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[20 Fev] Les années guitares


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[20 Fev] Les années guitares, le Lun 20 Fév - 19:52

J'cours sur le gazon. J'ai les poumons en feu, genre le froid qui brûle et qui siffle et j'trouve quand même le temps de regretter qu'on soit l'hiver et qu'il y ait trop de risques de seringues abandonnées pour me balader pied nu. L'herbe ici est si épaisse qu'on dirait la moquette chez mes vieux. On aurait pourtant pu penser qu'avec tous les camés du campus, elle serait aussi pelée qu'un chien galeux à force d'être fumée mais même pas. Aucune imagination ces intellos c'est pas possible. Les punks à chien d'en bas de chez moi, ils auraient pas fait de chichi. Si aucune herbe folle ne pousse dans les fissures du béton, c'est grâce à eux hein. Bref. C'est le soir-mais-pas-trop. C'est à dire pas encore l'heure d'aller livrer des sushis-rouleaux de printemps malgré le ciel qui s'assombrit. Faut pas oublier qu'on est en hiver et que du coup ce crétin de soleil fait son paresseux.

J'ralentis. Pas parce que j'en peux plus, vous croyez quoi vous, je peux continuer encore bien longtemps comme ça. Non, j'ralentis parce qu'il commence à y avoir des gens et que je veux pas faire la gamine, mais bien essayer l'anonymat à base de « mais si voyons que j'ai le droit d'être là, même que le prof de littérature anglaise il est pédé ». Comme j'suis pas aussi maquillée qu'un camion volé, ça passe moyen mais j'ai le sac, la dégaine et les bouquins et si j'fais ptet un peu jeune, j'compte sur leur connerie pour pas s'en rendre compte. Jusqu'ici, y a bien que Ramirez pour m'avoir percée à jour. Ce type, il a genre un radar et il l'a réglé sur moi. Sérieux. J'ai essayé de rentrer tout à l'heure et il m'a giclé direct.

Bon, pas direct, on a eu une chouette course-poursuite avant mais autant je gagne parfois, autant cette fois c'est lui qui m'a chopé et raccompagné à la sortie avec genre un sermon que j'ai pas écouté le plus ostensiblement possible. En fait, c'est de sa faute si je suis en retard et si je ne vais pas pouvoir squatter la bibliothèque aussi longtemps que je le voudrais. Si un jour j'ai une sale note, ce sera entièrement sur sa sale gueule. J'ralentis encore, j'suis au pas là, et je reprends mon souffle tranquillou-billou. Y a un groupe de mecs qui me siffle, j'ignore et je roule du cul. Ca les fait marrer. Moi aussi. L'air de rien, j'observe les greluches que je croise sur le campus pour copier leur posture histoire d'être un peu plus crédible. La cloche sonne et les pelouses se vident mais pas moi. Vu que je peux pas aller dans mon temple des livres préférés et que j'ai pas le temps pour genre une infiltration – Ramirez il reprend bientôt son shift et s'il me voit encore, il risque de se poser des vraies questions et ça, je veux pas. Tant qu'il me prend que pour une imbécile vandale à la con, passe encore. S'il se met à vouloir me « sauver » et me ramener au poste, je suis dans la merde. Bref, tout ça pour dire que je repère un arbre assez cool et une branche basse. Un petit saut pour la chopper, traction pour aller dessus, on s'installe et c'est parti pour les devoirs.

