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Horse's shit


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Horse's shit, le Sam 7 Jan - 0:08

« Logan Richard Faulkner ! »

La voix du paternel tonna dans le salon suivi par un bruit de chute et l'arrivée d'un Logan en pyjama, décoiffé et déconfit en ce samedi matin. L'oeil d'aigle de Matthew inspecta son fils avec une forte désapprobation.

« Ainsi, ta mère a dit vrai, tu te négliges, tu es une honte. »

Habitué à ce genre de discours, le jeune homme se redressa, yeux dans le vague, jambes écartées à la largeur de ses hanches, mains dans le dos, épaules en arrière. Il ne posa pas de question, ne demanda pas quand son père était revenu de voyage, combien de temps il allait rester, ou quand est ce qu'il avait possiblement eu le temps de voir sa mère. Non. Il ne dit rien. Il n'avait rien à dire quand l'ancien Major était de cette humeur. Juste à subir. Et espérer que la foudre ne tomberait qu'en mots.

« Je ne veux plus te voir. Tu vas partir prendre l'air, dehors, loin de cette foutue musique, et tu reviendras avec des MUSCLES et de la COULEUR tu m'entends ? Allez, je t'ai réservé une nuit dans un cottage à la campagne avec des randonnées à pied et à cheval et si j'entends ne serait-ce que murmurer que tu as montré de la mauvaise volonté ou tiré au flanc, je te le ferais sentir passer. Tu pars dans dix minutes. Ouste. »

Et c'est ainsi qu'un samedi de janvier, Logan se retrouva au Horse Dream, entouré de chevaux, de boucs et autres trucs de la ferme, sur des chemins traîtres plein de boue et de pierre à défaut de verglas. Il avait marché toute la matinée, déjeuné sur une table en bois pleine de gras et de cire avec une quinzaine de gens qui parlaient de chasse et de chien et de beauté de la nature tout ça – il refusait d'admettre avoir écouté le bruit du sous bois, tenté de sentir la texture de la poussière sous ses bottes – puis était monté sur un canasson une bonne partie de l'après-midi. Il était à peine trois heures, il avait mal au dos, aux jambes, aux cuisses, partout. Sortant des stalles, il brossa son manteau de laine noir recouvert de poussière de foin, frappant son pantalon blanc d'équitation pour tenter de récupérer un tant soit peu de dignité. Des mouches volaient tout autour de lui et il se dit bêtement que la nature était bien plus jolie immobile sur la toile d'un peintre ou entre les notes d'un impressionniste. Que ses idoles aient assez aimé être dehors pour pouvoir s'en imprégner et écrire dessus n'arrivait pas – ce jour – à l'apaiser.

Il se baissa, caressant deux chiens qui vinrent lui faire la fête, léchant son visage, posant leur lourde patte sur ses épaules, achevant de détériorer son pull qui ne survivrait pas au week-end. La lubie du Major Faulkner avait déjà fait une victime. C'était dommage. Il l'aimait bien. Il fronça les sourcils, se redressant juste à temps pour voir un type foncer tête baissée vers une flaque de boue ou de bouse ou quoique cela puisse être de vaguement humide et de singulièrement odorant qui s'étendait sous ses pieds.

« Hey toi ! Fait gaffe à tes... »
Barthelemy De Olivierec
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Re: Horse's shit, le Dim 15 Jan - 19:13

Une fois de plus, Hendrick m’avait donné la pire des taches : accompagner ses élèves dans une ferme des environs. Je serais le chaperon, m’a-t-il dit, comme si j’avais besoin de cela pour me changer les idées. Qu’on soit d’accord, j’aime la campagne et tout ce qui va avec : le grand air, la liberté lors d’une balade à cheval… Mais alors, devoir surveiller une bande d’étudiants qui se prennent pour des adultes, très peu pour moi, d’autant plus que n’ayant que quelques années de plus, je n’ai aucune autorité sur eux. Que voulez-vous, c’est mon boulot donc je dois céder et faire avec. Je hausse les cils en signe d’exaspération mais je finis par accepter la mission.

