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Men in whites, le Dim 29 Jan - 15:53

La brume du sommeil se dissipe avec un sentiment de plénitude rapidement chassé par un mal de crâne sourd et cette impression, juste derrière les yeux que, déjà, quelque chose ne va pas. Quelque chose n'est pas normal. Derrière ses paupières closes, Logan cherche à se rappeler de ses gestes. Une répétition qui s'était terminée tard dans la nuit, quelques verres de trop, une jolie fille qu'il n'avait pas réussi à embrasser. Il était alors rentré chez lui, s'était couché, bien trop tard pour être en forme pour le cours de...

Dieu tout Puissant, le cours de géopolitique ! Il ouvrit les yeux d'un coup sur le plafond de sa chambre, en panique. A côté du lit défait, le réveil affichait narquoisement dix heures quatorze soit 45 minutes de retard et il n'était même pas parti. Toujours dans le brouillard, Logan se leva, attrapa ses chaussettes, ses chaussures, son manteau et sortit dans l'hiver texan. Fouillant dans ses poches, il se rendit compte qu'il avait oublié ses clefs de voiture. Qu'à cela ne tienne, il prendrait le bus. La pluie coulait sur ses joues comme autant de larmes, pleurant le long de son menton jusque sur ses chaussures de ville qui auraient mérité un meilleur cirage. La circulation était dense, l'arrêt quelques blocs plus loin. Voulant éviter une lente à poussette qui discutait avec une petite vieille, le jeune homme bifurqua vers la droite, dangereusement proche de la route.

Ce qui devait arriver arriva. Non, il ne tomba pas devant les roues d'un camion mais tout juste parce que celui-ci passa tout près du trottoir, levant un tsunami d'eau sale et huileuse du caniveau qui retomba sur le pianiste en une gerbe sale et gelée. Trempé jusqu'au os, le jeune homme voulu tirer sur sa chemise pour qu'elle ne lui colle pas à la peau et s’aperçut alors...qu'il s'agissait d'un vieux T-shirt gris avec des notes de musique, truc complètement difforme dont il se servait comme haut de pyjama. Il regarda en bas et, à la place de son sempiternel pantalon de toile noire ou, à défaut, au pire du pire, un jean noir, il portait un bas de pyjama en coton rouge à carreaux vert du plus laid effet.

Il était plus d'une heure en retard. Il était trempé. Il avait froid. Il avait les tempes qui lui battaient dans les dents. Il pleuvait. Il était en pyjama. Si son père le voyait, il lui collerait une rouste qui le mettrait par terre et ce serait bien mérité. Quelque chose tomba dans l'esprit de Logan. Il ne pouvait pas aller en cours comme ça, Père le saurait et les coups de ceinture n'épargneraient pas ses mains. Il ne pouvait pas rentrer non plus, il ne voulait pas rentrer, rentrer était hors de question. Il resta là, immobile au milieu du chemin jusqu'à ce qu'un type lui dise sèchement qu'il gênait. Il marcha alors, son esprit tournant en rond dans une angoisse qui ne faisait qu'augmenter. Par réflexe, il se retrouva devant l'hôpital.

Il entra, ignorant les regards surpris, moqueurs ou réprobateur, avançant au radar parmi les couloirs bien connus de l'endroit, vers l'aile des soins palliatifs. Il ne savait même pas s'il venait pour le piano qui s'y trouvait ou pour la sollicitude de sa mère si jamais elle était en état. Il se sentait ailleurs, comme perdu. De l'extérieur, il avait sûrement l'air d'un clodo, d'un drogué ou des deux. Il s'en fichait à présent. Tout ce qu'il voulait c'était de la chaleur, humaine et externe, et une voix pour le rassurer, pour lui dire que tout irait bien, qu'il n'allait pas être puni, qu'on lui pardonnait. Il voulait redevenir cet enfant qu'il n'avait jamais vraiment été dans un univers solide et rassurant. Loin du jeune adulte à la mère mourante, au père violent et absent, qui se battait pour atteindre des idéaux qui n'étaient pas les siens.
Leah B. Sanders
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Re: Men in whites, le Mar 14 Fév - 21:35