J'ai une dizaine d'exos de math à me farcir sur les nombres complexes et une leçon de chimie à la con puis quelques questions de compréhension en français, rien de bien méchant si ce n'est que je sens le contrôle surprise qui va nous tomber dessus. Surtout si Jenifer continue à se faire des snapchat en se croyant discrète. Quels crétins ceux là. Du coup, comme il reste plus beaucoup d'heures de jour, je me concentre, les jambes balançant dans le vide, ma main libre jetant vaguement des morceaux d'écorce, de pomme de pin ou de ce que je trouve dans le vide en dessous de moi.
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Re: [20 Fev] Les années guitares, le Mer 1 Mar - 14:00

La journée se termine. Elle est passée plutôt vite si on ne compte que les cours que j’ai donnés. Malheureusement, j’ai dû surveiller cet idiot de Mckillan pour deux heures supplémentaires. Il fait tellement l’imbécile durant les cours qu’il n’écoute rien et finit par être à la ramasse. D’ordinaire, je ne suis pas le plus charitable mais allez savoir pourquoi, j’ai accepté de l’aider avec quelques heures supplémentaires pour se remettre à niveau. Je crois qu’en réalité, il m’a fait vraiment pitié lorsqu’il est venu me voir il y a une semaine, les larmes aux yeux, m’indiquant que s’il n’améliore pas ses notes, il n’aura plus le droit à sa bourse d’études. Je ne suis pas méchant au fond et tout ce que je souhaite, c’est que chacun puisse continuer ses études aussi longtemps possible. Au passage, j’ai fait un deal avec lui comme quoi il ne doit plus dissiper le cours. J’ignore si cela portera vraiment ses fruits mais en attendant, si ça pouvait marcher, j’avoue que ce serait chouette ! Enfin bref…

Je ferme bientôt le gymnase à clés après avoir fait le tour de celui-ci et m’être assuré que personne n’y était plus. Sac de sport sur l’épaule, je lève les yeux au ciel lorsque je me rends compte que ma voiture est garée à l’autre bout du campus que je vais donc devoir traverser. Quelle idée d’arriver en retard ce matin aussi ? Je me mets donc en route et j’arrive bientôt au niveau des grandes pelouses. C’est rare de voir les lieux aussi vides. D’habitude, les étudiants grouillent de partout. J’avance jusqu’à ce que j’aperçoive une silhouette dans un arbre. Dans l’obscurité, je ne distingue pas vraiment à qui j’ai à faire. Un homme ? Une femme ? Un étudiant ? Un professeur ? Quelqu’un que je connais ? « Je peux savoir ce que vous faites encore ici ? Il se fait tard et l’université est complètement vide. » Aucune méchanceté. Je veux juste m’assurer qu’il n’arrivera de bricole à personne, même si le vigile de la faculté fait parfaitement bien son travail.

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Re: [20 Fev] Les années guitares, le Dim 5 Mar - 15:31

La voix du type me fait sursauter genre sévère. Heureusement que j'ai l'habitude d'être perchée – oui, dans tous les sens du terme, vous pouvez arrêter de glousser maintenant – et j'ai bloqué ma jambe autour de la branche ce qui fait que je tombe pas mais que, par réflexe, je lance la pomme de pin que je tenais droit vers la source du bruit. Sérieux, faut pas surprendre les filles comme ça. En plus, j'ai mon bouquin de math qui nous fait le saut de l'ange vers le sol. J'sens qu'il va pas s'en sortir à très bon compte le pauvre vieux. En attendant faut que je réponde à l'autre con en bas, s'il a pas été assommé par sa propre maladresse. J'ai peu d'inquiétude, le vide, ça absorbe les chocs.

« Ah bah, pouvoir, ouais, sûrement, tu PEUX savoir. T'as ma permission. Fait-toi plaiz, Blaise. »

Aucune méchanceté non plus, j'ai bien compris que Machin – tiens, on va garder Blaise juste pour le moment – Blaise donc, il était juste curieux en plus d'être maladroit dans le choix de ses mots mais je préfère qu'on se fâche contre moi parce que je suis insolente plutôt que dire la vérité et j'ai pas eu le temps de penser à un mensonge crédible, surtout s'il pense à regarder mon livre de lycée qui est tombé. C'était bien stupide ça d'ailleurs. S'il l'a oublié, je vais descendre le chopper mine de rien en tentant de l'accuser d'un truc. Accuser les gens, ça marche bien en général. En attendant, je le regarde genre, amusée, ce que je suis faut bien avouer, et je reprends pour pas lui laisser le temps de réfléchir.