C’est ainsi que quelques jours plus tard, le grand autocar nous dépose à Horse Dream, un endroit où je n’avais jamais mis les pieds jusqu’alors. Le propriétaire des lieux ne tarde pas à nous rejoindre et fait une rapide présentation avant d’emmener tout le beau monde avec lui. Néanmoins, je ne les suis pas et m’affaire plutôt à faire mon propre tour de mon côté. C’est bien plus sympathique ainsi. Moins de monde, moins de bruit et plus de temps pour m’arrêter sur ce qui m’intéresse vraiment. Après plusieurs centaines de mètres à tourner dans les différents lieux, à prendre connaissance de ceux-ci, j’arrive bientôt près des stalles et, sans faire attention aux personnes qui m’entourent ou même à l’endroit où je mets les pieds, j’avance machinalement, excité par ces animaux qui ont marqués mon enfance. Ce qui devait arriver arriva… Et mon pied se retrouva coincé. Je ne tarde pas à jeter un œil à ce dernier et me rend compte que j’ai marché là où il ne fallait pas : un mix entre de la boue et du crottin de cheval. J’avoue ne pas trop faire la différence même si l’odeur ne laissait aucun doute. « Et merde… » C’est le cas de le dire d’ailleurs. Je relève les yeux vers l’homme qui a pourtant essayé de me prévenir, même s’il était déjà trop tard. Encore aurait-il fallu que je l’écoute plutôt que d’être dans la lune. Je tente d’enlever ma jambe mais rien à faire. « Je crois que je suis coincé. » Je finis par lâcher. « Manquait plus que ça à ma journée… »
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Re: Horse's shit, le Mer 25 Jan - 19:10

… pieds ! »

Trop tard. Le type, à peu près son âge, à peu près son image, cheveux bruns, yeux clairs, mais à la musculature plus développé et au regard nettement moins dérangeant – en mieux quoi  - marche dans un trou rempli d'une mixture de terre mouillée et de déjections animales. Il se releva, abandonné par les chiens qui s'étaient mis en tête de fêter le nouveau prisonnier en tentant par des sauts de lui lécher la main ou le visage tout en aboyant à poumons déployés. Avec le renâclement des chevaux agacés par ce bruit soudain, on n'entendait plus ni le bourdonnement des mouches ni la subtile mélodie de la ferme. Beethoven aurait réussi à en tirer quelque chose. C'était dire le degré de capharnaüm du machin. Dire qu'il allait devoir rester une nuit, tenter de dormir et reprendre les activités sportives dès le lendemain matin. Alors qu'il avançait vers le type, l'idée passa, fugace, que c'était à ça que son père aurait voulu qu'il ressemble. Grand, développé, d'extérieur. L'envie de laisser l'idéal paternel bloqué dans la bouse lui traversa alors l'esprit, idée qu'il chassa avec un regret enveloppé de raison. Ce n'était pas parce qu'on était jaloux qu'on pouvait se permettre d'être désagréable ou impoli. Son piano lui manquait. Déjà. Il soupira à nouveau, sans chercher à cacher sa lassitude et se baissa aux pieds de l'inconnu.

« Bon. »

Ca puait. Fort. La crasse et la merde et les pieds et l'haleine des chiens ravis d'avoir un bout de peau à portée de langue. Agacé, Logan repoussa les avances de son nouvel ami qui réussi cependant à atteindre ses lèvres d'un coup de langue particulièrement baveux.

« Mais tu vas te tenir tranquille oui ! »

C'était sorti en allemand, qui restait la langue de ses émotions, celle qu'il avait au fond de son cœur, et le ton véhément s'accordait parfaitement avec l'aridité des sons qu'il prononçait. Il poussa la bestiole des deux bras, sans lui faire de mal mais avec assez de conviction pour que l'animal se décide à ennuyer quelqu'un de meilleure humeur. Il soupira, levant ses yeux clairs sur l'homme au dessus de lui. Quand il fallait y aller...

… il posa ses deux mains sur la botte, un peu au dessus de la puanteur. Le cuir sale craquait sous ses doigts blancs et propres, ça sentait pas meilleur et il n'aimait pas l'idée de devoir mettre ainsi en danger la partie la plus précieuse de son anatomie. Mais si Père apprenait qu'il n'avait pas aidé un camarade de peur de se salir...bref.

« A trois, vous levez le genou et je tire. Un...deux... »

Il avait fait attention à parler anglais cette fois et se tenait prêt, tous muscles bandés pour donner une impulsion qu'il espérait suffisante – et contrôlée par ce qu'il n'avait pas vraiment envie de se retrouver les quatre fers en l'air...
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Re: Horse's shit, le Mar 7 Fév - 19:45