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J’étais arrivée à l’hôpital depuis 4h30 du matin. L’urgence était bondé, mais rien n’était vraiment arrivé l’étage de traumatologie Nous étions en changement de quart moi et une collègue qui s’apprêtait à rentrer à la maison. Je lui fis un jolie sourire avant de lui souhaiter du repos. Je m’occupai par la suite de jeter un coup d’œil aux dossiers à consulter pour ensuite me diriger vers les lits où j’étais de garde. Un homme était toujours dans le coma suite à une opération pour lui retirer les balles qu’il avait reçu en pleine poitrine. J’étais évidemment un peu déçue, car j’espère beaucoup retrouver mes patients en bonne forme ou du moins, fonctionnel. Ce monsieur avait un bon pronostic, mais malheureusement, nous avions été incapable de lui enlever une balle, car trop près du foie, cela risquait de créer une hémorragie et on allait le perdre. Je ne voulais pas prendre le risque. Donc, j’avais fait en sorte de le tirer d’affaire même s’il y avait tout de même un risque que le projectile se déplace.

Bref, après mon tour de garde, je croisai dans le corridor du département une résidente. Je discutai quelque peu avec elle au sujet de certains patients, de diagnostic, de quelques questions qu’elle avait au sujet de sa spécialité. J’adorais mon métier également pour cela. J’étais vraiment passionée de médecine, j’adorais la mécanique du corps humain, comment il pouvait à la fois bien fonctionner, mal fonctionner et compenser dans certains moments par d’autres systèmes. C’était tout simplement fascinant. En revanche, transmettre mon savoir était tout aussi enrichissant pour ma profession. J’adorais faire réfléchir, faire développer le sens critique de mes étudiants et surtout de les voir développer leur passion. Je revenais des années en arrière au temps où j’apprenais moi-même la médecine. Et même si j’étais moi-même l’enseignante, les résidents m’apprenaient tout autant. J’adorais ce lien!

Ceci dit, après notre discussion, je fis signe à ma résidente d’aller voir ce qui se passait dans une des chambres, alors que moi je devais prendre l’ascenseur pour aller voir la directrice de l’hôpital pour lui parler de la fondation pour les enfants malades. Bien que la pédiatrie ne fût pas mon domaine, j’étais terriblement sensible à la cause que j’étais dans le comité pour les levées de fonds et la plupart des événements. Alors que j’attendais patiemment que l’ascenseur m’amène à l’étage que j’avais demandé, celle-ci s’arrêtai sur l’étage des soins palliatifs. Une collègue devait descendre pour rentrer chez elle. Rapidement, avant que les portes ne se ferment je croisai le regard d’un jeune homme qui semblait un peu perdu, le regard vide. Je posai un pied à l’extérieur pour sortir de l’ascenseur. Je m’approchai doucement de lui et constatai qu’il était très mal en point, tout trempé, en pyjamas. De ma voix la plus calme, je cherchai son regard tout en lui demandant si tout allait bien : « Est-ce que ça va bien monsieur? Vous voulez venir vous assoir un peu? Je suis docteur Sanders, chef chirurgienne du département de traumatologie un peu plus bas. » Je me doutais qu’en étant sur l’étage des soins palliatifs, tout n’était pas à la joie, la plupart des gens disaient leurs derniers au revoir à un de leur proche qui allait mourir, alors peut-être que cela pouvait refléter la situation du jeune homme que j’avais devant moi. Je ne voulais pas brusquer les choses, mais je sentais que je devais être là.

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Re: Men in whites, le Sam 25 Fév - 20:41

Il était là, dégoulinant sur le sol blanc de l'hôpital, et il se sentait seul. Des infirmières et des aide-soignants passaient, un type lui dit même de bouger un peu, ce qu'il fit, se décalant d'un pas contre les murs pastels jusqu'à hauteur de coude puis blancs en haut. Sous les néons, il avait l'impression d'avoir été avalé par une guimauve dont la douceur pénétrait sa gorge jusqu'à la nausée. Sans savoir pourquoi, des larmes se mêlaient aux gouttes qui tombaient de ses boucles. Il était là, trempé dans son bas rouge à carreaux verts, serré dans son T-shirt gris sous son manteau de laine noire. Ses belles chaussures en cuir crissaient sous l'humidité et même ses chaussettes lui semblaient macérer dans de l'eau sale et collante. Il ne voulait plus que sa mère le voit ainsi. Il voulait juste trouver quelque chose à faire. A dire. Un endroit où aller.

