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Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel]


Elisabeth Underwood
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Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel], le Mer 15 Mai - 19:34

Lenny's jazz pub, la salle est plus bondée que je l'avais imaginé. J'avais déjà le trac, mais là, c'est pire encore. Je laisse retomber le rideau séparant les coulisses de la scène. Dans dix minutes, c'est mon tour, et je sens que ça remue dans mes tripes. C'est la deuxième fois, que je me produis ici, mais il y avait si peu de personnes la dernière fois que j'ai cru que je ne repasserais jamais par là.

J'ai la tête qui tourne, je sens que mon gosier s'assèche, je vais boire un coup, fait les dernières vérifications d'usage et c'est parti. J'arrive sur scène, intimidée. On voit que je suis tendue, alors que je m'approche plus près du milieu où se trouve le micro et le saxophone loué par le gérant du pub. Je salue poliment les gens, cela me fait grappiller quelques secondes supplémentaires. Je crois que je vais faire dans ma culotte... Je me redresse, puis inspire et expire. Le silence qui s'est installé rend l'instant plus effrayant encore. Il ne faudrait pas que je m'évanouisse, ça serait tellement idiot.

Et là, j'avise une personne au loin, qui fait volontairement l'andouille. Je ne sais pas qui c'est, mais je souris alors, et en quelques secondes, je me détends. C'est l'espace temps qu'il me fallait pour me reprendre, et alors, les premières notes résonnent et vibrent dans la salle, tandis que je joue, un, deux, trois morceaux, les enchaînant avec facilité, comme si j'avais fait cela depuis toujours, alors que je reprenais le saxophone depuis peu. Oh, je ne deviendrais pas une artiste, mais pour des petits spectacles du genre, cela suffisait amplement. Je ne m'attends pas à me faire repérer par un imprésario, d'ailleurs, je ne suis qu'une joueuse amatrice, il faudrait que je travaille régulièrement pour atteindre un certain standard de qualité.

Et voilà que c'est déjà fini, je suis applaudie, et j'en suis presque surprise. Je serais bien restée là à jouer encore pour le plaisir, mais je dois vite saluer et reposer l'instrument, pour laisser le temps à l'équipe de débarrasser et de faire venir une chanteuse de jazz à la voix chaude et suave.

Une fois sortie des coulisses, je me précipite vers les toilettes puis une fois ressortie, je me pose à au comptoir, pour prendre de quoi me désaltérer. Il faut dire qu'on ne dirait pas comme ça, mais le saxophone c'est physique, et on cuit, sous le feu de projecteurs.
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Re: Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel], le Mar 11 Juin - 21:45

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Une chose me manque énormément, à chaque fois que je suis au travail durant des heures, voire des jours entiers, sans pouvoir ne rien faire d’autre que travailler, manger et dormir. Durant toute mon enfance, et mon adolescence ensuite, ma vie a été bercée par la musique, notamment celle que ma mère écoutait pour s’inspirer, se donner des idées, des nuances, des couleurs. Aussi, il m’est parfois primordial, dans une semaine difficile au boulot, de devoir m’accorder des temps de pause, des moments où je peux me ressourcer. C’est une vérité générale, jusqu’à ce que je sois trop vieux et sourd comme un pot, je continuerai de vivre sur ce mode de vie. Oui, définitivement, la musique est trop importante pour que je vive sans.

C’était pour cette bonne et simple raison que je me trouvais dans ce bar, ce soir là. Je ressentais ce besoin d’entendre de la musique, de la voir se vivre, vibrer, devenir véritable. Mes goûts musicaux ont toujours été très éclectiques, et pour cette fois, j’avais envie d’écouter un peu de jazz, de la soul, une musique un peu afro-américaine, qui transporte loin, qui fait danser ou s’émouvoir, qui fait oublier tous les soucis. Je connaissais quelques bons bars à concert, et jeter mon dévolu sur l’un d’eux me fut une tâche aisée. J’étais repassé par la maison pour me changer de chemise et faire un brin de toilette, j’avais mangé également, afin de ne pas être ivre à la première bière que je boirais. La journée avait été longue, et la pause déjeuner très courte.