« Et toi ? Tu te prépares pour les nouveaux JO à t'entraîner tard alors que tous tes potes eux, se préparent pour la soirée de Steeve au deuxième ? Il paraît que c'est LE Happening du semestre. T'es en retard Bernard. »

Je sais pas qui est Steeve, je sais pas s'il est au deuxième, mais, pour une fois, j'invente pas TOTALEMENT. J'ai entendu des greluches parler d'une soirée de ce gars qui semble être The Place To Be. Après, y a des places to be tous les soirs dans ce temple de la débauche au moins autant que du savoir alors j'sais pas trop si je vais réussir à l'embobiner. Suspens. Et parce que j'aime pas laisser les trucs se faire tout seul, j'commence à ranger mon bazar au cas où il faudrait m'enfuir fissa. On sait jamais.
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Re: [20 Fev] Les années guitares, le Ven 10 Mar - 19:52

Avant même qu’elle me réponde, la personne lance un objet dans ma direction. Mais qu’est-ce qui lui prend ? Je n’ai ni voulu me montrer méchant, ni autoritaire et ai juste posé la question par ’sécurité’. J’aurais mieux faire de m’abstenir et de laisser cette personne se faire tabasser ou je ne sais quoi tiens… J’ai même pas le temps de grogner que j’entends une voix féminine qui commence à me faire un baratin digne d’un cours de philosophie. J’ouvre de grands yeux alors que je m’approche encore et que je semble voir ce que je prends pour une tignasse. D’un coup, je ne comprends plus rien à la vie et j’ai toujours autant envie de rentrer chez moi. « Houla, je ne sais pas ce que tu as fumé toi, mais ça doit être de la bonne. » Je reprends, plutôt interloqué par tous ces prénoms assez étranges dont elle m’affuble. Je ne sais pas sur quelle petite plaisantin je suis tombée mais décidément, j’aurais mieux fait de ne pas m’arrêter… Je décide tout de même de fournir une explication. « Je suis professeur. Je viens de terminer mes cours si tu veux tout savoir. » Je dis cela d’une voix douce, posée, parce qu’honnétement, je suis bien trop fatigué pour l’engueuler. Néanmoins, je ne peux m’empêcher de lui demander : « Mais j’peux savoir pourquoi tu m’as balancé le truc t’aleur ? J’veux juste t’éviter de te faire agresser par n’importe qui… Vive le remerciement… » J’ajoute d’une voix quelque peu irritée tout de même. J’aimerais qu’elle descende de ce fichu arbre et qu’elle rentre chez elle, que je puisse en faire autant. Malheureusement, mon devoir de professeur m’oblige à prendre soin des élèves, même si c’est en dehors des heures de classe et même si ce ne sont pas les miens… J’en viens à regretter de faire ce métier d’un coup… « Bon allez descend et rentre chez toi. J’ai juste envie de retrouver mon putain de canapé… »
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Re: [20 Fev] Les années guitares, le Mar 21 Mar - 20:41

Ah merde, les profs c'est jamais bon ça. Même si celui-là il a l'air moins barbant que les autres, je reste sur mes gardes, on sait jamais. Ils sont moins con que les étudiants, souvent moins bourrés (bon, pas toujours mais lui, il a pas l'air d'avoir le pif qui se prend pour Rodolphe) et ils ont de vraies raisons de poser des questions. En vitesse, je fourre le reste de mes cours dans mon sac à dos même pas de marque tout défoncé et réparé à la one-again et je saute de ma branche devant le type. Y a toujours le livre de math par terre, un peu plus loin. Si j'avais été une héroïne de romans , un peu mon n'veux que j'aurais sauté juste devant pour le ramasser d'un mouvement souple et élégant, le fourrant dans mon sac pendant que je me redresse ni vue, ni connue Lulu, sauf que ben pas de romans pour bibi donc j'me contente de sauter sans me vautrer ce qui est déjà pas mal et sans lui tomber dans (sur) les bras non plus ce qui est encore mieux.