Il était là, perdu dans sa tête, embrumé d'alcool et de sommeil, pas rasé quand une voix pénétra dans son désarrois et arriva jusqu'à lui. Etonné, il se tourna en direction du bruit pour voir, auréolée de lumière, une jeune femme en tenue médicale qui le regardait avec douceur. Aussi confus soit-il, il était assez sobre pour ne pas tomber dans les clichés à base d'ange et d'apparition mais elle lui paru ravissante avec de grands yeux bruns et d'épais cheveux un peu plus clair qui semblaient attachés dans son dos. Elle n'était ni grande ni petite et pourtant il devait baisser les yeux pour la regarder.

Ce fut la tête qu'il baissa toute entière en se rappelant son état de délabrement et ce que ferait son père si jamais il en entendait parler. Puis, doucement, il répondit à ce regard qui semblait chercher le sien, laissant pour une fois, transparaître toute sa fatigue et sa lassitude dans ses yeux clairs. Il ne jouait plus au jeune homme bien élevé, poli, toujours propre sur lui, toujours calme. Il n'était qu'un jeune adulte jeté dans un monde qui ne lui appartenait pas et qu'il n'aimait pas, devant affronter des réalité qu'il n'était – et de loin – pas près à voir de face.

« ... »

Il ne trouvait rien à dire. Enlevez le verni de la bonne éducation et les habituelles bêtises creuses et Logan se retrouvait démuni, ignorant comment répondre à ce genre de gentillesse. D'habitude, il était celui qui console. Pas le consolé. Il se demandait par ailleurs comment ou pourquoi il en était arrivé là.

« Si vous avez un endroit avec un peu moins de lumière... »

Il se mordit la lèvre, essayant de son mieux de retrouver une contenance. Doucement, il sécha son visage avec la laine rêche de sa manche, ignorant les rougeurs et le picotement que le tissu faisait naître sur sa peau.

« Cela va aller...docteur. Vraiment, ne vous en faites pas. Vous devez être occupé. Je vais aller mieux. Je ne ferais pas de bruit. Je serais » - il y eut dans sa voix quelque chose de lointain, comme l'écho de l'enfant qu'il avait été - « sage. »
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Re: Men in whites, le Mar 28 Fév - 20:28

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Je mis les mains dans les poches de mon sarreau blanc en attendant une quelconque réaction de la part de l’inconnu qui se tenait devant moi. Je voyais bien qu’il semblait timide, peut-être même vide j’osais dire. Je ne voulais pas brusquer les choses, le voyant dans un état particulièrement perturbé. Certaines personnes pouvaient être tout simplement introverties, timides, bizarre mais pas méchants. D’autres étaient plutôt atteints d’une maladie mentale qui amenait l’hospitalisation. Mais dans le cas de ce jeune homme, j’osais tout simplement croire qu’il devait être triste, un peu déposséder de ses moyens, vide, à la recherche de je-ne-sais-quoi. Je devais revenir sur l’étage bientôt, mais je ne voulais pas le laisser seul. Les soins palliatifs étaient un département qui donnait une ambiance plutôt lourde. Les gens devaient dire un dernier au revoir à un proche en fin de vie. C’était déprimant… et comme la déprime se manifestait de plusieurs façons, j’imaginais que l’inconnu qui se tenait devant était ainsi déprimer. En lui proposant de s’assoir, il me demanda plutôt un endroit plus sombre. Je lui proposai de me suivre dans une salle d’attente isolée de celle où les familles s’étaient tous rejoint. Je n’ouvris aucune lumière, la seule était celle qui pénétrait la fenêtre seulement.

Je lui offris de prendre place tranquillement pour qu’il puisse reprendre ses esprits s’il les avait perdu. Puis, il balbutia une phrase qui me témoignait d’un désarroi. « Je peux? » dis-je pour demander si je pouvais m’assoir près de lui. « Je suis occupée, mais j’ai toujours du temps pour les gens qui en ont besoin, c’est mon métier, vous savez! » J’étais délicate, d’un ton rempli de tendresse et d’empathie. Je voulais dans une certaine mesure l’attirer dans une ouverture qui lui ferait du bien. J’avais remarqué qu’il était habillée d’une manière inhabituelle, et tout trempée. « Vous devez être inconfortable dans ces vêtements. » Je lui souriai amicalement en ajoutant : « Si vous me disiez ce qui ne va pas? Vous êtes sur l’étage des soins palliatifs, avez-vous un membre de votre famille qui est hospitalisé ici? » Je ne voulais pas l’importuner avec mes questions de médecin. Je n’étais pas là pour le diagnostiquer ou l’hospitaliser. Il avait probablement besoin d’écoute, d’une attention particulière et si je pouvais l’aider ou du moins atténuer son ressenti. Je me reposai sur le siège pour lui donner l’espace qu’il avait besoin, pour lui signifier que je ne voulais pas m’incruster dans sa vie.