Comme si le fait que j’ai le pied recouvert de bouse ne suffisait pas, des chiens commencent à tourner autour de moi, tout en aboyant très fort. Ils en viennent à me sauter dessus et je peine à rester debout. Je manque presque de m’effondrer sur mes fesses alors que l’un d’eux donne un coup plus énergique que les autres. Je le chasse d’un coup de la main mais cela ne l’empêche pas de revenir au galop. Finalement, c’est l’homme qui avait tenté de me prévenir quelques instants plus tôt qui me sauve de cet animal à quatre pattes et même s’il parle dans une langue que je ne maitrise absolument pas, je lui réponds : « Merci beaucoup. C’est collant ces petites bêtes là. » J’essaye de me montrer sympathique, surtout parce que le brun se met en quatre pour me sortir de cette misère. Il attrape ma botte et j’acquiesce alors qu’il m’indique la marche à suivre. Je m’imagine déjà rejoindre le sol, alors je me concentre pour éviter la catastrophe. Je sens mon pied quitter ma botte un peu trop grande et rapidement, c’est en chaussette que je me rattrape de justesse, un peu plus loin. Pris sur le fait, je ne sais comment réagir et je reste bloqué à regarder mon pied pendant plusieurs secondes, une sorte de bug général. Puis, je regarde de nouveau l’homme avant de rire. « Je crois que je suis encore plus dans le pétrin. » Je dis alors pour le mauvais jeu de mot. Est-ce que remettre la botte dans cet état là est une bonne idée ? Ou sinon, je m’y mets en mode chaussette mais je n’ose pas imaginer l’état de mon pied après… A vrai dire, aucune des idées ne me convient réellement mais je ne peux pas continuer à marcher ainsi… « Est-ce que je peux vous demander de m’amener ma botte ? » Je lui adresse mon plus resplendissant sourire, espérant qu’il dira ainsi oui. Je n’ose plus bouger mon pied, ni bouger tout court d’ailleurs, de peur de faire davantage de dégâts. « J’suis Barth au fait. Je suis venu avec les étudiants d’Austin. » Pourquoi est-ce que je lui raconte cela ? Comme s’il allait en avoir quelque chose à faire.
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Re: Horse's shit, le Ven 17 Fév - 20:54

Un bruit de succion monte du trou brun avant d'éclater d'un coup, projetant le pianiste en arrière avec assez de force pour l'obliger à lâcher son butin de cuir et poser la main au sol. La botte retombe donc, cou en avant, racler le mélange peu ragoûtant qui semble s'infiltrer à l'intérieur avec un plaisir langoureux et non feint. L'idée que cette chose puisse avoir développé la vie est assez perturbante pour faire froncer les sourcils du jeune homme.

Le propriétaire de la botte, lui, a été téléporté un peu plus loin, joyeusement salué par les chiens qui semblent trouver toute cette histoire diaboliquement drôle. Par chance, il ne semble pas avoir vu l'étendue des dégâts. Pensif et toujours mal réveillé par les heures de randonnée, Logan attrape à nouveau la chaussure, la lève et la renverse pour tenter de conjurer un mal qui a malheureusement déjà été fait. Le rire de Barth, quant à lui, est en résonance parfait avec le reste de la ferme. Il semble faire contre mauvaise fortune bon cœur et c'est tout à son honneur. Cette bonne humeur est même tellement communicative que l'étudiant sent arriver un de ces petits sourires triste qui est – en ce moment – l'épiphanie de ses démonstrations de joie. Il se lève doucement, dépliant sa grande carcasse vers le ciel, le cuir souillé, tête en bas, dégoulinant toujours sa merde – au sens propre – vers le sol et le pantalon de son porteur.

« Ma foi, ce n'est pas que je n'en ai pas envie mais pensez-vous vraiment que ce serait sage ? »

Il a fait un pas en avant, toujours pensif, comme choqué par tout ce qu'il vient de se passer. Ce n'est pas qu'il est lent à comprendre les choses mais il aime bien prendre son temps pour penser. Doucement, il s'assied à côté du type, lui tendant l'instrument, jetant au passage un petit coup d'oeil à la semelle souillée, sans grand espoir.

« Enchanté, Barth. Je me disais. Nous faisons à peu près la même pointure je crois. Si le vous désirez, je vous prête mes chaussures, vous allez chercher une paire de rechange et vous me retrouvez ici. Je ne suis pas pressé. »

Venu ou non avec les étudiants d'Austin, qu'il se soit déplacé sans paire de secours – alors que tout le monde savait que la nature c'était DANGEREUX - lui semblait inconcevable.

« En échange, vous me raconterez ce que vous faites à traîner de pauvres petits étudiants sans défense dans la terrible jungle texane. »

Un sourire pour atténuer un peu le ridicule de son hyperbole. Un regard pour exprimer une véritable curiosité. L'équipe enseignante de l'université d'Austin était assez jeune dans l'ensemble mais lui avait son âge. Et il n'avait pas dit qu'il était encadrant, juste accompagnant. Ce qui élevait la question suivante : qu'était-il pour accompagner sans encadrer sans pour autant étudier. Une énigme qui en valait la peine.
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Re: Horse's shit, le Jeu 2 Mar - 10:41

Ce que je n’avais pas remarqué jusque là, c’est l’état dans laquelle se retrouve ma botte alors que je réclame au jeune homme de me la ramener. J’ouvre de gros yeux alors que je la regarde, dépité. Une moue de dégoût vient s’abattre sur mon visage, réponse muette aux propos de mon partenaire. Il me tend tout de même mon bien, que je prends sans envie et que je tiens même à bout de bras tellement l’odeur qui en émane est forte. Je devrais pourtant l’avoir dans le nez cette odeur après ces dernières heures à la ferme, mais non… Ou en tout cas pas à ce point.