« Sérieux ? Faut pas te vexer pour ça Micha, je veux dire, Professeur. Je jouais avec ma pomme de pin, tu m'as fait sursauter, j'ai lancé la pomme de pin. Réflexe. Et en lançant la pomme de pin j'ai fait tomber mon bouquin. »

Et hop, j'attrape le bouquin en question, l'air de rien, en espérant qu'il fasse trop noir pour que le prof ait envie de regarder le titre parce que ça va encore me prendre du temps pour faire glisser le sac, l'ouvrir et fourrer mon machin dedans.

« J'suis désolée si je t'ai vexé, c'était pas le but va. Rentre chez toi, retrouve ton canapé et ton chien qu'a de l'artrite. J'te suis parce qu'on va dans la même direction mais je te laisse tranquille. D'toute façon, tout le monde sait bien qu'en vrai, tu vas retrouver tous tes collègues dans le placard où on débranche les profs après les cours donc bon, j'fais semblant de marcher parce que c'est toi mais... »

Je laisse traîner sa voix, parce que je sais sait pas quelle bêtise je peux rajouter derrière mon mais – perte subite d'inspi bonjour – et commence à marcher au même rythme que le gars, direction le parking. Il fait trop tard pour bosser d'toute façon et Rami ne pensera jamais à me chercher AVEC un adulte. Comme quoi, à tout prendre, malheur est toujours bon. Toujours. Sauf que y a un silence qui va s'installer et j'aime pas du tout le silence. Le silence, ça fait réfléchir. Il est très important que Robot Prof Je Veux Rentrer ne réfléchisse pas. Du coup, j'ai honte de rien, je vais direct sur le personnel.

« T'es sur que ça va bien ? T'as vraiment l'air crevé. Je veux dire, plus que c'est normal après avoir supporté mes camarades pendant huit heures et t'être pris une pomme de pin. »

J'plaisante même pas trop pour cette fois. Il avait vraiment une voix lasse et puis le choix de ses mots tout ça, j'ai l'impression qu'il est un peu déprimé le type. Or j'ai beau être une chieuse, j'suis pas non plus aveugle, sourde et indifférente. Enfin quand ça me dérange pas et que j'ai rien d'autre à foutre, il m'arrive de m'intéresser. Vaguement.
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Re: [20 Fev] Les années guitares, le Dim 2 Avr - 19:07

Les excuses qu’elle me sort, j’aurais pu les avoir entendu 1000 fois si j’avais été prof depuis plus longtemps mais mine de rien, c’est toujours les mêmes explications. Aucune imagination ces jeunes. Moi, au moins, quand je séchais les cours plus jeunes, j’inventais toujours des mensonges plus gros que moi et ça avait au moins le mérite de faire rire mes petits camarades et de rendre rouge de colère le professeur. Une des meilleures époques de ma vie lorsque j’y repense d’ailleurs. Je tourne la tête de droite à gauche, exaspéré par la connerie de ces étudiants qui me désespèrent complètement et surtout toujours aussi fatigué. Je suis beaucoup plus drôle en temps normal et surtout je prends tout à la rigolade mais ce soir, c’est un peu différent. « Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu ? » Je réponds, presque machinalement, me référant à une de ces publicités qui a bercé mon enfance. « Et PAF, ça a fait des chocapics ? Pile Poil sur ma tête comme par hasard ! » Franchement, j’excelle dans les références comme vous pouvez le constater, à croire que la fatigue me fait dire tout un tas de bêtises plus fortes les unes que les autres.

