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Au Liseron aimable.


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Au Liseron aimable. , le Mar 21 Fév - 20:28

Sullivan n'avait pas eu beaucoup de choses à faire pour remettre la librairie en marche. Il avait simplement couvert le comptoir d'encore plus de livres. Si bien que toute personnes cherchant à acquérir le moindre roman devait attendre que le libraire ne retrouve sa caisse, voir sa monnaie. Il avait acheté à rabais un beau abécédiaires des différentes mythologie et oubliait toujours s'il avait calé les billets de 20 dollar au titan Atlas ou au héro Ajax.

Il y avait cela d'interessant dans le acheteurs de livres qu'ils ne soient jamais réellement pressés. Ce qui était tant mieux. Sullivan ne l'était pas vraiment non plus. Il avait d'alleurs ouvert en retard sa boutique ce jour-là, pour des raisons - les lunettes noires témoignant- de gueule de bois malheureuse.  

Il dormait autant qu'il veillait dans un coin de l'endroit tandis que les rares clients restaient aimablement silencieux en errant dans l'endroit. Une journée banale. Son esprit était actuellement fixé sur le soir et le paquet de tabac qu'il se devait d'acheter.
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Re: Au Liseron aimable. , le Mer 22 Fév - 21:28

Les vacances c'est l'occas pour bosser plus mais pas que. Alors ouais, j'fais double shift dans le bar à Milkshake où j'bosse l'aprem et puis j'me suis rajouté deux jours au chinois-japonais que jelivre – qui a dit illégal – mais en échange, déjà, je dors nettement plus le matin et en plus j'ai toute la ville en terrain de jeu ce qui est cool, avouez.

Du coup, ça fait déjà deux matins que je squatte les arbres de l'université en évitant Ramirez de mon mieux. Et même une après-midi dans l'université à lire mon cœur content de bouquins de cours qui sont quand même vachement moins pourris que ceux du lycée. Et là, je me balade à vélo. Fait beau pour un hiver, presque quinze degré, et donc j'suis en t-shirt de sous marque de super-marché qui vole au vent sous la vitesse. Lorsque je la vois. Elle, c'est le liseron. Rien à voir avec toutes ces pépés qui montre leur nombril, non, je parle de la librairie. Elle était fermée quand j'étais passée plus tôt du coup j'pensais son proprio en vacances genre mais non, faut croire qu'il a juste viré son apprenti. Enfin je dis ça, j'espère pas parce qu'ils sont bien aveugle là bas et ça m'arrange grave.

Faut dire qu'avant je squattais une autre librairie mais qu'elle a brûlé et que si j'en ai essayé d'autres, elles se rapprochent de plus en plus à des Starbuck de livres qu'à des « Temples de la Littérature ». Or les temples, c'est poussiéreux, sombre et on peut s'y perdre. Donc pas de grandes allées bien éclairées pleines d'anti-vol. J'gare mon vélo dans une ruelle, je mets l'anti-vol de la façon secrète des gangs du coin qui protège pas grand chose mais que si t'es un voleur à la petite semelle tu passes quand même ton chemin si tu veux pas finir par nourrir les poissons. Bref, je descend, je tape un peu pour virer la poussière de mes fringues, j'attends qu'un type sorte pour me faufiler dedans sans actionner la sonnette, pliée pour passer sous le stand/bar/le truc haut quoi. Puis, je vais dans la plus sombre allée possible. J'attrape un bouquin en passant. 1984 ça dit. Oulah. J'étais pas née mais j'avoue que j'adore les bouquins d'anticipation des époques passées. Genre quand je m'imagine toutes ces voitures volantes qu'on est sensés avoir, ça me fait bien poiler. Tranquille, je m'assied entre une étagère un coin de mur. Y a pas beaucoup de lumière, ça fait plisser les yeux. Quand je fatiguerais je me mettrais en hauteur pour une meilleure lumière mais pour le moment, je me sens bien. Il me manque juste un thermos de thé. J'en rapporterais demain. Là, je me laisse simplement bercer par les mots d'Orwell et le monde gris qu'il nous décrit.
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Re: Au Liseron aimable. , le Lun 6 Mar - 18:08

Sullivan fumait souvent dans sa boutique. Ça faisait chier tout le monde, mais au moins, son irascibilité était à un niveau minimum lorsqu'on venait lui parler. Il avait essayé d'arrêter à un moment et s'était retrouvé couvert de patch jusqu'au sourcil un soir confus de décembre. C'est dans son demi-sommeil et dans un manque de nicotine brusque qu'il décida de ne pas attendre le soir pour aller chercher son paquet. Il se réveilla alors du mieux qu'il pouvait. Le problème principal alors, était qu'il était le seul dans sa boutique. Le seul travailleur. Et puis fermer une boutique, c'est chiant. Le système d'alarme était une plaie depuis qu'il l'avait défoncé et recollé avec du ruban adhésif. Il s'étira en faisant craquer tout les os de son corps et tenta de défroisser -en vain- sa veste.

"Mouais."