Je finis par me présenter et c’est là que l’homme me propose de me prêter ses chaussures, le temps d’aller trouver de quoi me rechausser. « Merci c’est vraiment gentil ! » Je dis afin d’accepter sa proposition. De toute façon, même s’il fait quelques tailles de différence, je serais prêt à tout afin de ne pas avoir à aller à pieds nus jusqu’au domicile des fermiers. « Je vous raconterais tout ce que vous voulez savoir, ce n’est pas un souci. » Enième sourire avant de faire l’échange qui me permet d’aller chercher une autre paire de bottes. Heureusement pour moi, les propriétaires des lieux ont tout un tas de paires de rechange, plutôt usées mais qui feront l’affaire pour la journée.

C’est ensuite que je reviens vers mon nouveau camarade afin de lui rendre son dû. « Et voilà, merci encore ! Je ne sais pas comment j’aurais fait sans vous. » Je m’adosse près de lui et je me mets à contempler la nature qui nous entoure, les chiens qui se sont remis à jouer un peu plus loin, dont deux qui semblent se battre pour un morceau de tissu. « Pour répondre à votre précédente question, je suis assistant d’un professeur d’histoire à l’université. Il ne pouvait – ou plutôt voulait – pas venir donc j’ai dû le remplacer. » Cela ne me dérange pas au fond. « Fallait bien quelqu’un pour s’occuper des pauvres petits étudiants sans défense comme vous dites. » Je reprends son expression avec un petit rire. « Et vous alors, vous travaillez ici depuis longtemps ? »
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Re: Horse's shit, le Lun 13 Mar - 2:17

A voir les sourires qu'on lui lance, Logan se dit qu'il s'est probablement fait, à défaut d'un ami, au moins un camarade qui pourrait rendre moins atroces les quelques douze heures qui lui reste à tirer dans ce Temple de la Nature et du Sport Extrême. Cela n'avait pas été calculé, loin de là mais c'était toujours agréable de se dire que l'on était pas seul, quand bien même il soupçonnait « Barth » d'apprécier ce genre d'activité. Il retira donc ses bottes d'équitation, prenant le talon dans ce mouvement tournant qui avait toujours tellement la classe dans les films et ne faisait jamais rien de très agréable dans la vraie vie. Elles commencèrent par se bloquer à mi-pied, puis faisant un angle bizarre au niveau de la cheville avant, enfin, de céder dans un shloup du plus bel effet. L'autre jambe fit au moins autant d'histoire, voir plus et le jeune homme se retrouva avec des chaussettes à mi-pied, laissant apercevoir un talon blanc et timide tandis que le vent s'amusait follement à faire flapper le coton flasque qui dépassait de cinq bons centimètre de ses orteils. Par bonheur, aucun trou ne décorait cette paire là. Pure chance. Il avait autant de chaussettes trouées qu'un autre. Il y a des choses que même un Logan ne peut pas contrôler.

Une fois la passation des bottes faite – on se serait cru dans un Zelda ou autre jeu du genre aux échanges improbables rencontrés au coin d'un fourré – le jeune homme attendit sur sa pierre. Encore une fois, les chiens revinrent quémander des caresses qui, cette fois furent distribuées. Et si un bâton ou deux fut lancé et rapporté, qui saurait le dire ? La cour avait commencé à se vider un peu et rare étaient ceux qui étaient encore (ou déjà) dehors. Les chevaux renâclaient, les mouches bourdonnaient, il y avait quelque chose de terriblement vivant dans l'immobilité de l'endroit. Quelque chose qui était à la fois éternel et éphémère.

Barth revint alors. Les chiens s'étaient écartés et jouaient un peu plus loin, deux d'entre eux semblant même se battre pour un morceau de tissu qui n'était pas – ou tout du moins Logan l'espérait – un de ses mouchoirs. Les yeux dans le vague, il se contenta d'un signe de tête et s'attela très sérieusement à son rechaussage, essayant de ne pas s'envoyer lui-même son genou dans la figure.

« Oh, je ne travaille pas ici. »

L'idée de passer sa vie à étriller des chevaux ou à vivre dans la boue lui déplaisait profondément. Il n'y avait même pas un piano correct dans toute la ferme. De la nature, il aimait les chalets perdus loin de tout où l'on pouvait s'oublier dans les rêves mais la réalité des plantes, de la terre et des insectes, tout cela lui paraissait...et bien peu naturel, quelque part. Son monde à lui, il l'aimait bien rangé, propre, et immuable. Comme un tableau.