Les artistes se succédaient sur scène, inlassablement. Plus le temps passait, plus je trouvais que chacun de ces musiciens étaient incroyables, et que je leur arrivais à peine à la cheville. Je jouais du piano depuis tout petit, ma mère m’avait appris les bases et m’avait ensuite payé des leçons, et dès que j’avais un moment, j’essayais de dérouiller mes mains et mes doigts et de m’entraîner le plus souvent possible. Mais ce n’était pas mon métier et cela se sentait. Si je devais monter sur cette scène pour faire un spectacle musical, jamais je n’arrivais à faire aussi bien qu’eux, même pas au dixième. Je serais plutôt comme cette jeune blondinette qui montait ainsi sur scène, alors que je finissais ma pinte de bière d’un trait. Un brin timide, très stressée, probablement très nerveuse de se retrouver devant autant de gens, même si la plupart avait une alcoolémie élevée qui les empêcherait bien d’être trop méchants si cela se passait mal. Elle m’intriguait un peu, car j’avais bien remarqué qu’on avait apporté un saxophone sur scène. Elle allait donc en jouer ? Ce tout petit bout de femme, à peine plus grand que ma fille ? Impressionnant…

Pourtant, rien ne venait, elle n’avait pas l’air prête à jouer, alors que néanmoins, toute l’assistance la regardait et tendait l’oreille. Moi-même, j’étais aux aguets, mais son stress semblait l’empêcher de faire quoi que ce soit. Les murmures de l’assemblée ne semblaient pas être assez forts pour qu’elle entende les gens se demander ce qu’elle faisait. Je décidai donc de faire le pitre pour la décoincer un peu de son anxiété. Je ne sus pas vraiment ce qui me passait par la tête, mais je me mis à faire de grands gestes idiots pour tenter de la faire rire. A croire que cela fonctionna, puisque quelques secondes plus tard, les notes envoûtantes du cuivre résonnèrent dans tout la petite pièce, pour nous enchanter durant une bonne demi-heure, au fil des morceaux et des improvisations. Il n’y avait pas à chercher la petite bête : cette gosse avait du talent, et elle était vraiment douée. Je n’aurais jamais pensé apprécier autant un simple saxophone, tout seul sur scène comme cela, sans jazz band à côté.

Chacun y alla de son applaudissement, et je battis des mains à tout rompre en la sifflant allègrement lorsqu’elle salua et qu’elle sortit de scène. Puis, un sourire charmé sur les lèvres, je me dirigeai vers le bar pour commander de nouveau à boire, en attendant le prochain artiste à venir. Il y avait foule au comptoir, car évidemment la prestation de la jeune femme avait rameuté tout le monde devant la scène, et ces mêmes personnes profitaient à présente de l’entracte improvisée pour se désaltérer. Au bout de dix bonnes minutes, je pus enfin accéder à un petit espace sur le comptoir et commander ma boisson ambrée. Et encore après cinq minutes d’attente, un tabouret se libéra enfin et je m’installai rapidement pour ne pas avoir à rester plus longtemps debout. Je me délectai de ma bière. J’avais chaud, j’avais dansé durant la demi-heure qui venait de s’écouler et l’atmosphère dans le pub était brûlante. Ainsi, la fraîcheur du malt était la bienvenue.