Il leva le nez et fut surpris de voir une cliente. Il grimaça un peu. Qu'est-ce qu'elle lisait la paysanne, là ? 1984 ? Ouais, le choix était correct. C'est une personne avec un minimum de bon goût. Il s'approcha d'elle et tenta un sourire mal foutu, tout agité de tics qu'il était. Puis il abandonna.

"Orwell est l'auteur que tout le monde fait semblant d'avoir lu. C'est vieux, c'est politique, il y a même du sexe à l'intérieur."

Il oscilla la tête.

"Fahrenheit 451. Le meilleur des mondes. Ils amènent des solutions. Des retours à la nature. Orwell, il nous écrase. Il a compris que tout était foutu. Alors tu sais quoi. Foutu pour foutu, je vais me chercher un paquet de clope et tu gardes l'endroit."

Il commença à partir vers la sortie.

" Tu pourras emmener le livre. Merci pour ta contribution au Liseron !"

Qu'elle emporte toute la librairie si elle pouvait, tiens.
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Re: Au Liseron aimable. , le Lun 13 Mar - 18:29

J'ai choppé l'ombre au moment où elle s'est avancée mais comme elle m'avait déjà vu et que j'avais pas de trappe secrète à actionner pour me tirer en vitesse, je décidais que j'avais tout à fait le droit d'être là et que donc je devais faire comme tel. Du coup, entre deux descriptions des rendez-vous secrets du héros et de sa copine à la ceinture rouge de chasteté, je levais un œil vers lui. J'aurais pu être étonnée de voir le patron, voyez, sauf que je l'avais senti bien avant qu'il s'approche. Le type, il sentait la vieille à chat mais en homme et sans chat. Un mélange de cuir et de poussière et de tabac qui pourrait rappeler l'odeur des vieux livres sauf que les livres, eux, sentent bon et que le gars, ben il sentait surtout le négligé. De plus près, c'était pareil. Il avait des cernes qui faisait concurrence aux pandas, à peu près le même sex-appeal d'ailleurs, une veste noire qu'on ne savait pas trop comment elle faisait pour ne pas être d'un vieux gris délavé, et l'air complètement halluciné. J'aurais pu me foutre de sa gueule sans trop de mal mais voilà qu'il ouvre la bouche et que, surprise, il en sort un truc intelligent. C'est rare ça, les gens qui commencent par des trucs intelligents avant de dire bonjour. C'est rare et j'aime bien alors pour une fois je fais taire ma fierté et j'écoute vaguement voir si je pourrais pas – sur un malentendu – apprendre quelque chose.

Le truc c'est qu'il ne la laissa pas répondre, lui confiant d'un coup la garde de la boutique en échange du bouquin – pas de soucis Thierry, c'était dans ses cordes – et s'apprêtant à sortir. Du coup, elle bondit sur ses pieds et le rattrapa tandis qu'il mettait la main sur la porte.

« Enfin, dans le Meilleur des Mondes, le sauvage se suicide, sa mère est morte dans leur drogue à la con, et ils sont tous envoyés dans une île de reconditionnement hein. Alors bon, je sais pas encore comment celui-là il se termine, pour le moment ils sont occupés à faire les cons dans les fourrés, mais j'peux pas vraiment dire que Huxley il propose des solutions. Ses réserves sont sales, négligées et pleines de maladie. Le système est trop solide pour être renversé par une poignée d'individus. Il n'y a pas la résistance qu'on devine dans 1984 même si je me doute bien que la Résistance est aussi contrôlée par le Parti. C'est la seule chose dont Big Brother a besoin pour avoir une main complète sur la société sans utiliser le conditionnement en Alpha/Beta tout ça. Bref, dans les deux cas, la structure pyramidale repose sur une grande part d'une humanité oubliée et retournée à l'état sauvage. L'Elite, ne s'intéresse qu'à elle-même, supprimant d'elle-même un des étages. Je vois pas comment ça pourrait tenir en vrai. Je comprends pourquoi ils l'ont écrit à leurs époques évidemment et ce qu'ils dénoncent dont le danger de la pensée unique – qu'ils ont vécu par la montée du totalitarisme et des courants de pensées voulant aller au delà de l'individu – mais ça reste des bouquins pour faire peur. Et ça a beau m'amuser parce que c'est un danger que nous avons passé enfin du moins en partie, je me méfie toujours un peu des trucs fait pour faire peur. La peur c'est la première chose dont on se sert pour vous empêcher de penser. Et les clopes, ces votre réaction de fuite face à la peur. »

Elle n'avait pas lu Farenheit 451, retenant le nom pour plus tard mais au moins, elle se souvenait pas trop mal de l'autre bouquin. Fixant l'inconnu de ses grands yeux en amande, un petit sourire au coin des lèvres, l'adolescente se demanda avec ce petit frisson de l'inconnu, si sa diatribe avait été assez intéressante pour contrer le manque de nicotine ou l'envie de se faire un loto au café du coin. Quand à le faire réfléchir, elle n'y pensait pas. Pas encore.

Au Liseron aimable.

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