Je m’avance en direction de la demoiselle qui se montre de plus en plus arrogante. Mais mon Dieu, elle n’a pas fini sa crise d’adolescence ou quoi celle là ? Le pire, c’est que j’ai bien du mal à suivre le fil de ses paroles tellement elle parle à la fois vite et trop. Limite ça n’a ni queue ni tête, ou en tout cas rien de bien mature. « Ouais ouais, du moment que tu marches et que tu te tais, ça me va très bien ! » Je finis par grommeler en guise de réponse, tout en reprenant ma route vers la sortie de l’université. Je zieute un œil vers la demoiselle en espérant qu’elle me suive bien. Mais alors que tout se passait bien, suivant mes exigences, la voilà qui rouvre la bouche, en plus de ça pour me dire que j’ai l’air crevé. « Oui j’suis fatigué mais oui ça va ! T’étais pas censé te taire ? » Je me passe la main sur le front, exaspéré une nouvelle fois et je finis par poser mon regard sur elle. « Ton bouquin taleur… C’est pour quel cours ? » J’avais bien vu le titre mais j’avoue ne pas avoir fait plus attention sur le coup. Maintenant que j’y repense et que j’essaye de trouver dans quelle matière elle peut étudier cela… Rien ne me vient.

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Re: [20 Fev] Les années guitares, le Ven 28 Avr - 21:51

J'me démonte pas. Un truc de la rue. Plus c'est gros, plus faut l'aplomb pour aller avec. Si tu tiens bon assez longtemps, soit l'autre il rigole, soit il en a marre et il laisse tomber, soit il devient violent et là c'est toi qui gagne. Qui tape perd, c'est bien connu. Bref, j'le fixe et je souris à ses références. J'ai jamais été très pub mais depuis le temps que je traîne au lycée, si j'ai pas choppé les mêmes, ben c'est que j'pourrais aussi bien pas y être. La marmotte du papier d'alu je l'ai vu sur Youtube sur le tel d'une camarade qui la montrait à son flirt du jour y a pas deux semaines. Et j'oublie RIEN, surtout quand c'est con. Faut dire qu'une vache violette pour vendre du chocolat, j'avais toujours trouvé ça chelou. Enfin j'suis pas marketeuse. Ca doit être du même genre que prof d'art plastique, faut des neurones branchés dans le désordre pour faire ce genre de trucs.

« Ben ouais patate, tu crois que j'aurais réussi à te toucher si j'avais visé ? Réfléchit Thierry. Ca a pas sonné creux donc je SAIS que ta tête elle est pas vide, quand bien même c'est pas de ce muscle là que tu te sers dans ta matière. »

Ca a l'air de rien mais c'est un compliment. J'l'aime bien le prof. Il a de la répartie et ça, chez moi, c'est super important. Les gens polis et posés c'est d'un barbant que même un barbier se ferait la barbe. Et puis cette histoire de chocapic j'connais pas et j'aime. Je la ressortirais à Ramirez la prochaine fois qu'il me chopera. Ben j'étais là, t'étais là, et pof ça a fait des chocapics. Grave. Juste pour voir sa gueule d'hispanique tourner au carmin pour une fois. Pour en revenir à l'adulte du jour, j'l'entends grommeler qu'il aimerait que je la ferme alors j'mets mes mains dans ma poche de derrière et je dis rien mais je fais très attention à penser très fort, langage corporel à l'appui, juste pour être sure qu'il m'entende quand même. Je le sens agacé, ça me plait bien, je le sens fatigué et ça j'aime moins parce que j'ai beau jouer à la dure, j'aime pas trop quand les gens sont tristes ou déprimer. Surtout les gens bien et j'ai décidé que celui-ci serait un chouette type. Il en faut dans la vie, il paraît. Et vous en faites pas, c'pas parce que j'ai un bon feeling que j'irais lui filer le numéro de carte bleue de Kimberly (de toute façon il est sur la porte des chiottes des filles).