Ce n’est qu’un peu plus tard que je remarquai que la jeune femme au saxophone était installé à quelques tabourets du mien et qu’elle buvait elle aussi une bière, qu’elle alternait avec de l’eau, directement à la bouteille. Je souris, ravi de cette chance que j’avais de pouvoir la féliciter et je n’hésitai pas une seconde avant de lui tapoter l’épaule pour attirer son attention. Elle releva les yeux vers moi, et mon sourire s’agrandit alors. « C’était brillant ce que vous avez fait ! Vous êtes très talentueuse ! » Je vis ses joues rosir un peu et je hochai la tête avec véhémence. « Vraiment, j’ai adoré ! Ça fait longtemps que vous pratiquez ? » Loin de moi l’envie de la mettre à l’aise, bien au contraire, mais je sentais bien qu’elle était probablement timide quand elle n’était pas entourée de gens qu’elle connaissait. Je ne voulais que la mettre dans l’ambiance, à l’aise, et si elle ne voulait pas me parler parce qu’elle était fatiguée après sa magnifique performance, ou bien parce que je ne l’intéressais pas, il n’y aurait bien entendu aucun problème là-dedans. Mais j’étais bien content de pouvoir lui adresser quelques mots. Ce n’était pas chose commune de pouvoir converser avec un ou une musicien.ne dans mon quotidien.
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Re: Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel], le Mer 19 Juin - 19:58

Je goûte à la tranquillité à peine quelques secondes, car aussitôt les soiffards avaient rejoints le comptoir. Heureusement que la foule se décanta bientôt. Je suis un peu comme dans ma petite bulle, n’en revenant pas d’avoir réussi à me dépatouiller de tout cela. D’ailleurs, je le devais à un monsieur que je n’avais pas pu identifier. Je dois dire que je lui dois une fière chandelle. Au bout de quelques minutes à boire seule et posée, je sens quelqu’un me toucher l’épaule et sors de ma rêverie pour regarder qui m’interpellait. Je pensais à certaines connaissances mais en fait c’est un inconnu qui s’adresse à moi. Un homme d’âge mûr, à l’air fort sympathique à en juger par ses paroles. Qu’est-ce que disait, déjà, cette fable française que maman m’avait apprise alors que j’étais haute comme trois pommes « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute » ? Est-ce que je devis me méfier et suivre cette maxime ?

En attendant, il était évident que je suis gênée. Je suis comme un livre ouvert et ça se voit quand un compliment. A en juger par son insistance, il semblait vraiment le penser sincèrement :

-Bonjour… Euh, merci… Vous voulez boire un truc pendant qu’on parle ?


Je souris un peu et me décale, pivote légèrement sur le tabouret pour mieux lui parler en face :

-D’aussi loin que je me souvienne, depuis l’adolescence, je crois. J’ai plaqué le violoncelle et le piano pour ça. J’ai eu le coup de foudre en écoutant un disque de jazz et j’ai su que je voulais jouer de cet instrument.

Je rigole pour moi-même en me remémorant la première fois que j’avais eu l’instrument entre mes mains :

- J’ai arrêté pendant des années, et j’ai repris il n’y a même pas un mois pour ma première représentation ici. Aujourd’hui c’était la deuxième et le trac n’est toujours pas parti.

Je me rends compte que je parle un peu beaucoup de moi depuis tout à l’heure, alors j’essaie d’amener la conversation vers lui, dans un but de réciprocité, un reste de ma propre éducation, je suppose :

-Sinon, je joue aussi de l’harmonica. Et vous, vous jouez d’un instrument ?
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Re: Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel], le Dim 21 Juil - 14:55

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Visiblement, j’étais gênant. Pas gênant dans le sens où elle ne voulait pas me parler et qu’elle ne savait pas comment me le faire comprendre, mais gênant dans le sens où je la mettais mal à l’aise. J’étais vieux, en fait, et les jeunes gens aujourd’hui ne devaient plus vraiment s’aborder ainsi. Un jour, il faudrait que j’écoute ma fille pour me tenir au courant. Avec un sourire, je hochai la tête lorsqu’elle me demanda si je voulais boire quelque chose et je commandais une bière ainsi que la boisson du choix de mon interlocutrice au barman.