« Je suis venu faire un stage d'équitation et de randonnée pour le week-end. J'étudie les Sciences Politiques à Austin. Nous avons d'ailleurs pu nous croiser parce que j'ai quelques cours d'histoire à droite à gauche. Logique quand on y pense, il est difficile de forger l'avenir sans s'intéresser au passé. Vous essayez de faire comprendre à vos élèves les bienfaits de la technologie en les faisant renouer avec leurs racines ou au contraire voulez-vous les sensibiliser aux bienfaits de Mère Nature ? »

Malgré l'humour, Logan était sérieux. Il aimait connaître les motivations, comprendre leur logique, leur façon de penser. Et savoir comment des étudiants en histoire s'étaient retrouvés dans une ferme lui paraissait bien plus intéressant là tout de suite maintenant que n'importe quoi d'autre. Si ses yeux étaient toujours perdus dans le vague et qu'il n'avait remit qu'une botte sur deux, les oreilles du musicien étaient là, attentives et à l'écoute.

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Re: Horse's shit, le Sam 18 Mar - 19:04

Alors qu’il se rechausse, l’homme m’explique qu’il ne travaille pas ici et j’avoue que je suis surpris de cette annonce, moi qui l’ai pris pour un palefrenier et je me sens coupable tout à coup. Néanmoins, il n’y a rien de dégradant à travailler dans une ferme alors j’espère que le brun se rendra compte que je ne porte aucun jugement sur la profession. Je lui adresse un sourire gêné, hochant la tête pour l’informer que je l’écoute attentivement. Finalement, je comprends que ma question ne l’a nullement offensé et que j’ai à faire à un étudiant de l’université. Sa tête ne m’est pourtant pas des plus familières mais il faut dire qu’avec le nombre d’élèves présents dans la faculté, j’aurais bien du mal à reconnaitre tout le monde. « Ne devriez-vous pas être à cheval dans ce cas, plutôt que de devoir travailler ? » Ma question est sincère. Qu’est-ce qu’un stage d’équitation si on n’apprend pas à monter à cheval ? Je vois également mal le jeune homme faire trente kilomètres de marche avec des bottes aux pieds. Quoi qu’il en soit, il semblerait donc qu’il ne fasse pas l’agréable programme que promet le nom de son stage, ou en tout cas, si j’étais à sa place, je serais certainement déçu.

« Il est possible que nous nous soyons croisés. J’avoue ne pas reconnaitre tout le monde. » J’émets un sourire, espérant qu’il comprendra ce point. « J’y prêterais plus attention les prochaines fois, des fois que je vous y revois. » Bien que cela ne servira pas à grand-chose si ce n’est pouvoir saluer ce nouveau collaborateur. Et le voilà avec une question concernant le but pédagogique de la visite, question très intéressante à laquelle je n’ai pourtant pas de réelle réponse. J’essaye de me remémorer les paroles d’Hendrick alors que nous avions eu cette discussion mais celle-ci remontant à plusieurs semaines, les souvenirs sont vagues.

« Si je ne me trompe pas, leur professeur a voulu leur montrer le contraste entre les moyens de production aujourd’hui, comparé à ceux qu’ils ont étudié en cours et la place des technologies dans tout cela. » Oui, ça doit être quelque chose comme cela et c’est aussi ce qui me semble le plus logique. « Mais bon, à titre personnel, je me demande si cela aura vraiment un réel impact dans leur parcours… » Si ce n’est pour leur faire prendre l’air de la campagne et en dégouter certains qui n’ont jamais mis les pieds dans la boue. « J’imagine qu’ils sont contents de louper une journée de cours, à défaut d’apprendre quoi que ce soit. » Je ris alors.
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Re: Horse's shit, le Ven 31 Mar - 18:30

Il y a un sourire dans le choix des mots du jeune homme. Devoir est bien le terme exact qui pourrait définir ce qu'il pense de l'équitation. Et oui, il aurait probablement du être à cheval plutôt que de s'imprégner de la scène, des bruits et des ambiances du aras. Son père ne se serait certainement pas satisfait de l'approche du crépuscule ou d'une simple notion de danger potentiel. Mais son père n'est pas là – heureusement – et les indications du moniteur ne prévoyaient pas de partir aussi tard dans l'après-midi.