« Quand je me tais trop longtemps, une petite fée meurt à l'intérieur de moi et mon innocence se fane. Tu ne veux pas ça, hein Martin ? »

Je hausse les épaules, le suivant toujours. Fait trop noir d'toute façon et j'ai que ça à faire de ma soirée donc bon. Tant pis. Par contre, j'ai du mal à pas m'arrêter net quand il pose sa question d'après. Je me force à marcher aussi détendu, genre. Enfin j'essaie. Je prie pour qu'il ait rien remarqué et je réfléchis très vite à mes possibilités. Il a pu voir le bouquin ou pas. Hum. J'préfère pas prendre de risque de ce côté là.

« C'étaient les devoirs de ma petite sœur. Elle est au lycée et y a un truc qu'elle a pas bien compris donc elle veut que je lui explique. Sauf que moi, mon kiff c'est la littérature anglaise, pas les chiffres. Du coup je révisais l'air de rien pour tenir mon rôle de Grande Soeur Omnisciente. C'est important, l'image. T'es fils unique ? »

Et hop, changement de sujet et nouveau bobard. Si je me transforme un jour en pantin de bois, on pourra sauter à la perche avec mon pif.
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Re: [20 Fev] Les années guitares, le Mer 3 Mai - 18:40

Patate. Thierry. J’ferais bien de lui dire que je m’appelle Nell non ? Ou plutôt Monsieur Maisonneuve. Mais j’avoue que j’ignore si cela aurait réellement un impact sur sa manière de me nommer. Je me dois d’essayer, parce que le nouveau roulement des yeux qu’elle me procure n’annonce rien de bon. « Monsieur Maisonneuve ! Je m’appelle Monsieur Maisonneuve ! Ni patate, ni Thierry, ni autrement. Et si tu veux faire de la poésie et des rimes, tu retournes en classe de primaire ou tu deviens prof des écoles… » Quand on me cherche, on a tendance à me trouver, surtout lorsque je suis de taille face à la personne en face, ce qui n’est pas toujours le cas – auquel cas je fais plutôt profil bas en fait… « Et j’te signale que j’ai effectivement un cerveau. Faut bien que je prépare mes cours, même pour des étudiantes comme toi… » Ce que je veux dire c’est que niveau maturité, j’ai clairement pas l’impression d’avoir une personne d’une vingtaine d’années en face de moi, mais plutôt d’une fillette en train de passer sa crise d’adolescence.

« Tu m’as pas l’air bien innocente comme fille… » Je réponds presque aussitôt, ne me rendant pas spécialement compte de l’impact que pourrait avoir mes paroles. C’est pourtant mon métier de professeur d’être diplomate et de ne laisser transparaitre aucune émotion mais la fatigue sans doute, ou tout simplement le fait d’être seuls, en dehors des heures de cours. « Et puis, pour être honnête, je m’en fiche un peu des fées qui pourraient mourir dans ton intérieur tu vois. » Je continue sur un ton plutôt ironique. Je pense qu’elle a définitivement fumé trop de weed et je devrais lui demander le nom de son fournisseur, afin de pouvoir moi-même m’en procurer…

J’aurais bien prononcé un simple ok en guise de réponse mais je me surprends à être plutôt honnéte sur ma vie. « Non, j’ai eu une sœur jumelle, dans une autre vie. » Faudrait pas qu’elle me demande pourquoi j’utilise le passé par contre, sans quoi cela deviendrait plus compliqué. « Mais c’était elle qui m’expliquait les cours quand j’avais des difficultés… » Je n’étais pas une grosse tête à l’école, même si je maintenais des notes correctes tout de même. « Bon, et toi tu étudies quoi du coup ? La littérature anglaise ? Ca va te servir à quoi plus tard ? » Encore une fois, c’est ma spontanéité qui parle. Je n’ai jamais compris quel type de métier on peut faire avec ce genre de diplôme…

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[20 Fev] Les années guitares

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