J’étais ravi qu’elle ait l’air autant amoureuse du jazz que je l’étais. En soi, ce n’était pas que le jazz qui me rendait ainsi, mais je trouvais ce genre de musique vraiment incroyable et j’en écoutais très souvent. Si ça ne tenait qu’à moi, on en écouterait tous les jours au bloc. Malheureusement, je ne décidais pas de tout ce qui passait entre les quatre murs stériles de ma zone de confort. « C’est rare, une adolescente qui se prend de passion pour du jazz, commentai-je, admiratif et curieux. » Elle continua de m’expliquer comment tout cela lui était venu, et comment elle en était arrivée à faire ce genre de petits concerts, dans ce bar. J’ouvris de grands yeux étonnés, lorsqu’elle annonça qu’elle avait repris l’entrainement seulement quelques semaines auparavant. Vu le niveau qu’elle avait, j’étais vraiment surpris. « Alors là, je vous tire mon chapeau, c’est fou ce que vous avez fait ! » Je souris en levant ma pinte dans sa direction. « Félicitations ! Vous êtes incroyable ! » Et voilà que j’étais gênant de nouveau. Quel nul ! De fait, je ne m’attardais pas sur mon indicible manque de retenue, et répondis plutôt à sa question. « Je joue du piano, principalement. C’est surtout que je n’ai pas le temps de jouer d’autre chose, et que j’ai appris cet instrument quand j’étais petit, et adolescent. » Il était vrai que si je pouvais m’essayer à autre chose, je le ferais avec grand plaisir, mais être médecin n’était pas spécialement compatible avec la pratique de beaucoup d’instruments. Le piano, c’était déjà bien. « Mais je suis sûre que je joue moins bien que vous, alors que vous avez abandonné la pratique. » Je lui fis un clin d’oeil, avant de rire doucement en buvant une longue gorgée de bière.

« Au fait, je m’appelle Stan ! Enchanté ! » Je lui tendis la main en reposant mon verre, et attendant qu’elle me décline également son identité. Je n’allais pas l’ennuyer toute la soirée, j’imaginais bien qu’elle devait avoir envie d’autre chose, mais j’étais vraiment content de pouvoir lui montrer toute mon admiration, et je me disais que ça devait lui faire plaisir de se faire complimenter après une telle performance.
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Re: Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel], le Jeu 1 Aoû - 16:03

Je suis un peu gênée, j’ai la sensation d’avoir fait un exploit à ses yeux alors que je n’ai fait que ce que j’aime. Je pense que c’est d’ailleurs pour ça que j’ai réussi à m’entraîner malgré les petits boulots, les études et la fatigue. Mais bon, quand on a une passion, c’est plus facile d’apprendre. Pourquoi le jazz, je ne sais pas, je trouvais que ça me collait à la peau, j’ai dû avoir des ancêtres jazzmen ou bien c’est juste un drôle de feeling, la musique vous parle et pas une autre, sans qu’on sache véritablement pourquoi. Je sais juste que j’en avais marre des trucs plus ou moins conventionnels et que sans chercher à me démarquer pour autant, j’avais des profondes affinités pour ce qui sortait un peu du lot, je présume. C’est plus ou moins exacerbé quand on est adolescent. Et cela m’intéressait bien plus que de me laisser guider par mes hormones à l’époque.

Toujours est-il que je suis contente qu’on passe au tour de monsieur, parce que même si son éloge est plaisante, je suis un peu rouge comme une tomate et je crois bien que n’importe qui, même dans le bar tamisé avait pu le remarquer. Quand j’apprends qu’il joue du piano, je me sens presque ridicule d’avoir envoyé valser mes leçons à l’adolescence mais finalement c’est pour le mieux. Il faut de tout, même dans le monde des musiciens.

-Je ne demande qu’à vous écouter pour me faire ma propre idée. Après tout on est toujours plus sévères avec nous-mêmes. Si ça se trouve je penserais la même chose à votre encontre.  On verra si je tiens la cadence lors des prochaines « représentations »…


Je ris avec lui et serre doucement sa main, pas trop longtemps ceci dit.