« J'en reviens. Je m'occupais de panser ma monture pour lui permettre de passer une bonne nuit avant de la monter à nouveau demain. Je sais qu'il y a des gens pour faire ça à ma place mais elle m'a bien porté et le moins que je pouvais faire pour elle était bien de veiller à ce qu'elle passe la soirée confortablement. Et puis ainsi, elle se familiarise avec mon odeur et j'aurais moins de mal à la seller demain. »

Les clubs français où il avait commencé à apprendre l'équitation pendant les (nombreuses) vacances offertes par le système scolaire local obligeaient automatiquement les enfants à étriller les chevaux avant et après chaque promenade, brosse et cure pied inclus et il avait pris cette habitude d'être celui qui s'occupait de préparer son compagnon de voyage et celui qui le descellait. Même quand il était fatigué. Même quand il avait mal aux bras et aux jambes. Même quand il était fatigué et que la bestiole lui avait cassé les pieds à vouloir sans cesse grappiller quelques brins d'herbes certainement plus verts que ceux du pré dans lequel elle paissait l'été durant.

Laissant pour le moment la question équestre de côté – et c'était tant mieux, ce n'était pas vraiment un sujet sur lequel le pianiste était vraiment confortable. Après, QUI se sentait confortable sur un cheval, il aurait bien aimé le savoir. - ils revinrent sur les terres plus solides de l'Université. Un milieu qu'il connaissait et appréciait. Il sourit, donc, entendant que l'hypothèse retenue était celle des « bien-faits de la technologie qu'on serait bien perdus sans » et hocha la tête sur le reste des affirmations de son interlocuteur. Ils partageaient, il semblait, la même opinion sur les jeunes adultes.

« Un étudiant est toujours ravi de passer un cours à faire autre chose qu'un cours. On aurait pu croire qu'après les études obligatoires et une fois une spécialité choisie, ce ne serait plus le cas mais c'est un mirage. Même passionné par son sujet, un étudiant, de fait, n'attend qu'une chose, de ne pas étudier. Il pourra d'ailleurs tout à fait travailler de lui-même quelque chose qui n'est pas au programme dans sa matière et se désespérer sur le même sujet mais imposé. C'est assez fascinant comme principe. Et je crois que c'est propre à l'être humain. Je n'ai jamais vu un animal faire la grimace à quelque chose qu'il aime sous prétexte qu'on le lui impose. Même un chat fini par se laisser tenter. Mais l'étudiant, lui, jamais... »

Cherchant à laisser sa réflexion s'évanouir dans le silence de l'après-midi, Logan enfila sa seconde botte, coinçant soigneusement son pantalon à l'intérieur.

 « Vous même, avant de passer du côté de l'ennemi, vous avez certainement fait l'école buissonnière à un moment ou à un autre de votre éducation, je me trompe ? »

Son ton, décidément léger, était une incitation au partage d'anecdotes, si possibles amusantes, qui rempliraient parfaitement le temps jusqu'au diner. Il avait tellement mal aux chevilles, au dos et à la nuque qu'il ressentait fortement l'envie de ne plus JAMAIS bouger de son bout de caillou.
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Re: Horse's shit, le Mar 18 Avr - 13:09

J’hoche la tête tout en repensant à ces stages d’équitation que je faisais enfant. Dans notre famille, il était tellement important de faire bonne impression, de soigner son apparence, même au fond, tout n’était ni tout beau, ni tout rose. Alors, il était régulier de voir la famille De Olivierec se pavaner le dimanche matin, à cheval, dans les grands parcs de notre demeure. On donnait juste l’illusion au fond, mais enfant, je ne m’en rendais pas compte. J’avais juste cette sensation d’un moment privilégié avec ma famille et avec mon animal. Moi aussi, je faisais attention au bien être de ma monture, pouvant passer des heures à la brosser encore et encore jusqu’à ce que son poil brille de mille feux. Bon nombre de fois, ma mère m’appelait pour le déjeuner et je tardais à venir, ce qui la mettait hors d’elle. Je promettais alors à mon ami à quatre pattes que je reviendrais prendre soin de lui l’après-midi, sans en avoir pour autant l’occasion. Heureusement, Jeudi, de son prénom, n’était pas vraiment rancunier concernant ces promesses pas tenues. « J’ai toujours trouvé que monter en selle est aussi important que de prendre soin de l’animal. Lorsque j’étais enfant, nous avions une écurie à la maison et je pouvais passer des matinées entières à rester avec mon poney sans partir en balade pour autant. » Je souris après avoir résumé mes pensées. « Ca a un côté apaisant aussi je trouve. Pas pour rien que l’équithérapie existe d’ailleurs. » Divers reportages sont passés à la télévision ces dernières années concernant cette méthode, dont un qui m’avait particulièrement touché. On y voyait des personnes dans un hôpital psychiatrique, mis au contact de chevaux, qui devenaient tout à coup comme transportés. Beaucoup plus calmes, beaucoup plus sereins, ils étaient comme le jour et la nuit entre ce qu’ils étaient à l’instant et quelques minutes plus tôt.