Un collègue cogna à la porte pour voir si j’avais besoin de quoi que ce soit. Je lui fis signe que non en lui demandant gentiment de disposer. Il quitta et au moment où je revenais au jeune homme, mon regard se posa sur une machine à café. Je me levai tout en étant attentive au moindre parole qu’il pouvait me dire. Je me servis un café et lui préparé une tasse de chocolat. Je ne savais pas s’il aimait le café, mais je croyais que peut-être vu son état, cela pouvait être déconseillé d’en boire. Ceci dit, en lui préparant sa tasse de chocolat, je lui mis quelques guimauves et lui approcha. Déposant la tasse sur la table, je pris soin de lui mentionner : « Je t’ai préparé cette boisson chaude, tu la prends si tu en as envie, ne te sent pas obliger.. Si cela te fait du bien, je te l’offre, si tu as besoin d’autres choses, j’essayerai autre chose. Ne t’inquiète pas! » Cet homme me touchait, sans savoir de quelle façon, mais je voulais l’aider, l’écouter…


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Re: Men in whites, le Lun 13 Mar - 2:17

Ce fut sans réfléchir qu'il la suivi dans les couloirs jusqu'à une salle non loin aux chaises poussées contre les murs. Les néons dormaient sans qu'on les réveille et seule la lumière grise d'un jour de pluie entrait par une fenêtre dont l'ouverture était verouillée, comme pour empêcher ceux qui mourraient de toute façon de choisir le jour et le moyen de leur départ. Cette accroche à la vie, typiquement occidentale, donnait la nausée au jeune homme. Et si l'on voulait partir dans la dignité ? Et si l'on en avait marre de se battre pour se battre, juste pour reculer des heures ou des jours qui ne servaient qu'à s'enfoncer un peu plus dans la déchéances mentale et physique ? Il secoua la tête pour chasser ces idées, puis se dit que c'était le genre de geste qui pouvait être mal compris du médecin qui l'avait conduit ici. Elle, elle n'y était pour rien. Elle avait une douceur et une gentillesse qui mettait un peu de baume dans ses plaies fatiguées. Il la laissa parler, lui expliquer qu'elle était – d'une certaine façon – là pour lui. Il savait bien que ce n'était pas vrais. Les hôpitaux n'avaient pas de temps ni de personnel pour les proches. Cela faisait partie de leur tâche, oui, mais on ne leur avait pas donné les moyens pour. Il n'en voulait pas aux hommes et aux femmes y travaillant d'être pressés. Il en voulait à la société d'être la cause d'un tel état de fait. Encore des pensées qu'il ne voulait pas, qu'il ne pouvait pas partager avec une personne aussi douce. Il rougit. Il rougit parce qu'elle avait – bien évidemment – remarqué son accoutrement et qu'il était assez réveillé pour en avoir honte. Parce qu'il était vulnérable et qu'il n'en avait pas l'habitude. Lui qui contrôlait tout, jusqu'aux émotions qu'il laissait passer sous ses doigts, lui ne contrôlait plus rien. Et il avait peur.

« Ma mère. »

Les mots qui se formaient dans sa tête n'avaient rien à voir avec ceux qui passaient ses lèvres et qui étaient trop douloureux pour qu'il les pense seulement. Il hocha la tête doucement, conscient qu'on attendait de lui plus que ces deux syllabes qui, pourtant, pesaient sur le silence aussi lourdement que la réalité sur sa poitrine. Et il aurait peut-être dit plus sans cet infirmier qui frappa à la porte, faisant lever à Logan deux yeux éteints de toute émotion. Cela ne dura qu'un instant. Il baissa la tête à nouveau, le poids sur ses épaules si lourd qu'il l'empêchait de garder tête haute. Elle se leva, l'abandonnant soudain, comme un froid sur son côté droit qui rappelait les moments où, quand il était petit, il se réveillait soudain et se retrouvait seul dans sa chambre alors qu'il se souvenait parfaitement s'être endormi sur le canapé pendant que sa mère cousait ou faisait le ménage. Il prit sur lui. Il ne dit rien. Il ne tendit pas la main. Il l'attendit.