-Elisabeth, enchantée également. Peut-être que vous pourriez nous jouer un morceau ce soir ? Si j’en parle avec le gérant, je suis sûre qu’il pourrait avoir un créneau. Si vous n’êtes pas à l’aise , je peux même vous accompagner, je trouve que c’est plus facile quand on est plusieurs sur scène…


J’avoue qu’il me rend curieuse, et que ça me plairait de jouer avec lui. Mais je fais quand même attention. Si charmant soit-il, ce monsieur, on ne sait jamais ce qui se passe dans la tête des gens. Je ne comptais pas le ramener à la maison, et de toute façon je n’ai pas de piano dans ma chambre d’étudiante, et lui proposer de jouer pour moi seule/

-Enfin, je crois qu’ils ont un piano, ici, il me semble que j’en ai vu un en coulisse. Cela ne doit juste pas être évident à déplacer, ceci-dit. Ou alors il y a un auditorium à la faculté où j’étudie, on pourrait toujours s’y rejoindre un de ces jours pour jouer un morceau ensemble ?

Je prends une gorgée de ma bière et marmonne :

-Je dois vous paraître bien malade de proposer ça à un illustre inconnu, non ?

Je rigole un peu en demandant alors:

-Etes vous un tueur en série ou bien exercez-vous un métier dans la vie?

L'un n'empêchait certes pas l'autre.
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Re: Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel], le Dim 25 Aoû - 18:55

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Elisabeth, puisqu’il s’agissait de son prénom, me proposait donc de tenter ma chance et de jouer un morceau au piano devant tout le monde. Je me pinçai les lèvres, en riant intérieurement. J’aurais mieux fait de me taire, quand je lui avais dit que je jouais du piano, c’était évident qu’elle allait me demander d’en jouer. Je ne pouvais plus vraiment me dérober, désormais. La seule solution, ce serait qu’il n’y ait pas de piano… mais elle rajouta brièvement après qu’elle avait cru en voir un dans les coulisses.

Je lui souris, d’un air gêné. Elle était gentille, bien entendu, mais je n’étais pas sûr que mon niveau de pratique soit suffisant pour satisfaire les clients du bar. Si le patron voulait perdre des clients, ce serait probablement le meilleur moyen. Mais après tout, pourquoi pas ? Pour ma part, je ne perdrais rien, bien entendu. Et si cela se passait bien, cela nous garantissait de passer un excellent moment ! « C’est très gentil de me proposer tout ça, mais je ne suis pas certain d’être aussi doué que vous, malgré tout ! lui répondis-je d’un ton plus calme, moins excité qu’avant. » Mais elle m’avait aussi dit qu’il existait un piano dans un auditorium de son université. Et cela me paraissait beaucoup plus jouable pour moi. Au moins, si j’étais nul à ses yeux, je ne le serais que pour elle, et non pour un bar entier. « Retourner à la fac serait un plaisir pour moi, ceci dit ! » Je ris, doucement. Depuis combien de temps n’avais-je pas mis les pieds dans une faculté ? Un certain nombre d’années… Au moins vingt !

« Malade ? Non, vous ne paraissez pas malade de proposer cela, c’est ce qu’on appelle les interactions sociales ! répliquai-je en riant à mon tour. Et je suis bien placé pour savoir si vous êtes malade ou non, je suis médecin. » Evidemment, cela faisait toujours son petit effet quand je l’annonçais comme cela, et je l’entendis rire une fois de plus. J’étais lourd. « Chirurgien plus précisément, mais peu importe. Je ne vais pas vous tuer et planquer votre cadavre dans un placard de votre fac, promis ! » Je levai mon verre en sa direction pour trinquer à sa santé, et pour sceller cette promesse, plutôt tacite en réalité, que je n’allais pas la découper en morceaux. Dieu sait que je saurais ne pas laisser de traces si je devais faire une chose pareille… « Qu’est-ce que vous étudiez ? Vous êtes dans la musique ? » Après tout, ça pourrait être logique, vu qu’elle faisait des représentations dans des bars, mais peut-être qu’elle faisait cela tout simplement pour le plaisir. C’était possible que ce ne soit qu’un pur hobby. En tout cas, je la voyais bien dans un milieu artistique. Elle avait une belle aura.
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Re: Don't be afraid, I'm not a serial killer [PV Stanislas Seidel], le

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