Les paroles du jeune homme me font doucement rire et je laisse échappé un sourire amusé. Je me reconnais quelques années en arrière. Même si j’adorais étudier et que je pouvais passer des heures dans mes livres, si j’avais l’occasion de faire une sortie scolaire, je ne m’en privais absolument pas. Et puis, quoi de mieux pour mettre dans le concret ce qu’on apprend. Néanmoins, avec le recul des quelques années en arrière, surtout concernant cette visite en particulier, je me rends bien compte de l’absurdité de notre présence dans ces lieux. Autant voir un musée ou découvrir un lieu riche d’histoire, peut être très intéressant pour des étudiants dans ce domaine, autant une ferme, aussi pédagogique soit-elle, n’a pas grand intérêt à mes yeux. « En même temps, si je retourne quelques années en arrière, je reconnais qu’il n’est pas évident de rester concentré une journée entière, d’autant plus lorsque le professeur n’est pas d’une pédagogie extraordinaire. Après, dès que le cours est intéressant et passionnant, c’est bien plus simple d’ailleurs. » Cet enseignant par exemple, M MILLMAN, professeur d’économie qui ressemblait à Einstein et qui m’avait fait avoir un fou rire dès l’instant où je l’avais vu avec ses petites lunettes rondes et ses cheveux, autour de son crâne dégarni, partant vers l’extérieur, comme s’il s’était pris un coup de courant. « Je vous rejoins dans votre théorie en tout cas ! Mais est-ce que vous pensez vraiment que vous détecteriez une grimace sur un animal ? » Je finis par ajouter, amusé. Je le taquine plus qu’autre chose, je dois l’admettre.

« Je dois dire que j’étais plutôt studieux tout de même mais oui, comme tout le monde, je n’ai pas toujours été sage. » Mon sourire s’approfondit sur le côté, plein de malices. « Je me souviens d’un de mes cours d’anglais au lycée. Le prof avait mis en fond une sorte de CD où on entendait les baleines, pour nous relaxer et nous aider à nous relaxer soi-disant. Et moi qui suis incapable de travailler s’il y a le moindre bruit… J’ai fait grève du coup. J’ai râlé pendant tout le devoir, ne me privant pas de déranger mes camarades pour les mêler à ma rébellion. J’ai rendu copie blanche également. 10 minutes avant la fin de l’heure, le prof a cédé, mais du coup, j’avais quand même rien répondu… » Je n’avais pas eu peur de la réaction de mes parents bizarrement, ce jour-là. « J’ai même gagné plus que ça car on a tous eu le droit de repasser le devoir la semaine suivante, en silence cette fois. » Barth le rebelle. On ne l’a pas vu souvent au cours de ma vie, chose qu’il faudrait peut-être que je corrige d’ailleurs. « Et vous alors ? »

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Re: Horse's shit, le Ven 28 Avr - 22:30

Il se perd dans l'idée du chant des baleines. Il imagine les cétacés jouer dans l'air d'une salle de classe autour d'une trentaine d'étudiants penchés sur des feuilles de papier. Il voit les animaux rejeter des jets d'encre. C'est un poème de Prévert qui prend vie dans son esprit. Il en sent la mélodie sous-jacente. Il en voit les notes devant ses yeux. Il la fredonne parce qu'elle a besoin de sortir et que s'il ne l'entend pas du dehors, il sait qu'il la perdra un jour. Mais il ne la note pas. Ce serait impoli pour commencer et puis il ne se sent pas la légitimité pour composer quelque chose vraiment. Il se contente de simples notes mentales et d'un tableau virtuel collé au fond de sa rétine, cadeau de sa rencontre avec Barth.

Le surréalisme a ses bons côtés. Pas beaucoup, certes, mais quelques uns.

Evidemment, les gens bien élevés et intéressant ne passant pas leur vie à discuter d'eux-même, la conversation revient vers lui et l'oblige à réfléchir à la question qu'il a lui-même posée. Sa première réaction est le déni. Il est sage. C'est sa défense. C'est l'anthème de sa vie. Il est sage parce que son père est fatigué. Parce que sa mère est malade. Parce que ses parents sont tristes et qu'il doit être sage pour éviter de les mettre en colère. Toujours sage. Toujours. Mais le naturel est de ces vagues qui reviennent au galop et renversent les bonnes résolutions pour les perdre au large. Il pose ses mains derrière lui et offre son visage à la fraîcheur vespérale.