Elle revint rapidement, continuant à parler, à jalonner de normalité cette matinée irréelle. Doucement, il attrapa le gobelet et la chaleur se diffusa immédiatement du carton à ses paumes, puis à ses joues devenues rouges. Encore une fois, il chercha quoi dire. Le silence s'installa un peu. Inconfortable. Il tenta de le chasser lui.

« Non, c'est très bien. Juste ce qu'il fallait. Avec les décorations. Et tout. »

Son ton, neutre et tranquille n'était pas en accord avec les mots qu'il essayait tant bien que mal de dompter. On y sentait malgré tout fatigue et tristesse suinter. D'ailleurs, il ne porta pas la boisson à ses lèvres, se contentant de faire tourner le gobelet et les friandises sucrées entre ses doigts fins.

« J'étais venu la voir, ma mère. Enfin non, à la base, j'étais parti pour aller en cours mais je... je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je crois que je ne me suis pas bien réveillé ce matin. Ce qui est sur c'est que je ne me suis pas réveillé à l'heure. Peut-être que je dors encore. C'est tellement incroyable cette histoire. Je ne sors jamais comme ça d'habitude. Je ne m'en suis rendu compte qu'à mi-chemin. J'étais déjà trop en retard. Je ne savais pas où aller. Je viens souvent ici pour la voir. Ma mère. On discute, je lui joue du piano. On parle du temps dehors. Toujours du présent. Je ne veux pas lui parler du passé. Elle ne veut pas parler d'avenir. Alors on parle du présent. Je crois que j'avais besoin de la voir. Parce que j'étais mal réveillé je suppose ? Je ne sais pas si ce que je dis fait sens pour vous. Mais je ne peux pas la voir comme ça, c'était stupide. Si elle me voit dans cet état, elle va s'inquiéter. Je ne veux pas qu'elle s'inquiète. Ma mère se bat tous les jours contre la maladie qui la dévore petit à petit. Moi, j'ai juste eu un soucis de réveil. Et pourtant, c'est elle qui rit et c'est moi qui ne me réveille pas. »

Le chocolat tournait et tournait encore dans le gobelet en carton, coloriant d'un brun clair les parois blanches. La danse du liquide brûlant l'hypnotisait presque dans son mouvement perpétuel.

« Si ma mère me voit comme ça, elle en parlera à mon père. Et ça...ça il ne faut pas, vous comprenez Docteur ? »

Un violent frisson l'avait saisi à la mention du paternel et aux promesses de coups que tout rapport sur la conduite de son fils ne manquerait pas d'amener. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais compris. Pourquoi sa mère, sachant ce qu'elle savait, continuait, docile, à raconter au père ce qu'il s'était passé et pouvait lui déplaire. Il n'avait pas de réponse. Juste la peur.
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Re: Men in whites, le Sam 29 Avr - 2:47

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Lorsque je lui demandai s’il venait visiter quelqu’un aux soins palliatifs, je pris une position d’écoute essentielle. Les gens qui étaient confronté à laisser partir leur proche ne vivait rien de facile. La mort étant imminente, le temps était crucial. Chaque seconde pouvait compter et j’avais bien conscience qu’être avec lui en ce moment signifiait du temps de moins qu’il passait avec sa douce maman. « Je… je suis profondément désolée pour votre mère! » Je n’avais pas perdu mes parents, mais ma grand-mère si et c’était la plus grande peine d’amour que j’avais vécu. J’avais trouvé cela tellement difficile, mais je me disais que ce n’était rien à côté de sa situation. Il pouvait venir ici tous les jours voir sa mère, sachant qu’elle pourrait partir à tout moment. Ignorant pour quelle maladie elle était condamnée, je me contentai simplement de lui sourire amicalement. Je sentais dans sa voix qu’il n’allait pas, je n’osais pas pousser plus loin. Je le laissai aller comme il voulait. Il pouvait garder le silence comme il pouvait me raconter n’importe quoi. Cela ne prit que quelques secondes avant qu’il me raconte le contenu de sa journée. Ce qu’il me mentionna m’allai droit au cœur. Comme quoi la maladie fait plusieurs victimes. Et qui sait… peut-être n’avait-il que sa maman dans sa vie. « Ne vous acharnez pas, vivez le moment comme il vient. C’est difficile ce que vous vivez. Vous semblez fatiguée, épuisée… C’est probablement un message que votre corps vous envoie… De ne pas aller à vos cours… de vous reposer. Et quand cela ne vas pas… on recherche toujours le réconfort d’une mère… » Je lui souriai gentiment en m’approchant un peu plus de lui sans trop empiéter sur son espace. Je me voulais rassurant, compatissante. Je voulais qu’il sache qu’il avait droit d’être épuisée, de ne pas faire de l’école ou du boulot une priorité. Sa priorité était sans doute vivre les derniers moments avec sa mère et cela prenait une énergie folle d’avoir à conjuguer avec tout cela… Les mauvaises nouvelles, les moments d’espoir où la personne va bien, retrouve des couleurs avant la énième rechute où on se dit que finalement ce n’était qu’illusoire. La maladie est sournoise, ne fait pas de passe droit. « Je sais que ce que je peux vous dire peut vous paraître bête ou peut-être que l’on a pu vous le répéter mille fois, mais donnez-vous une chance. Faites ce que vous avez envie. Si c’est de passer du temps avec votre mère ce sera cela, si c’est dormir toute la journée c’est pareil. Prenez du temps pour vous... » Le pauvre, il semblait vraiment dans un état second, comme un zombie.

