne » ou « danses » mais j’aurais été bien incapable de savoir exactement de quoi il parlait. C’était un mystère de plus mais ça ne me dérangeait pas.

Et après avoir chanté et changé une fois de plus de mélodie, il s’était mis à parler. A me parler de lui. Ce qu’il ne faisait jamais. Alors attentive, buvant chacune de ses paroles et mémorisant chaque petit détail qu’il voulait bien me confier, je l’écoutais. Je l’imaginais petit en Autriche dans des décors que je construisais à l’aide de mon imaginaire. Il me donnait envie d’y aller et de le suivre à travers l’Europe, de pays en pays. J’aimais les mots de Logan. J’aimais sa façon de planter des décors dans lesquels il m’emmenait avec lui. Comme lors du speed-dating et de la journée parfaite qu’il m’avait décrite. Je souriais en imaginant un gamin faisant des bêtises à Paris ou dégustant des glaces à l’italienne. J’avais conscience que tous ces petits bouts de passé et de souvenirs étaient autant de précieux petits cadeaux qu’il me faisait.

La musique accompagnait chaque escale et après l’Italie et la France était venu le moment de l’Espagne puis de l’Angleterre avant qu’il n’évoque d’autres pays et d’autres régions d’Europe. Après sa voix, c’est la musique qui s’était effacée petit à petit pour laisser place au silence. J’avais envie de lui dire « merci » de m’avoir fait toutes ces confidences et de m’avoir fait voyagé à travers le temps et l’espace, mais je n’avais pas eu envie de briser le doux flottement qui régnait à cet instant précis. J’avais fermé les yeux en sentant sa main sur sa joue, cherchant comme par réflexe à renforcer le contact en penchant légèrement la tête. Mes bras l’entouraient toujours et mon corps était toujours lové contre le sien comme un bouclier si ce n’est que mon cœur s’était mis à battre un petit peu plus vite depuis que sa main caressait ma joue.

Le visage presque enfoui dans son cou je laissais son parfum m’entourer. Mes lèvres effleuraient sa joue avant d’y déposer un baiser. « J’ai envie de rentrer… » avais-je murmuré. Mais cette fois ce n’était pas pour m’enfuir seule de mon côté. C’était une invitation à poursuivre le moment ailleurs comme mon ton l’avait laissé deviner. Ce n’était pas pourtant une invitation coquine. Tout ce à quoi j’aspirais à cet instant précis était des heures passées aux côtés de Logan, à discuter ou non, pourvu que notre bulle de douceur reste intact. Je voulais fuir l’agitation du monde avec lui. Il aurait le droit de s’enfuir, cette fois ce serait son tour, mais pour toutes les autres fois où il m’avait laissée m’envoler, j’étais prête à faire de même…

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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Dim 26 Mar - 23:38

« Moi aussi. »

Il ne s'agissait pourtant pas du même sens du mot rentrer. Lui aurait aimé retourner dans les souvenirs qu'il avait fait revivre l'espace d'un instant, dévoilant quelques coups de pinceaux de son propre portrait. Il aurait aimé retrouvé le « chez lui » de son enfance. La beauté et le luxe l'entourant, les jeux avec sa mère qui souriait alors, de ce sourire lumineux qu'il ne retrouvait plus dans les pâles copies qu'elle lui offrait quand il venait la voir à l'hôpital. Il avait envie de retrouver le cocon sécurisant de l'enfance quand rien n'était vraiment grave si l'on pouvait avoir un câlin de sa mère ensuite. C'était puéril, c'était puissant, c'était oublier les autres moments, le rouge vif et le noir de son tableau, les visites du père, les punitions et les disputes qui ébranlaient l'image idyllique qu'il aimait à se faire de son passé. Ce dont il avait envie n'existait pas. Il n'avait même jamais existé. Et il n'existerait plus. Bientôt, il ne savait pas quand, cela pourrait se compter en semaines, en mois, en jour ou en années, ces mêmes rêves d'un passé doux et tendre seraient enfouis à jamais.

Doucement, il attrapa sa main de la sienne pour l'empêcher de partir, mêlant leurs doigts, restant encore un peu entre ses bras. Pas longtemps, pas plus que l'éternité qui sépare deux secondes. A peine une mesure de tendresse avant la reprise du nouveau mouvement qui viendrait, toujours trop tôt. Toujours trop vite. Il prit une profonde inspiration, baissa la tête. Sa main libre effleura les touches comme pour se rassurer à leur contact. Sans pour autant frapper les lutins, il se leva d'un mouvement souple, son dos frôlant le torse de la jeune femme en une caresse involontaire. Il se retourna alors, les yeux baissés sur elle. Sans y réfléchir, ses doigts et son poignet tournèrent pour récupérer leur place initiale, paume contre paume. Il remonta l'autre, attrapa le menton entre deux doigts pour la faire lever les yeux sur son regard tombant. Elle avait des iris fascinants, profonds et clairs, mordorés, entre l'ambre et la noisette. Toujours délicatement, il frôla ses lèvres du pouce dans un geste aussitôt offert que retenu.