« Nous avions un professeur assez stricte une année... » dans un autre pays, dans un autre monde fait de cours privés, d'uniformes et de préfets surveillant les jeunes « qui passait son temps à dénigrer la technologie, le monde moderne, l'Europe. Il ne jurait que par la craie et le tableau noir, craie qu'il aimait par ailleurs lancer sur les étudiants les plus turbulents. Une fois, pour un pari, nous avions bricolé une sorte de diffuseur de T-pex dans le gros tampon rectangulaire dont il se servait pour « effacer » le tableau. Il l'avait repeint en blanc avant de se rendre compte de ce qu'il avait fait. »

Il ne s'était pas fait prendre à l'époque. Les soupçons s'étaient bien naturellement portés sur des élèves plus bruyants et plus brillants. Par sa médiocrité, Logan avait eu une scolarité plutôt tranquille, rythmée par les appréciations déplorant ses rêveries inopinées et louant son application. Il avait été très sage.

« Sinon, il y a eu cette fois où nous avions programmé le clavier du seul ordinateur de la bibliothèque pour jouer une note différente à chaque touche. Comme nous voulions quelque chose de totalement incongru, nous les avions tiré au sort au départ et ainsi évité la gamme. Quiconque cherchait quelque chose était obligé de faire de la musique. »

Cela avait été dans une autre école, dans un autre pays mais bien plus amusant. Ils s'étaient regroupés évidemment, ce n'est pas le genre de bêtise que l'on fait seul. Et cette fois par contre, il s'était fait soupçonner mais sans preuves, l'histoire n'était pas remontée jusqu'à son père. Il frissonna. Tant mieux.

« Je n'étais pas vraiment du genre à déranger les cours mais lorsqu'une blague me paraissait bien pensée et intelligente, je me laissais facilement entraîner. Après, j'ai eu une éducation très particulière, dans différents pays, toujours dans des écoles privées, au moins jusqu'à la fac. Je suppose que ce n'est pas la même ambiance, ni les mêmes moyens. »

Il continuait à être fan de l'idée du chant des Baleines pour augmenter la concentration de la plupart des gens. D'ailleurs, comment faisait son camarade pour travailler en silence ? Lui avait besoin de musique. Partout, tout le temps. Un monde sans son était un monde mort et angoissant.

« Et donc cela ne vous a pas dégoûté de la vie universitaire. Vous avez un projet à long terme pour la suite ? Vous pensez rester et vous épanouir dans l'enseignement ou partir sur une autre voie ? Personnellement, j'ai toujours aimé l'histoire en cela qu'elle tente de forcer les hommes à évoluer en se rappelant des erreurs du passé mais plus je vois le monde, moins j'ai l'impression que cela fonctionne. Sans vouloir vous vexer, bien entendu mais, franchement, vous ne pensez pas que l'on est en train de répéter quelque chose en ce moment ? »


Barthelemy De Olivierec
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DERRIÈRE L'ECRAN
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Re: Horse's shit, le Jeu 4 Mai - 19:38

Je me mets à sourire à l’allusion du jeune homme. J’aurais bien aimé être dans la salle avec eux pour voir de mes propres yeux la réaction du professeur. Les mauvaises blagues sont souvent les plus drôles et peu importe la punition encourue, on serait prêt à recommencer mille fois. « Je suis impressionné ! J’avoue. Des conneries aussi ingénieuses, aussi poussées. Je n’y aurais sans doute pas pensé. » Non, ça c’est sûr même ! J’ai toujours manqué de créativité d’ailleurs, me contenant d’analyser les situations d’un point de vue logique uniquement, tout en essayant de chercher les meilleures solutions parmi celles que j’ai étudiées ou que je connais. Mais de ce point de vue, ce n’est pas maintenant que je risque de changer. « J’imagine. » Les moyens qui sont différents, ainsi que l’ambiance, je ne saurais lui dire avec exactitude, n’ayant connu que les grandes écoles de Paris que j’ai fréquenté. C’était bien différent d’Austin, oui.

« Est-ce que ce serait si grave que je dise que je ne sais pas du tout de quoi sera fait mon futur ? » Je me pose réellement la question. « Je ne sais pas si mon contrat sera renouvelé à la faculté et avant ce poste, je n’avais jamais imaginé enseigné. » Je me sens relativement en confiance avec Logan, à tel point que j’en viens à me livrer plutôt facilement, chose qui n’arrive pas si souvent. « S’il n’est pas renouvelé, je tenterais de trouver du travail dans ma branche. Et si je n’en trouve pas, je serais contraint de rentrer à Paris. » Cette histoire de visa qui expire, encore et toujours. Je me demande pourquoi nous n’avons pas le droit de circuler librement, partout dans le monde. Ce serait tellement plus simple. « L’histoire est un domaine passionnant mais si on me donnait une chance d’être vraiment professeur, je pense que j’enseignerais le commerce international, tout simplement car c’est le domaine que je maitrise le mieux. »

J’hausse les sourcils, ne comprenant pas exactement de quoi le brun est en train de me parler. Notre conversation ? Un passage de l’histoire ? Autre chose encore ? Je me permets alors de l’interroger. « Comment ça ? »

Horse's shit

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