La suite me troubla davantage. Quand il me parlait qu’il ne devait pas être vu comme cela par sa mère… je me disais qu’il voulait bien paraître devant elle. Seulement après qu’il eut ajouté son père, j’eus une interrogation. « Il ne faut pas qu’il sache que vous êtes venu ici voir votre mère? » Ce n’était du tout un ton accusateur, je voulais simplement comprendre la situation, tenter d’en savoir davantage afin d’éviter les mauvaises surprises. Il semblait soudainement paniquer… Instinctivement, je mis ma main sur son bras et tenta de le rassurer : « Vous savez… les allées et venus des visiteurs ne nous regardent pas vraiment, si ce n’est que de tenter de faire respecter les délais pour ceux-ci… Ne craignez rien.. Si vous voulez, en quittant cette salle j’irai voir l’infirmière chef de votre étage pour lui signalez de ne pas faire mention de votre présence ici, cela vous convient? » J’essayai d’atteindre son regard, j’étais détendue et calme, je voulais vraiment l’aider. À cet effet, comme tout bon médecin, je devais m’assurer qu’il allait bien également… Je constatais bien qu’il n’avait pas l’air en forme, mais il y avait quelque chose de plus que je voulais valider avec lui : « Vous allez peut-être trouver ma question un peu saugrenue, mais… craignez-vous pour votre sécurité? Ce serait important de me le dire. Je ne suis pas là pour jouer la police, mais je veux votre bien.. » Je lui souriai une autre fois. J’essayais de le comprendre, de le toucher dans ses émotions, déceler une parcelle de soulagement… Puis, j’eus une idée un peu surprenante. Je lui fis signe de m’attendre quelques secondes. Je me dirigeai vers un long couloir où je croisai une collègue. Je l’arrêtai d’une main et lui demanda si elle pouvait aller chercher l’uniforme que je gardais toujours en cas de dégât ou de second quart où je devais me doucher avant de recommencer. Je lui donnai mon code de casier et retournai dans la salle avec le jeune qui m’attendait toujours silencieux. « Je suis désolée pour l’attente! » Je retournai m’assoir à ses côtés et repris la parole : « J’ai demandé à ce qu’on m’amène des vêtements secs pour vous.. C’est un uniforme de médecin, je ne sais pas s’il vous fera, mais c’est tout ce que je peux vous offrir pour éviter que vous soyez trempé devant votre mère. Aussi, je peux aller vous chercher un sac pour mettre votre vêtement à l’intérieur. Si vous voulez éviter qu’on vous pose des questions, je l’amènerai dans mon bureau et vous me ferez signe quand vous en aurez besoin? » Il ne semblait pas certain ou du moins je ne voyais pas vraiment s’il était satisfait ou pas de ma suggestion. « Je peux vous trouver une veste aussi pour cacher le haut de l’uniforme. Le pantalon est bourgogne ou un peu rouge vin… C’est assez passe-partout. Enfin.. c’est comme vous voulez, mais cela me ferait vraiment plaisir de faire cela pour vous. »


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