« Si nous allons chez toi, Swann, que va-t-il se passer ? »

Allaient-ils rester dans la tendresse et la douceur, aussi proches que des amants avec cette fragile complicité presque fraternelle qu'ils partageaient ? Allaient-ils céder à l'attirance de leurs corps et de leurs esprits pour se fondre l'un dans l'autre aussi physiquement que psychiquement ? Et si oui, qu'allait-il se passer ? Allait-il la perdre à nouveau, cette fois de l'avoir trop aimée comme cela avait bien failli se passer avec Antonine ? L'appel du lit le valait-il vraiment ? Ou allait-elle simplement l'inviter puis prendre peur à nouveau et casser – cette fois pour de bon – le lien qui les unissait ? Et Fréderic ? Et la promesse qu'il s'était faite de ne pas la mettre dans l'embarra ? Et celle de ne pas non plus laisser qui que ce soit d'autre qu'elle se mettre entre eux ? Que voulait-il ? Que voulaient-ils ? Et ses yeux clairs et perdus, tristes et mélancoliques fouillaient les iris fauves avec le même sérieux et la même intensité que face à une musique dont il voulait pénétrer l'âme et les secrets.
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Re: [17 Mars] Simplement partager le silence, la seule poésie de ta présence [Le Pianiste], le Lun 27 Mar - 1:55

L’espace d’une seconde j’avais cru que Logan avait accepté l’invitation. Mais quelque chose dans son attitude et le ton de sa voix me faisait comprendre qu’il n’en était rien. J’étais prête à me détacher mais le Pianiste attrapait ma main et j’étais restée contre lui. J’avais du mal à le comprendre. C’était une des rares fois où j’avais du mal à comprendre ce qui se passait dans la tête de Logan. Il s’était finalement relevé et j’avais haïs la sensation de froid qui en avait découlé. C’était déjà trop de distance entre nous, même avec sa main dans la mienne. La tête légèrement baissée je regardais nos doigts enlacés avec un drôle de pressentiment. Forcée de relever la tête vers lui j’attendais, nerveusement. Je sentais que notre bulle ne résisterait pas, mon instinct me le criait. Il était d’une infini douceur et je m’étais perdue dans son regard. J’aurais eu envie de le faire taire avant qu’il ne parle mais avant même d’avoir le courage de scelle ses lèvres avec les miennes, il avait posé une question. LA question.

Je n’avais pas envie d’y réfléchir, je n’avais pas envie d’y penser, pour une fois j’en avais marre des mots. Je n’avais pas envie de formuler une réponse, ni de chercher à décrire ce qui ne pouvait pas être décrit. Tout était ressenti. Pourtant, l’interrogation de Logan me renvoyait à la réalité. A Fred qui était parti, à mon sentiment d’abandon, à la colère mêlée à la peine. Au manque que j’avais eu de ne pas voir le Pianiste tous ses jours, au soulagement de l’avoir retrouvé. Mon regard cherchait à s’échapper du sien, pourquoi me forçait-il à poser des mots lui qui d’habitude les trouvait inutile et manquant d’exactitude ? Ma main avait relâché la sienne alors que je murmurais douloureusement. « Je ne sais pas… » Je la détestais cette réalité. J’avais oublié ma douleur pour essayer d’étouffer celle de Swann mais à présent je sentais son poids sur mon cœur. Je me sentais tiraillée. « Je ne sais pas… » avais-je répété triste de voir la petite bulle se désagréger en quelques secondes…

J’aurais aimé lui dire que ça n’avait pas d’importance et qu’on avait qu’à rentrer et qu’on verrait mais j’en étais incapable. « Je vais rentrer… » Toute seule. L’invitation s’était évaporée, il n’en était plus question. Pas vraiment par volonté, plutôt par obligation. J’avais esquissé un pas en arrière. Une fois de plus après avoir été plus proches je prenais la fuite. C’est tout ce que j’avais toujours su faire. Fuir. Mais si au fond de moi, les autres fois, même quand je refusais de me l’avouer, je savais que je finirais par le trouver, j’en étais moins sûre cette fois. Je partageais toutes ses questions et bien d’autres encore.

Dans une dernière envie de m’accrocher à notre moment, je m’étais rapprochée et hissée sur la pointe des pieds j’avais déposé un baiser sur sa joue avant de me détacher et de faire demi-tour. Je sentais les larmes brouiller ma vie mais si je parvenais à franchir la porte sans me mettre à pleurer, ça irait. J’étais fatiguée. Mon cœur était fatigué. J’avais besoin d’air. Besoin de prendre du recul. Besoin que le brouhaha dans ma tête et dans mon cœur s’arrête. Je m’étais presque jetée hors de la salle et en croisant un groupe de danseur, je me frayais un passage entre eux sans même m’excuser avant de presser encore le pas pour m’échapper du conservatoire à tire d’aile.

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